Que dit la crise sanitaire de notre société ?

Que dit la crise sanitaire de notre société ?

Paris Vox – (Tribunes) Pierre Pillerault s’interroge sur la crise sanitaire actuelle. Il se demande notamment quel est l’avenir d’une société qui se préserve trop…

La dernière péripétie de la crise sanitaire que nous traversons se trouve donc être l’obligation de porter un masque en lieu clos.

Autant j’étais, et je reste, sceptique sur la pertinence d’un confinement généralisé si on met en regard la transmission du virus par rapport aux dégâts de l’isolement sur les personnes vulnérables (affections non traitées potentiellement létales, isolément, dépression,…), autant le port du masque freine indéniablement la propagation du virus.

Malheureusement, ce message est inaudible pour deux raisons, d’abord parce que notre brillant exécutif nous a affirmé le contraire trois mois auparavant, ensuite parce que si le port du masque (ou de tout autre dispositif arrêtant les projections buccales) freine la propagation du virus, c’est en évitant la projection de gouttelettes contaminées dans l’environnement proche, le masque ne protège en rien une personne saine.

Penser que les agents pathogènes pourraient tous atterrir sur un masque sans atteindre le reste du visage serait du même niveau que de croire que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière.

Après, est-ce vraiment judicieux de rendre obligatoire le port du masque à toute la population quand on regarde la faiblesse des effectifs contaminées sans parler des décès (30 000 au sein desquels ont été inclus tous les décès des EHPAD n’étant bien évidemment pas tous imputables au COVID-19 , c’est à peine plus que les 20 000 morts annuels pour les accidents domestiques par exemple), ça, c’est une autre histoire…

Mais cette période est très révélatrice de la conception que la société se fait de l’être. Doit-on remettre notre mode de vie en cause pour préserver notre intégrité physique ? « Il faut vivre au delà d’exister » dit l’adage, notre civilisation déclinante prône tout le contraire.

Les interactions sociales sont nécessaires au bien-être personnel qu’il soit physique ou psychologique. Combien de nos ainés, dont la perception de la réalité est dépendante des relations avec leurs proches, se retrouvent irrémédiablement désorientés suite à la période de confinement ? Doit-on préserver nos aînés à tout prix quitte à en faire des zombies ou accepter de les mettre en péril pour préserver leur santé mentale ?

Le fait que notre société opte pour la première option, nous prive de libertés sous couvert de protection sanitaire, aseptise notre environnement au détriment du développement de notre immunité, bride l’expérimentation et l’évolution au nom du sacro-saint principe de précaution sont des signes de faiblesse et si nous devenons faibles, je ne vois pas comment nous pourrons survivre…

Pierre Pillerault