Marcel Campion : un moindre mal ? !

Marcel Campion : un moindre mal ? !

Paris Vox – Jean Ernice se découvre défenseur de Marcel Campion. Il nous explique pourquoi dans sa nouvelle tribune.


Nos élus ont parfois des pouvoirs extraordinaires. Parmi ceux-ci, ils ont le pouvoir de me rendre sympathique quelqu’un qui ne l’était pas trop à mes yeux il y a encore quelques semaines.

Ce quelqu’un, c’est Marcel Campion. Certes, je ne suis pas devenu amoureux du bonhomme. Mais la forme d’acharnement qui l’accable actuellement me fait penser que ce n’est peut-être pas l’escroc avide d’argent et de réussite que l’on décrit.

Récapitulons calmement les faits. La municipalité a acté la fin du marché de Noël. Alors il est vrai qu’il y avait beaucoup à redire sur ce dernier. Ce que la majorité municipale n’avait jamais fait jusque là d’ailleurs. Et puis rien n’a été pensé pour remplacer le dit marché. Le néant plutôt que la camelote, admettons. 

Au cœur du tourbillon médiatique, on apprenait deux autres attaques directes contre le monde forain : La fin de la fête foraine à la Bastille et celle du Grand Palais. Mais histoire de rajouter quelques clous au cercueil, on nous indique qu’une réduction par deux de la foire du Trône est à l’étude et que la grande roue va bientôt disparaître. On enlève cette grande roue pour “préserver le patrimoine”. Par contre, personne ne semble dérangé lorsque des bâches géantes publicitaires s’affichent sur nos monuments. Et puis faut-il rappeler que cette grande roue était décorée aux couleurs du championnat d’Europe des nations de football il y a une quinzaine de mois ? Elle dérangeait bizarrement moins les élus à l’époque…

Qu’il y ai des choses irrégulières dans le monde forain, c’est certain. C’est le cas de nombreuses professions qui manient de l’argent liquide.

Doit-on pour autant se réjouir de cette mise au pilori ? Je ne le pense pas.

Des hommes politiques se sont accommodés des années durant de Campion et des ses méthodes. Aujourd’hui, on le chasse en meute…

Et l’attaque en rappelle d’autres faites contre d’autres professions récemment. Dans le conflit Uber contre Taxi, les taxis ont longtemps été accusés de tous les maux. Le diagnostic était dur mais parfois juste. Pour autant, avec du recul, on peut voir que tout le monde a été berné. Les chauffeurs de VTC ne gagnent plus leur vie comme au début, les clients ne bénéficient plus de services à la hauteur de l’offre initiale. Les prix ont augmentés. Les bonbons et les bouteilles d’eaux ont bien souvent disparu et puis est-ce bien l’utilité ultime de ce service ? La profession des taxis est ravagée. L’ensemble du secteur est éclaté. Seules les grosses structures du Taxi ou du VTC semblent s’en sortir. Les indépendants et artisans mangent des cailloux ou doivent s’affilier (se soumettre en somme) aux géants du secteur pour avoir des réservations.

En somme, les entrepreneurs perdent face aux multinationales. Alors oui, ce petit entrepreneur magouillait parfois. Il optait pour le liquide car moins traçable. Mais Uber et consorts ne sont pas vraiment des parangons de vertus, notamment en matière sociale et fiscale…

Quel rapport entre Uber et Campion ?

Le « sieur Marcel », c’est un mec à l’ancienne. On se doute bien que son business doit comporter quelques trucs louches.  Et je ne cautionne pas cela. Mais en toile de fond, c’est LVMH qui vient de rafler la mise pour installer des manèges dans le jardin d’acclimatation pour une durée de 25 ans.  On aime râler et critiquer nos forains, on les accuse de mille mots, parfois à raison d’ailleurs. Mais il y a une odeur de barbe à papa et des lumières criardes qui nous ramène à l’enfance. LVMH, c’est un fleuron du luxe. Mais c’est aussi un patron de presse. Et c’est un soutien de l’art contemporain. Soutenir l’art contemporain, c’est défiscaliser. Et si votre artiste fétiche venait à offrir un cadeau à la Ville de Paris vous permettant de défiscaliser en augmentant les valeurs des œuvres ? C’est légal. Et personne ne viendra s’en émouvoir. J’entends déjà en écho lors d’un diner mondain « C’est la récompense juste d’avoir cru en un artiste prometteur… ».  Balivernes ! ! ! (Note de Paris Vox, retrouvez une explication ici).

Alors oui je dois l’avouer pour toutes les raisons précédemment citées, je commence à bien l’aimer Marcel Campion. Non pas qu’il soit un saint, mais ce n’est pas le dernier des salauds. Audiard père aurait certainement su offrir de croustillants dialogues pour ce type de personnage. Et c’est plus savoureux que les combines et les bisbilles des tenants du CAC40 qui détruisent un à un les derniers vestiges de petit entrepreunariat, de l’artisanat et des professions indépendantes… .

 

 

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Une fin du monde sans importance