Sommes-nous devenus tellement médiocres pour ne nous intéresser qu’à la médiocrité ?

Sommes-nous devenus tellement médiocres pour ne nous intéresser qu’à la médiocrité ?

Paris Vox – Nous vous proposons une tribune de Jean Ernice sur le refus de la médiocrité . Bien que sans lien direct avec l’Île-de-France, il propose à chacun, à commencer par lui-même, de faire une introspection afin de trouver de nouvelles voies d’action et d’espérance.


J’ai le goût du bon et du beau. Je n’ai pas toujours celui du progrès comme vous avez certainement pu le comprendre à travers mes quelques tribunes. La semaine qui vient de se dérouler n’était définitivement pas celle de la hauteur de vue ni du bien commun.

Je m’étais pourtant promis de ne pas parler du départ de Florian Philippot. Force est de constater que celui-ci  a mobilisé des heures d’antennes et de cyber-palabres. Cet événement est pourtant ridicule à côté de ce qui s’est passé réellement en France et en Europe ces derniers jours.

Loi travail / Taubira même combat ?

Les ordonnances de la loi travail signées par Emmanuel Macron ne sont pas de mon goût. Mais j’ose croire que l’on pourra revenir sur celles-ci aussi facilement que le triste sire de l’Élysée les a promulguées. Enfin, il faudrait définir ce “on”  potentiellement capable de revenir dessus.

Car vous souvenez vous, chers lecteurs, de ce temps où ceux qui se qualifient de droite osaient proclamer à qui voulait l’entendre : “Nous reviendrons sur la loi Taubira” ? Les troupes sont bien faibles dorénavant… Corneille faisait dire à Rodrigue dans Le Cid : “Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort, Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port”. J’ai tendance à penser que c’est l’exact inverse qui se produit aujourd’hui en ce qui concerne les prétendus opposants à la loi sur le mariage gay. Et l’on peut craindre qu’il en soit de même pour la loi Travail… On ne reviendra pas plus sur l’une que sur l’autre… Faute de troupes, faute de courage, faute de fidélité aux promesses et déclarations faites… 

Oh non, je ne tombe pas dans un défaitisme forcené. Aucunement même, ces lois néfastes ne font que me conforter dans une certitude, celle qu’il faut trouver une nouvelle voie d’action politique. Et celle-ci  ne passera pas prioritairement par les urnes. Je pense de plus en plus que ceux qui ne se sentent définitivement plus en accord avec le temps  et les gouvernements qui l’incarnent doivent vivre selon leurs règles au sein d’une communauté choisie. Cette communauté reste encore largement à être construire. L’égoïsme, la facilité, la peur, le fatalisme lui font encore barrage…

Cette communauté de destin il est pourtant urgent de la former. Et le « on » dont je parle plus haut sera enfin matérialisé. Cette semaine, nous venons de subir une énième agression qui ne dit pas son nom. Il n’est pas question là du départ de X ou de la nomination de Y. Cette semaine le CETA est entré en vigueur. Il s’agit là d’un drame bien plus important que l’absence du port de la cravate chez les autoproclamés et prétendus Insoumis…

Peu ont communiqué sur cet événement. Certains par intérêt car ils savent qu’il est préférable que les français ne soient pas au courant. D’autres par méconnaissance. Nombreux par lâcheté quotidienne. La facilité, c’était de parler couscous ou des robes soit disant mal taillées de la femme du locataire précaire de l’Elysée… C’est cette forme de facilité qu’il faut refuser.

On m’a récemment interpellé :

T’es bien gentil toi, mais concrètement on fait quoi ? !.

Concrètement, on essaie d’être ce que l’on dit que l’on est. On refuse les lâchetés du quotidien et on se remet un peu en cause. Nombreux sont ceux qui doivent, dans leur vie professionnelle se conformer, à un tas de valeurs “corporate”. Il ne s’agit pas d’aller frontalement à l’encontre de celles-ci et de perdre un emploi. Mais d’affirmer sereinement quelques bornes, quelques  repères et s’y tenir. Tenter d’incarner, un peu, chaque jour, les valeurs que l’on prétend défendre et vouloir promouvoir. Ne pas avoir honte de ses opinions et les défendre en société, refuser des actes  bas ou malhonnêtes, soutenir les initiatives concrètes, les soutenir par des dons ou des participations quand on le peut… Devenir d’abord un modèle pour soi-même. Si les autres viennent vers vous pour ce que vous êtes vraiment, vous n’aurez pas besoin de vous travestir, vous en serez d’autant plus libre pour convaincre et avancer.  

Il est temps d’abandonner notre prise de Soma¹ et de nous préparer à sa future rupture de stock généralisée… Face à la médiocrité, chacun de nous détient la clé.

Jean Ernice

 

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