Histoire de Paris : le Templier et le marché des enfants rouges

Histoire de Paris : le Templier et le marché des enfants rouges

Paris Vox – Redécouvrez les grands monuments de Paris, ses rues,  ainsi que l’Histoire, petite ou grande, de la capitale.


La rue de Bretagne.

La rue de Bretagne est une voie du 3e arrondissement. Elle est scindée en deux parties. La première partie s’étend de la rue de Turenne à la rue de Beauce. Elle fut percée pour favoriser le projet urbanistique d’Henri IV (1553-1610) qui voulait créer une place de France dans le Marais à Paris. A l’origine, la rue de Bretagne devait être bordée de maisons à l’architecture uniforme, semblable à celle de la place de France, mais ce projet ne fut jamais réalisé. Cette voie a toujours porté le nom de rue de Bretagne, à l’exception d’un tronçon de 75m situé entre la rue de Beauce et la rue Charlot qui lui porta un temps le nom de rue de Bourgogne. La seconde partie de la rue de Bretagne longe le square du Temple, puis la mairie du 3e arrondissement. Elle se nommait, à l’origine, rue de la Corderie du Temple ou rue Cordière, et longeait les murs du Temple. Elle est indiquée sur un plan de 1530. C’est dans ce tronçon de la rue de Bretagne, au n°41, que l’on situe le Marché des Enfants Rouges qui possède deux entrées. A l’ouest, la rue de Bretagne est prolongée par la rue Réaumur.

Le Marché des Enfants Rouges.

Le Marché des Enfants Rouges est l’un des plus vieux marchés de Paris  : il date de 1628. D’abord nommé « marché du Marais », il prit son nom actuel des orphelins d’un hôpital voisin qui portaient des capes rouges. L’hôpital des Enfants Rouges avait été créé en 1534 pour des orphelins de Paris. Au début des années 1950, on signalait encore des vestiges du mur extérieur, dans la partie gauche de la cour du n°90 de la rue des Archives. Ces vestiges sont classés. Le portail de l’hôpital était quant à lui situé au n°83. Il fut fermé en 1772 et remplacé, jusqu’à la Révolution, par un couvent de pères de la Doctrine chrétienne. Le « marché des Enfants Rouges » resta privé jusqu’en 1912 et faillit bien disparaître en 1990. Mais la mobilisation des habitants du quartier permit de sauver les bâtiments, de même que sa fonction.

Un Templier aux « Enfants Rouges »  ?

Au début du 20ème siècle, on creusa le tunnel du Métro en direction du « marché des Enfants Rouges ». C’est à cette occasion (ou, selon les sources, lors de la construction de nouveaux égouts) que l’on découvrit la tombe d’un templier. Il est dit que quelques lambeaux de sa robe blanche, marquée d’une croix rouge sur l’épaule, adhéraient encore à ses ossements. L’agrafe qui ornait sa chlamyde fit supposer qu’il s’agissait des restes d’un commandeur de l’ordre du Temple. Peut-être s’agit-il même du cadavre de Tehan le Turc. Toutefois, celui-ci aurait été exhumé et brûlé sous le règne de Philippe le Bel. Le mystère du templier des « Enfants Rouges » reste donc entier. On sait toutefois que le terrain de ce quartier dit « du Marais » ou des « Enfants Rouges » (8.940 habitants) dépendait autrefois de l’enclos du Temple.

Eric TIMMERMANS.

Sources  : « Connaissance du Vieux Paris » (p. 148), J. Hillairet, Editions Princesse, 1951-1953-1954 / « Enigmes, Légendes et Mystères du Vieux Paris » (p.53), Patrick Hemmler, Editions Jean-Paul Gisserot, 2006 / « Guide de Paris mystérieux » (p.117), Les guides noirs, Editions Tchou princesse, 1978.

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