Elections présidentielles: un, deux, trois, soleil! - ParisVox

Elections présidentielles : un, deux, trois, soleil !

élection présidentielle

Paris Vox a le plaisir de proposer à ses lecteurs une sélection des retranscriptions écrites des chroniques d’Arnaud de Robert, diffusées quotidiennement dans la matinale de Radio Libertés.


Ça y est ! C’est parti ! Dernière ligne droite avant le choc politique du week-end prochain. Le choc quinquennal ! Attention, attention, mesdames et messieurs, on va voir ce que l’on va voir ! Pensez-donc, un final à quatre, du jamais vu dans la cinquième république ! Mais c’est le couronnement d’une campagne des présidentielles et d’une campagne des primaires qui ont défié tous les pronostics ! Tout a été chamboulé, tout est devenu incroyable, n’est-ce pas ? Les affaires, les coups bas, les trahisons, les phrases assassines ! Un vrai carton cette présidentielle !  Bon allez j’arrête là les galéjades, je ne bosse pas sur BFM TV ni sur TF1 après tout. Je ne suis donc pas un montreur d’ours politiques ni une call girl du Capital. Je sais, vous allez encore me trouver acide, mais la médiacratie ne nous aura jamais autant survendu le produit « élections présidentielles ». En la matière et depuis les primaires, on a atteint des sommets marketing et communication. Et Dieu sait que cela a été long, bien long pour une campagne insipide, sans fond, sans forme ou plutôt si formatée à souhait par les médias, carénée pour faire du buzz comme on dit. Découpée comme un feuilleton à suspens avec du sang, des cris et des larmes. Des grands messes à onze, avec pour arbitres des mères poules aigries, haineuse et péremptoires. Pour le candidat, l’avènement du pupitre, copie conforme de celui d’une salle d’audience de tribunal et le règne de la formule tweeter. Evoquer la France, le chômage, l’immigration, l’Union Européenne, les relations franco-russes en quinze minutes, qui dit mieux ! ! Ce n’est plus du résumé tout juste une caricature.

Evoquer la France, le chômage, l’immigration, l’Union Européenne, les relations franco-russes en quinze minutes, qui dit mieux ! ! Ce n’est plus du résumé tout juste une caricature.

Peu importe que rien, strictement rien des enjeux fondamentaux pour notre avenir n’est été abordé. Au contraire, et c’est là le régal du journaliste-roi, la médiacratie aux ordres de l’oligarchie formate une campagne stérilisée, une campagne SMS, une campagne Bonzaï – donc taillée sur mesure pour son candidat Emmanuel Macron – et ensuite se répand en commentaires déclinistes sur l’incurie de la classe politique d’avant, celle qui doit dégager. Oui taillée pour Macron vraiment. Même Lassalle reste intéressant alors qu’Emmanuel au bout de cinq minute rendrait fou un sourd profond. Jamais campagne électorale en France n’aura proposé un profil aussi univoque, stalinien, pardon macronien. Jamais autant de moyens et d’hommes n’auront été mis à disposition de la fabrique du consentement général. Tout un appareil médiatico-oligarchique au service d’une illusion collective, d’un asservissement post-politique. On ressort de cette campagne groggy, légèrement nauséeux comme après une surdose d’œufs de pâques. Vivement donc dimanche qu’on en finisse. Enfin presque. Parce qu’avec Marine au second tour, on est sûr de revivre la quinzaine d’hystérie collective de 2002. Ce moment de pure paranoïa des élites gauchos-bobos, ces lectures du Journal d’Anne Franck en place publique, ces appels à la résistance dans les théâtres, ces rivières de haine pure envers ceux qui ont « mal voté » … Après ? Après, il y a fort à parier que rien ne changera, que toute sera une fois de plus sauvé par les servants du Système. Petits soldats remplis de bien-pensance, gardiens du « vivre-ensemble », de Théo et Leonarda. Le vote utile, la trajectoire du moins pire, tout ça, tout ça … Beurk !  A moins d’un bon vieux tremblement de terre comme les français en ont parfois été les auteurs dans leur histoire, dans quinze jours, tout sera terminé. Fin du grand raout cannibale, retour à la normale, au chômage, à l’immigration-invasion, au délitement de notre pays. On aura la paix, ouf ! Dimanche prochain, en bon révolutionnaire, j’irai voter sans illusion, parce que l’on gagne rarement en jouant avec les règles du jeu écrites par l’ennemi.  J’irai aussi voter pour avoir la paix, pour clore ces six mois de cirque. Et parce qu’à un moment, il faut bien reprendre le combat, le vrai, le nôtre, celui de tous les jours. Bonne journée !

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