Vincent Vauclin : Lettre ouverte à Éric Zemmour

Vincent Vauclin : Lettre ouverte à Éric Zemmour

Paris Vox – Vincent Vauclin, président du Mouvement National-Démocrate publie une lettre ouverte à destination d’Eric Zemmour et pose quelques questions légitimes.

Monsieur Zemmour,

Le 30 Novembre dernier, vous avez annoncé votre candidature à l’élection présidentielle de 2022. Loin d’être une surprise, cette annonce fut la conclusion attendue de vos déclarations et de vos prises de position des dernières semaines. Et elle ne manqua pas de soulever autant d’espoir que de défiance dans un paysage politique depuis longtemps sclérosé, trop accoutumé aux consensus feutrés et aux indignations convenues pour tolérer les coups de théâtre et les aspérités parfois rugueuses d’un discours politiquement incorrect.

Votre candidature ambitionne de porter les aspirations de ces millions de Français que rassemble un même sentiment de désespoir et de révolte face au déclassement, à l’effacement et au remplacement de la France. Elle vise aussi à constituer une force alternative à ces droites de la trahison et du reniement qui ont tant déçu, une force capable de défier le politiquement correct, de braver l’idéologie dominante et de proposer, enfin, une autre voie au peuple Français. C’est donc, a priori, une démarche salutaire, analogue à celle que j’ai entreprise lorsque j’ai lancé la Liste de la Reconquête dans la bataille des élections européennes en 2019, puis lorsque j’ai fondé le Mouvement National-Démocrate et travaillé depuis lors à l’avènement d’un pôle de droite alternative afin de répondre à la profonde crise de représentation politique que traverse notre pays.

Ainsi, je fus tout naturellement porté à m’intéresser à votre campagne. J’ai suivi vos interventions, vos déclarations et vos prises de position avec toute l’attention qu’elles méritaient. Celles-ci reflètent avec lucidité les maux qui affligent notre pays et qui appellent des mesures vigoureuses dont je ne doute pas que vous ayez considéré toutes les implications. Pourtant, tous vos constats et tous vos diagnostics, aussi pertinents soient-ils, semblent déjà ternis, datés, et frappés du sceau de l’obsolescence propre aux périodes de bouleversements historiques telles que celle que nous traversons aujourd’hui. En d’autres termes, votre candidature s’ancre dans un monde qui n’a déjà plus cours. Et si la France est effectivement à la croisée des chemins, votre campagne l’est désormais tout autant.

Depuis près de deux ans, la France a basculé dans un nouveau monde. Prenant prétexte d’une épidémie à l’origine douteuse et dont la gravité fut délibérément exagérée, une véritable lobbycratie prédatrice, aux ramifications médiatiques, politiques et scientifiques, a mis en oeuvre la plus vaste opération de sidération psychologique et de domestication sociale jamais entreprise depuis l’avènement de la Vème République. La violation quotidienne de nos libertés constitutionnelles est ainsi devenue la norme. L’état d’exception permanent s’est substitué à l’état de droit. Les rapports entre le gouvernement et ses citoyens se résument désormais à la ségrégation, au chantage et au mensonge systématique, fracturant la société française comme jamais elle ne l’a été et ébréchant durablement le lien entre la Nation et ses institutions. Notre société s’est vue profondément transformée en quelques mois, et des millions de citoyens Français sont aujourd’hui traités comme des étrangers dans leur propre pays.

Ce coup d’État, car c’est bien de cela qu’il s’agit, n’est pas propre à la France : il concerne en réalité l’ensemble du monde occidental et participe manifestement d’une stratégie globale élaborée dans les arcanes de certains cénacles mondialistes. En d’autres termes, c’est une déclaration de guerre. La mutilation de nos libertés les plus fondamentales et le confinement perpétuel de la démocratie sont les principales finalités de cette guerre de nouvelle génération qui ne dit pas encore son nom. S’appuyant sur les possibilités offertes par les nouvelles technologies de surveillance et de traçage, et prenant prétexte de diverses crises – sanitaire, écologique, sociale et sécuritaire – dont elles détiennent le monopole de la narration, ces forces de l’asservissement oeuvrent ouvertement à ce qu’elles nomment la Grande Réinitialisation, qui n’est rien de moins qu’un projet totalitaire inspiré du crédit social chinois et dont l’instauration du passeport intérieur (le Pass Sanitaire) constitue l’acte fondateur.

Jusqu’ici, vous avez choisi de minimiser cette déclaration de guerre pour mieux vous concentrer sur vos thématiques de prédilection, arguant du fait qu’il ne s’agit là que d’une séquence passagère et nécessairement transitoire principalement orchestrée par le pouvoir afin de vous empêcher d’imposer vos thèmes de campagne dans le débat présidentiel. C’est là une grave erreur d’appréciation qui interroge jusque dans vos rangs. La charia covidiste n’a rien de plus enviable ni de moins détestable que la charia islamiste, et il n’est pas concevable de dénoncer les menaces de l’une tout en escamotant celles de l’autre. Tout ceci n’a rien de provisoire, mais constitue au contraire une rupture historique analogue, par ses implications, au putsch bolchévique de 1917 qui jeta des centaines de millions d’âmes dans la réclusion du siècle soviétique. Les clivages et les enjeux du passé ont donc été balayés par les évènements et une nouvelle ligne de démarcation séparera dorénavant les forces de la souveraineté et de la liberté de celles de la sujétion et de la collaboration.

Votre candidature ne saurait se dérober plus longtemps à la responsabilité historique à laquelle elle prétend, car elle risquerait alors d’être entachée du doute et du soupçon qui ne manquent jamais de marquer de manière indélébile les manoeuvres de diversion et de dissipation médiatiques dont notre époque est si coutumière. Ainsi, cette campagne ne se hissera à la hauteur des enjeux qu’à la condition de déconstruire le projet du Great Reset, d’en exposer les menaces anthropologiques, d’en dénoncer les auteurs et leur pacte de corruption, et surtout d’en conjurer la dialectique sous-jacente tant qu’il en est encore temps. Aucun calcul électoral ne saurait justifier l’évitement ou la minimisation de ce coup de force qui s’apprête à refermer son étreinte sur les vestiges de nos libertés et de notre démocratie. En somme Monsieur Zemmour, à défaut de franchir le Rubicon, refuserez-vous de signer le Pacte de Davos ?

Vincent Vauclin

Président du Mouvement National-Démocrate