Paris par la lucarne…

Paris par la lucarne…

Paris Vox – Confinés, vous ne voyez plus Paris que par le petit espace de votre fenêtre ? Voici 24 idées de lecture pour que confinement rime avec enseignement. La Majesté de Paris, ce sont toutes ces petites histoires qui font la grande. Bonne lecture à tous !

NB : les résumés constituent les quatrièmes pages de couverture fournies par l’éditeur et ne reflètent pas forcément l’esprit de la rédaction.

LES TRANSPORTS EN COMMUN A PARIS de Philippe-Enrico Attal, Soteca

Les transports parisiens : un exemple européen. Quand en 1828 Stanislas Baudry décide d’établir des lignes régulières d’omnibus à travers la capitale, il ne sait pas encore qu’il vient d’écrire le premier chapitre d’une épopée qui se prolonge depuis bientôt 200 ans. Très vite, les parisiens prennent l’habitude de monter dans les omnibus, de descendre dans le métro, d’emprunter les tramways. À chaque fois, Paris innove. Dès 1900, le métro électrique est montré en exemple chez nos voisins, tout comme le premier autobus de 1906. Le tramway se développe de façon fulgurante avant d’entamer son déclin dans les années 1930. Mais l’invention la plus étonnante reste sans doute le métro sur pneus imaginé après guerre par les ingénieurs de la RATP en collaboration avec Michelin.   C’est à la même période que le métro régional se met en place avec la création du RER qui consacre le prolongement des gares en cul de sac à travers Paris. Depuis le début des années 1990, c’est le tramway qui a fait son grand retour, déployé aujourd’hui sur 10 lignes dans toute la région. Et ce n’est pas terminé puisque le Grand Paris Express, un nouveau réseau de 200 km de métro.

PARISQUAT. DES SQUATS POLITIQUES A PARIS, 1995-2000 de Jean Berthaut, Atelier de création libertaire

«  Qu’est-ce que ça m’a apporté  ? Rencontrer plein de monde, créer, découvrir des choses, toute cette effervescence  ! À l’époque, j’étais attiré par l’idée d’habiter avec des gens  ; je trouve trop misérable d’habiter seul dans un appartement tout petit. En étant avec d’autres gens, on construit un rapport de force, chacun amène ses expériences et cela se confronte, s’accorde…  » Pat. «  Je ne savais pas trop, mais je voulais aller de l’avant, je ne sais plus très bien  ! J’étais impatiente que ça change et j’ai sauté sur cette opportunité. Je crois que je cherchais une certaine “communauté”.  » Manue. «  L’ouverture c’était marrant, un peu grisant et un peu flippant  ; on entrait, on ne savait pas ce qu’on allait trouver. La découverte du lieu, il y avait tout le stress lié aux flics. Les premières nuits, tout le monde dort peu, donc tout le monde est un peu tendu et ça n’empêche pas que, pour un rien, tout le monde rigole. L’expulsion, ça c’était moins marrant. Moi, c’est le bruit qui me… Le bruit de la porte défoncée au petit matin.  » Mathieu. «  Occuper un grand bâtiment en plein Paris, pouvoir le gérer par nous-même et en faire ce qu’on voulait. Ça m’a tout de suite rappelé des sensations de mon enfance, quand on faisait des cabanes dans les bois.  » Loïc

ATLAS DU PARIS ANTIQUE. LUTÈCE, NAISSANCE D’UNE VILLE de David Busson, Parigramme

Dans La Guerre des Gaules, César mentionne pour la première fois Lutèce, une place forte gauloise que ses habitants préférèrent incendier plutôt que la livrer au conquérant romain. Où se trouvait-elle exactement) ? Dans l’île de la Cité ? Ou ailleurs, à Nanterre ? Toujours est-il qu’une ville nouvelle s’implante dès le Haut-Empire sur les pentes de la montagne Sainte-Geneviève, selon un quadrillage appuyé sur un axe principal formant le cardo maximus (actuelles rues Saint-Jacques, du Petit-Pont, de la Cité et Saint-Martin). Abandonnée au milieu du IIIe siècle, elle migre ensuite vers l’île de la Cité, détruisant au besoin les monuments de la rive gauche pour en récupérer les matériaux. Les vestiges de ces occupations successives – y compris excentrées, comme à Montmartre – n’ont pas manqué de frapper les esprits érudits dès le Moyen Âge ou la Renaissance mais c’est essentiellement à partir des grands travaux haussmanniens que la ville antique a été redécouverte. De nombreuses fouilles ont été conduites depuis, qui précisent les contours et l’organisation de la cité disparue. Recouverte par tous les âges de la ville, la Lutèce gallo-romaine en oriente pourtant durablement le développement.

LA MORT A PARIS, XVIe, XVIIe, XVIIIe SIÈCLES de Pierre Chaunu, Fayard

Dans la production récente sur la mort, ce livre est profondément original. Par l’étendue de la documentation mise en oeuvre. Il s’appuie sur une immense enquête d’histoire sérielle. Elle a mobilisé une équipe de chercheurs pendant cinq ans. Un sondage représentatif a été effectué à travers le Minutier central des notaires parisiens aux Archives nationales, les estampes et les imprimés de la Bibliothèque nationale. Plus de 10 000 testaments, 1 500 inventaires après décès, toute la littérature de préparation à la mort, des milliers d’estampes, sans oublier les grands auteurs, ont été analysés d’une manière exhaustive. Cette documentation originale parle au nom des trois millions d’hommes et de femmes qui sont morts à Paris du début du XVIe à la fin du XVIIIe siècle. Par l’insertion de cette masse d’informations nouvelles dans un essai vraiment global sur la mort. Pierre Chaunu part de la crise de la mort telle qu’elle est perçue au niveau des media depuis 10 ans et l’insère dans une réflexion qui va de la première tombe, du premier rite funéraire (il y a 40 000 ans) aux interrogations éternelles sur le trépas d’une conscience douloureuse de Soi sous le regard de la mort, de la Genèse à la crise des Eglises, des pyramides à Heidegger en passant par Platon, Origène, Dante et Tolstoï. Enfin, à la différence de tant de livres, l’auteur se compromet. Il se place, délibérément, à l’intérieur de la conception judéo-chrétienne de la Mort, du Tu mourras  » de la Genése au  » … avec moi, aujourd’hui, dans le Paradis  » de l’Evangile. »

LA MORT EST DANS PARIS. ENQUÊTE SUR LE SUICIDE ET LA MORT VIOLENTE DANS LE PETIT PEUPLE PARISIEN AU LENDEMAIN DE LA TERREUR de Richard Cobb, Anacharsis

Historien excentrique de la Révolution française, Richard Cobb enquête sur un dossier d’archives décrivant les corps repêchés dans la Seine entre 1795 et 1801. Par-delà l’énigme de leur fin tragique, il restitue à ces hommes et femmes, jeunes et vieux, noyés, suicidés ou assassinés, leur existence singulière. Attentif aux traces les plus fugitives – un bouton de veste, un mouchoir, un petit bijou -, il parvient, avec une renversante puissance d’écriture, à animer de sa vie propre la population grouillante de la capitale aux abords du fleuve. Avec cette plongée en dessous de la Révolution, il entreprend, plutôt qu’une « histoire populaire », la fabrique d’une histoire des gens du peuple.

PARIS BOURGEOISE, PARIS BOHÈME. LA RUEE VERS L’EST de Sophie Corbillé, Presses Universitaires de France

Depuis une trentaine d’années, les quartiers traditionnellement populaires du nord-est de Paris sont l’objet de changements profonds : installation des classes moyennes supérieures souvent désignées comme les « bobos », réhabilitation du bâti, « embellissement » des espaces publics ou encore ouverture de nouveaux commerces et lieux « branchés ». Cet ouvrage s’attache à comprendre la fabrication de ce nouveau monde urbain qui prend forme autour des rues des faubourgs et des anciens villages des 10e, 11e, 18e, 19e, 20e et 12e arrondissements. Il en décrit les acteurs (habitants, commerçants, associatifs, journalistes, politiques, etc.), et les processus sociaux, économiques et symboliques sur lesquels il repose. A travers l’enquête ethnologique, l’ouvrage propose également une analyse de ce que la gentrification fait à la géographie parisienne, montrant que les compétitions sociales et symboliques participent à transformer la capitale et à faire évoluer ses frontières, dans un contexte de métropolisation et de globalisation. Une ville bourgeoise et branchée, mais aussi un Paris entre permanence et changement, qui entretient des rapports de compétition et d’émulation avec d’autres territoires, proches et lointains.

SPIRITUALITE ET PAUVRETÉ Á PARIS AU XVIIe SIÈCLE de Jacques Depauw, La Boutique de l’Histoire Editions

En Chrétienté, si la pauvreté est une réalité sociale, elle est aussi affectée d’un sens et a une dimension spirituelle. Le XVIIe siècle est celui de l’apogée de la Réforme catholique, particulièrement à Paris. Il a été vu aussi comme celui de l’Enfermement des pauvres… Ce livre cherche à éclairer ce paradoxe. Par un recours aux sources les plus variées, livres de spiritualité, archives hospitalières, pratique religieuse et liturgie, c’est un ensemble de relations qui sont étudiées, entre les formes d’assistance et les composantes de la société parisienne, entre spiritualité active et spiritualité contemplative, entre l’évolution du message chrétien sur la pauvreté et les situations concrètes de pauvreté. La diversité des approches et les réflexions suscitées par la mise en dialogue des sources de nature différente donnent à ce travail universitaire la vivacité d’un essai. Cette approche redonne aussi sa place aux événements. Il y a bien eu un dynamisme inventif qui s’est brisé sur la misère de la Fronde et qui engendre l’Hôpital général.

LA BASTOCHE. UNE HISTOIRE DU PARIS POPULAIRE ET CRIMINEL de Claude Dubois, Tempus

Qui ne sait qu’à la Bastille, autour de la colonne révolutionnaire, faubourg Saint-Antoine, on a dansé musette au son de l’accordéon ? En dénommant « Bastoche » la Bastille des rues borgnes et des bals, l’argot parisien a fait preuve d’un instinct très sûr. De fait, l’ouvrage de Claude Dubois est un livre d’histoire populaire, mâtinée voyou par nature, la marque de fabrique de Paname et de sa culture. En nous entraînant dans les recoins obscurs ou hauts en couleur du quartier de la mistoufle, des gros bras et des gueules d’amour, il rend vie à deux siècles (1750-1940) de comédie urbaine, dont les échos de valses et de javas résonnent encore dans la mémoire de Paris et d’ailleurs.

PARIS, NID D’ESPIONS. LES SERVICES DE L’OMBRE DANS LA VILLE LUMIÈRE de Roger Faligot, Parigramme

Aucune métropole ne mérite plus que Paris le titre disputé de capitale de l espionnage. Il y aurait sur les bords de Seine des dizaines de milliers d espions des services du monde entier (la communauté du renseignement français pouvant être évaluée à 20 000 personnes). L espionnage « moderne » commence véritablement avec la Première Guerre mondiale ; c est à cette occasion que sont installées à Paris des bases secrètes de différentes puissances… qui ne seront pas ou pas totalement- démantelées la paix revenue. La présence en France d un fort parti communiste, l implication dans les guerres coloniales puis les processus de dégagement et de coopération avec le Tiers-Monde, l activité diplomatique, l accueil de structures internationales, la concentration d activités industrielles de haute technologie, l ouverture sur le monde… contribuent à faire de Paris une véritable plaque tournante. Quartier par quartier, rue par rue, l auteur propose un panorama des activités des services de l ombre, du renseignement presque routinier aux coups les plus tordus. Chacun son secteur, où presque : le renseignement militaire se trouve très logiquement dans les parages du ministère de la Défense et des Invalides tandis que le SDECE (plus tard DGSE) a quitté l ouest pour le 19e, les assassinats de militants palestiniens se produisent souvent au Quartier Latin, les Tigres tamouls sont aux abords de la gare du nord, la guerre des Balkans se prolonge dans le 11e, la guerre secrète des Chinois trouve des appuis dans le 13e… Dans cette géographie, 8e et 16e, arrondissements des ambassades, se taillent la part du lion, grouillant de barbouzes de toutes origines.
On retrouve ces agents partout dans Paris, au jardin du Luxembourg, au Crillon, à la crêperie de Plougastel, au deuxième étage de la Tour Eiffel, dans la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare, sur la tombe de Blanqui au Père Lachaise… utilisant des milliers d adresses apparemment insignifiante comme autant de « boîtes aux lettres mortes » ou « d appartements conspiratifs » ou de « rendez-vous secondaires ». Oui, Paris est vraiment un nid d espions !

LA FABRIQUE DU PARIS REVOLUTIONNAIRE de David Garrioch, La Découverte

Comment Paris, ville cosmopolite, polie et prospère, centre européen des savoirs et de la tolérance, a-t-elle pu donner naissance, à la fin du XVIIIe siècle, à une révolution radicale ? Certes, les inégalités y étaient très fortes et la vie souvent précaire, mais Paris n’avait rien d’une société en perpétuelle ébullition et les Parisiens étaient attachés à leur ville par des liens affectifs puissants, des devoirs communautaires et des obligations morales. Dans ce livre sans équivalent, qui brosse avec une verve narrative exceptionnelle le portrait d’une ville en plein bouleversement, David Garrioch essaie de comprendre la singularité de la Révolution française en analysant les transformations de la vie matérielle, l’apparition d’idées et de pratiques sociales nouvelles, les évolutions démographiques et les profonds changements en matière religieuse, politique et institutionnelle. Le caractère sécularisé et égalitaire de Paris, sa grande taille et son dynamisme commercial, son étrange mélange de sujétion et d’indépendance ont donné naissance à un radicalisme politique inédit. Mais, à son tour, la Révolution a transformé la ville, ses structures politiques comme ses hiérarchies internes, ses idéologies sociales et de genre comme ses pratiques culturelles…

PARIS, VILLE OUVRIÈRE. UNE HISTOIRE OCCULTÉE, 1789-1848 de Maurizio Gribaudi, La Découverte

Les historiens qui se sont intéressés au Paris de la première moitié du XIXe siècle ont souvent célébré la modernité de la ville bourgeoise qui se développe à l’ouest et autour des Grands Boulevards, et considéré les quartiers du centre et de l’est comme des espaces structurellement immobiles et à l’écart du progrès. S’appuyant sur des archives peu explorées, voire inédites, ce livre propose une vision renouvelée de ce Paris populaire : il montre au contraire qu’il s’agit de lieux extrêmement dynamiques, dans lesquels se développent des formes de production tout aussi novatrices qu’économiquement efficaces. Et dans lesquels se construit progressivement un modèle de modernité propre au monde ouvrier, fondé sur la demande de démocratie locale et sur une vision participative de la société. Derrière les représentations de la modernité du Paris bourgeois, si souvent célébrée, on lit donc la présence d’une autre modernité, qui a germé dans l’horizon ouvrier de la première moitié du XIXe siècle et fleuri le temps d’un instant dans les printemps 1848 et 1871. Si la répression de ces mouvements a brisé cet élan, le souvenir de la République démocratique et sociale rêvée par le mouvement ouvrier a cependant laissé ses traces dans la société française, et l’on voit aujourd’hui ressurgir certaines thématiques qui en sont héritées (la demande de démocratie directe et de nouvelles formes d’organisation du travail, le modèle associatif comme base de solidarité nationale). Enrichi par de nombreux documents d’époque et une cartographie originale, le livre de Maurizio Gribaudi offre une immersion passionnante dans ce Paris ouvrier du XIXe siècle.

ET LE CHOLÉRA S’ABATTIT SUR PARIS, 1832 d’Ange-Pierre Leca, Albin Michel

Et le choléra s’abattit sur Paris raconte l’impact qu’eut cette épidémie quand, en 1832, faute d’avoir tenu compte des avertissements venus de l’étranger, le peuple de la capitale se trouva face à face avec elle. Après avoir rappelé les pauvres conditions d’hygiène qui régnaient à cette époque et l’insuffisance des mesures prises contre la contagion presque inévitable du fléau à notre pays, l’auteur décrit les premières journées au cours desquelles l’effroi succéda à l’insouciance et où l’on vit déjà la maladie jouer son rôle de catalyseur vis-à-vis des mécontentements larvés. Des émeutes éclataient ici et là tandis que s’élevaient les courbes de mortalité. Bientôt, il n’y eut plus assez d’hôpitaux pour accueillir les malades, de corbillards pour conduire les morts, de fossoyeurs pour les ensevelir. Tandis que les humbles étaient d’abord touchés, l’épidémie gagna les classes les plus aisées et ce sont les grands noms de la haute société qui apparurent à leur tour dans les nécrologies. Mais l’habitude vient de vivre avec la mort à ses côtés, et les activités frivoles reprirent dans la capitale en même temps que les charlatans faisaient fortune. C’est alors que, les 5 et 6 juin, comme attisée par le choléra, la misère du peuple explosa au cours des obsèques du général Lamarque. Des barricades s’élevèrent ; la répression fut violente et se termina dans un bain de sang au cloître Saint-Merri. Avant la fin de l’année, l’épidémie, après une période de déclin, connut un second souffle puis s’éteignit lentement dans la capitale. Alors seulement, on put faire le compte exact des morts et proposer des mesures dont l’insuffisance laissera Paris à nouveau désarmé lors de l’épidémie suivante.

GUIDE HISTORIQUE DU PARIS LIBERTIN de Marc Lemonier, La Musardine

Paris, la ville lumière, est aussi la ville de la pénombre… celle des petits salons, des alcôves ou des loges d’artistes, celle des ruelles qui mènent aux lieux de débauche, celle du crépuscule annonciateur du début de la fête libertine. Depuis toujours, ou presque, Paris est la ville de tous les plaisirs. Du Moyen Âge à la période contemporaine, cet ouvrage propose une histoire des moeurs et de la sexualité à Paris, mêlant l’anecdotique à la « grande histoire ». Ainsi nous découvrons des lieux mythiques, disséminés sur l’ensemble du territoire parisien : cabarets et autres établissements de spectacles, et notamment ceux fréquentés par les homosexuels ; librairies associées à l’histoire de la pornographie clandestine ; cinémas ayant marqué la grande histoire du X ; maisons closes ; adresses de grandes courtisanes ; ateliers de peintres et de photographes ; frasques orgiaques du célèbre et très populaire Bal des Quat’z’Arts
Nous y croisons des personnages haut en couleurs : rois et reines débauchés ; lorettes, grisettes ou prostituées célèbres ; courtisanes à la beauté parfaite ; lesbiennes chics ; stripteaseuses de revues ; artistes et écrivains… Chapitré suivant le découpage par arrondissements et par quartiers de la ville, ce Paris libertin est aussi à lire comme un guide touristique et culturel. Il permettra au lecteur de se promener dans la ville en organisant son parcours à la découverte de lieux précis, décrits dans l’ouvrage, en particulier lorsqu’ils sont visitables ou lorsque des éléments significatifs (des sculptures, une façade particulière) sont visibles depuis l’espace public.

UNE HISTOIRE DE L’HÔPITAL LARIBOISIERE. LE VERSAILLES DE LA MISÈRE de Jean-Paul Martineaud, L’Harmattan

Dès ses débuts, il y a 150 ans, l’hôpital Lariboisière s’est trouvé étroitement associé à l’histoire de Paris et, bien sûr, à l’évolution de la pratique médicale. L’hôpital se retrouvera au coeur des combats de la Commune de Paris, puis à proximité de ceux de la Guerre de 14-18 et, pendant les années noires 39 44, passera sous contrôle allemand. Ses murs, heureusement rénovés, ont vu les évolutions formidables de la médecine et de la chirurgie, l’affirmation progressive de la radiologie et de la biologie. Bref, 150 ans d’histoire de France et de la Science entre quatre murs blancs.

LA VIE SECRÈTE DES HALLES DE PARIS de Philippe Mellot, Omnibus

Dans sa puissante fresque consacrée aux Halles de Paris, Emile Zola a livré une description unique de la vie intime et laborieuse du  » Ventre de Paris  » sous le second Empire, un univers émouvant comme cet instantané saisi dans ce roman-reportage :  » Au coin du trottoir, un large rond de consommateurs s’était formé autour d’une marchande de soupe aux choux. Il y avait là des marchandes très propres, des maraîchers en blouse, des porteurs sales, le paletot gras des charges de nourriture qui avaient traîné sur les épaules, de pauvres diables déguenillés, toutes les faims matinales des Halles.  » La population des Halles ne se limitait cependant pas aux misérables, aux gagne-petit et à la courageuse population des maraîchers, des bouchers, des marchandes de poissons et des  » B.O.F « . A ces personnages à la voix haute et colorée, s’ajoutaient les noceurs venus s’encanailler dans les cabarets interlopes ou déguster une soupe à l’oignon gratinée dans l’un des nombreux restaurants réputés du quartier, les prostituées dont le gagne-pain relevait de l’épaisseur du portefeuille des premiers, les marloupins surveillant l’ardeur au travail des secondes, et, enfin, les apaches, toujours prêts à improviser une  » bonne affaire « . Grâce aux stupéfiants témoignages de grands auteurs du temps, illustrés par plusieurs centaines de photographies et de dessins rares, La Vie secrète des Halles de Paris pose un regard troublant et original sur le coeur de Paris, le coeur battant de la capitale de l’Europe vantée par Victor Hugo.

LE GUIDE SULFUREUX DU PARIS « RÉAC ET FACHO ». ÉCRIVAINS, INTELLECTUELS, ARTISTES, ÉDITEURS, PARTIS, JOURNAUX, HOMMES POLITIQUES ET AUTRES CURIOSITÉS, LES RUES ONT UNE HISTOIRE de Patrick Parment, Synthèse Nationale

Voici une histoire des rues de Paris qu’une France en proie aux Droits de l’homme aimerait en grande partie effacer. On est d’abord partie à la recherche des lieux de résidence des écrivains, pas tous forcément « de droite »  que nous aimons et dont certains, pas les moins talentueux d’ailleurs, furent ce que l’on appelle des «  collabos  » alors qu’ils cherchaient une issue à une France démocratique qui s’enfonçait – et s’enfonce toujours -, dans la décadence. Dans un deuxième temps, on s’est penché sur ces lieux emblématiques occupés par les Allemands durant l’Occupation – et ils ont eu la main lourde -, dont beaucoup sont toujours le témoignage d’une grandeur passée. On ne pouvait pas non plus passer à côté des hauts lieux de cette Révolution dont se gargarisent nos intellos de gauche dont une guillotine aveugle est venue alimenter de trop nombreux charniers, transformés dans le meilleur des cas en cimetières. Leur France des Lumières sent passablement le roussi. Enfin Paris est un livre d’architecture passionnant. On a noté quelques ouvrages remarquables. Car il n’est pas sûr que les chapitres d’aujourd’hui et à venir témoignent de la même grandeur que ceux d’hier. On n’a pas oublié les hauts lieux – mais c’est loin d’être exhaustif –  de tous ces militants dits d’extrême-droite qui s’obstinent à transmettre le flambeau, de génération en génération, d’une France patriote qui plante ses racines en Grèce dans le doux murmure de l’Iliade et l’Odyssée. 

LE PARIS DES FRANCS-MAÇONS d’Emmanuel Pierrat et Laurent Kupferman, Le Cherche-Midi

Paris la franc-maçonne, Paris l’insoupçonnée. Marquée par une empreinte forte de la franc-maçonnerie, la capitale donnée à voir dans cet ouvrage nous est révélée d’un œil neuf. On y découvre que les plus célèbres monuments parisiens sont couverts de symboles hermétiques invisibles pour celui qui ne prend pas le temps de les observer différemment, ainsi que les nombreuses statues de  » maçons  » célèbres, les lieux de promenade et parcs parsemés de signes et symboles qui rappellent la puissance et le rayonnement de la confrérie.

LA COMMUNE DE PARIS de William Serman, Fayard

Voici une histoire nouvelle de la Commune. Elle raconte et explique sans fard ni parti pris la tragédie qui ensanglanta la capitale en 1871. Une tragédie dont l’acteur principal est le petit peuple de Paris, poussé à l’insurrection par la misère et par les souffrances du siège, par l’ardeur d’un patriotisme déçu et par la vigueur de traditions révolutionnaires presque séculaires, par la politique intransigeante d’une Assemblée réactionnaire et par le rêve (fou ?) d’un monde meilleur. Malgré la confusion de leurs idées, la faiblesse de leur sens politique, la violence de leur langage ou de certains de leurs actes, les communards nous émeuvent par leur désespoir et par la sincérité de leurs cris. Comment rester insensible aux appels et aux revendications de ces hommes, de ces femmes, et de ces enfants, qui réclamaient avec tant de véhémence et de maladresse l’avènement de la République démocratique et sociale ? Leur vocabulaire et leurs références passéistes peuvent irriter les doctrinaires, les amateurs de systèmes et les contre-révolutionnaires. Mais leur programme ne semble guère démodé aux républicains de toutes nuances. Car que demandent-ils au fond ? La République et la victoire sur l’envahisseur, du pain et un toit pour tous, la justice et la solidarité sociales, la reconnaissance de leurs droits et de leur dignité, et, couronnant le tout, la liberté.

LE FOOTBALL DANS PARIS ET SES BANLIEUES. UN SPORT DEVENU SPECTACLE de Julien Sorez, Presses Universitaires de Rennes

Sport devenu au cours du XXe siècle le plus populaire en Europe, le football peine à trouver dans Paris et ses banlieues le succès et le soutien qu’on lui accorde dans la plupart des capitales européennes et des grandes métropoles françaises. En France, tout se passe comme si dans la capitale d’un Etat fortement centralisé les conditions politiques, sociales et économiques n’étaient pas réunies pour qu’une pratique populaire comme le football devienne une composante de l’identité urbaine parisienne et un outil de son rayonnement culturel. Détaché d’observations immédiates et parfois hâtives sur la place du football parisien en France, ce travail de recherche envisage, en considérant le développement du football dans Paris et ses banlieues, de redonner à cette pratique la place qui fut la sienne dans les premières décennies qui suivent son apparition, de montrer que les joueurs, dirigeants et équipes parisiens ont été au coeur de la diffusion spatiale et sociale du football dans l’Hexagone, et de comprendre les fondements de ce paradoxe français faisant depuis plusieurs décennies de la région parisienne une périphérie du football européen.

LE GOÛT DE L’ÉMEUTE. MANIFESTATIONS ET VIOLENCES DE RUE DANS PARIS ET SA BANLIEUE A LA « BELLE ÉPOQUE » d’Anne Steiner, L’Echappée

Malgré la poussée de la gauche aux élections législatives de 1906, les conflits sociaux se multiplient, impulsés par une CGT acquise au syndicalisme révolutionnaire. Entre 1908 et 1910, Paris et sa banlieue sont le théâtre de manifestations violentes rassemblant des milliers de participants que le sentiment d’injustice et d’impuissance face à la répression transforme en émeutiers. Ils attaquent des bâtiments, saccagent le mobilier urbain, brûlent trams et bus, élèvent des barricades et tirent sur les policiers à coups de browning. A l’origine de ces explosions de colère, il y a des morts. Le 2 juin 1908, deux terrassiers grévistes de Draveil sont abattus par la gendarmerie. En octobre 1909, en Espagne, le pédagogue libertaire Francisco Ferrer est fusillé dans les fossés de Montjuich après une parodie de procès. En juin 1910, l’anarchiste Henri Cler est frappé à mort par un policier devant le quartier général des ébénistes en grève du faubourg Saint-Antoine. En juillet de la même année, des milliers de Parisiens se massent autour de la guillotine pour empêcher l’exécution du jeune cordonnier Liabeuf. Au printemps 1909, les boutonniers de Méru, engagés dans un long conflit, saccagent les demeures et les fabriques des patrons les plus haïs. Ce livre raconte ces événements et dresse le portrait de ces foules sensibles et inflammables, versatiles parfois, courageuses toujours, affrontant avec des armes improvisées ou à mains nues les dragons casqués et montés envoyés pour les mater.

LES APACHES DE BELLEVILLE de Marc Tardieu, Pascal Galodé Editions

Fils de communard, élevés dans le quartier de Belleville à Paris, Bassot et son frère Polyte créent, après la mort de leurs parents,  » La bande du Télégraphe « . Une drôle de bande, au coeur de ce Paris populaire du début du vingtième siècle, encore marqué par l’ombre de la Commune et les attentats anarchistes de la décennie 1890. De petits larcins en agressions de plus en plus graves, les comparses à peine sortis de l’enfance vont en quelques mois se construire un destin tragique. Ils nous entraînent avec eux jusqu’au bout de la violence, aux confins de l’absurde. Narré à la première personne par le chef de bande, ce roman nous plonge aussi dans une langue, celle de Bruant, l’argot des années 1900, car un apache, c’est également quelqu’un qui, selon l’expression de l’époque,  » sait jaspiner le jars  » (parler l’argot). Description très précise d’une période de l’Histoire dans ses décors, sa langue et son état d’esprit, Les Apaches de Belleville est un roman qui nous emporte dans une spirale infernale, un engrenage où l’on découvre comment, il y a plus d’un siècle, certains jeunes des milieux populaires voulaient en découdre avec la terre entière et les bourgeois en particulier. Un roman à lire sans modération, mais avec prudence ! sinon les apaches vont vous farguer, vous estourbir, vous faire le coup du père François…

NOTRE DAME DE PARIS. Ô REINE DE DOULEUR de Sylvain Tesson, Equateurs

À l’esprit, dans l’ordre : l’effroi, les analyses, les souvenirs. L’effroi, c’est l’impensable mêlé au sublime. Les images du brasier sont belles. Beauté horrifique, gravure en fusion de Gustave Doré. Tout homme a un rendez-vous quotidien avec le paysage qu’il habite. Je vis sur les quais de la Seine, entre l’église Saint-Julien- le-Pauvre où fut enterrée ma mère et l’église Saint-Séverin où fut baptisé Huysmans. Notre-Dame est là, tout près, reine mère de sa couvée d’églises. Je séjourne « sous le commandement des tours de Notre-Dame » (Péguy dans Les Sept contre Paris).

LE MONDE DE LA PROSTITUTION Á PARIS AU XVIIIe SIECLE. MÉTIER DE CORPS, CORPS DE MÉTIER ? de Julia Torlet, L’Harmattan

« Le plus vieux métier du monde ». Mille fois répétée, cette expression incarne et représente la place qu’occupe la prostitution dans l’imaginaire collectif : celle d’une activité pour le moins controversée mais pourtant perpétuellement présente. Cet ouvrage examine le monde de la prostitution à Paris au XVIIIe siècle pour tenter de décrypter le mode de fonctionnement du réseau lui-même, dans sa constitution et son organisation, et pour s’interroger sur l’existence possible d’un « métier » de la prostitution au Siècle des Lumières.

SUPPORTERS DU PSG. UNE ENQUÊTE DANS LES TRIBUNES POPULAIRES DU PARC DES PRINCES d’Eric Wittersheim, Le Bord de l’eau

Ce livre est le premier livre sur les supporters du PSG fondé sur une véritable enquête de terrain, menée parmi les plus connus d’entre eux : les « ultras » du « Kop de Boulogne ». Il revient sur une époque récente mais révolue, où les supporters de football représentaient une forme d’expression populaire qui a été peu à peu étouffée par les intérêts économiques et la « disneylandisation » des stades.