Des interpellés pour le vol d’une oeuvre de Banksy

Des interpellés pour le vol d’une oeuvre de Banksy

Paris Vox – Trois personnes ont été interpellées pour le vol d’une oeuvre de Banksy qui avait été apposée sur un panneau du Centre Pompidou. Ce vol n’est pas sans poser de questions quant au statut de ces œuvres urbaines.

On apprend dans la presse généraliste que trois hommes ont été interpellés suite au vol d’une oeuvre de l’artiste britannique Banksy. L’un des trois a par la suite été présenté à un juge d’instruction. Le centre Pompidou avait porté plainte « pour vol et dégradation, au sein d’un espace relevant de son périmètre » suite au vol d’un pochoir de Banksy représentant un rat.

Le vol d’oeuvre d’art n’est pas une chose nouvelle. De tout temps, il y a eu des gens pour dérober et alimenter un commerce de l’art parallèle. Pour autant, Bansky n’est pas un artiste comme les autres. Il réalise de nombreuses œuvres de façon totalement illicite dans la rue et sur des bâtiments dont il n’est pas propriétaire. Ses graffitis et ses tags disposés dans les villes le sont de façon clandestine, le plus souvent de nuit. Mais le fait de retirer ces graffitis n’est pas pour autant légal. L’oeuvre bien que placée de façon illicite obtient de facto un statut légal au titre de son statut d’oeuvre d’art. La frontière entre dégradation et oeuvre dépend du rayonnement suscité par l’oeuvre.

Banksy, entre secret et business

On ne sait pas avec précision qui est Banksy, l’artiste cultive le secret. Si l’on est certain qu’il est britannique, sa réelle identité est sujette à débat. Souvent copié, il prends toutefois soin d’authentifier les pièces qu’il réalise à travers le monde à travers son compte Instagram notamment. Le graffeur produit des livres et vend certaines pièces. C’est ainsi que certaines de ses œuvres ont été vendues aux enchères, sa toile Devolved Parliament a été adjugée pour plus de 11 millions d’euros.

Les œuvres de rue sont un sujet complexe. D’une part elles sont apposées de façon clandestines. D’autres part, certains artistes jouissent d’une grande notoriété. C’est le cas de Bansky ou encore d’Invader, ce parisien dont les mosaïques recouvrent bien des villes…

Hier rebelle, aujourd’hui business man ?

On peut toutefois noter que les artistes de rues, autrefois rebelles, sont devenus légalistes et intégrés au système. Les plaintes pour vol ou dégradations des œuvres même si elles n’émanent pas d’eux les légitiment et renforcent la valeur de leur art. On le voit dans l’exemple initialement cité, là où le Centre Pompidou porte plainte pour le vol de l’oeuvre. L’entité culturelle se sent ici flouée de part la valeur d’une oeuvre pourtant indûment posée.