Le gouvernement reste sourd face à ses serviteurs

Le gouvernement reste sourd face à ses serviteurs

Paris Vox – La contestation sociale semble gagner l’ensemble de la fonction publique. Les serviteurs de l’état peuvent bien se plaindre, les dirigeants font la sourde oreille…

Le gouvernement semble de plus en plus isolé vis-à-vis de son peuple. Les questions posées par les Gilets Jaunes n’ont reçues aucune véritable réponse après un an de contestation. Ce mouvement représentait initialement de larges pans de la France Périphérique notamment dans le secteur privé. Plus d’une année après, la fonction publique arpente le macadam et pas seulement pour le régime de retraite.

Les cheminots et agents de la RATP sont actuellement en grève depuis plus de 40 jours.Au delà de ces manifestations on peut constater un ras-le-bol généralisé dans l’ensemble de la fonction publique.

Il serait difficile de faire une liste complète de l’ensemble des actions menées par de nombreux serviteurs de l’état. On peut toutefois mettre en exergue certains faits.

Les pompiers sont généralement silencieux. On les a pourtant vu tourner le dos à des officiels lors de cérémonie de Sainte Barbe par exemple. Lors de manifestations auxquelles ils ont pris part, on a également vu des soldats du feu affronter physiquement des CRS. Certains voient là un affrontement état contre état en somme. Personnellement, j’y vois plus un tête-à-tête entre le bras armé du gouvernement et des fils du peuple.

Depuis plus d’un an, de nombreuses infirmières multiplient les actions. Les services d’urgence portent terriblement bien leur nom d’urgence mais de moins en moins celui de service… Dernier phénomène en date dans le domaine hospitalier, la démission collective de 1200 médecins dont 600 chefs de service. Face à ces cris d’alarme, les rares réponses semblent bien inadaptées.

Les professeurs sont également mécontents. Certains argueront que c’est une constante dans la cinquième République. Les tenants de la « Start-up nation » n’ont pas réussi à mettre en marche les enseignants. 

Le secteur culturel également se plaint. Les danseuses de l’Opéra de Paris ont fait le tour du monde en exécutant un ballet sur les marches du Palais Garnier. On pourrait ajouter les bibliothèques qui se plaignent de leur mise à l’index et d’un manque récurrent de moyens. Radio France entre deux chroniques anti catholique ou anti famille, est régulièrement en grève.

Il n’est pas une composante de la fonction publique qui ne grogne actuellement.

L’ironie électorale

Il est ironique de souligner le point suivant : les fonctionnaires ont appelé massivement à voter Macron. Mués en dociles castors, les serviteurs de l’état ont fait « barrage républicain. » Pas l’ensemble de ces derniers : les policiers auraient été moins prompts à désigner Macron au second tour.

Ainsi, ceux qui contestent le gouvernement sont ceux qui l’ont porté au pouvoir et ils font face dans la rue à ceux qui ont le moins voté pour lui au sein de la fonction publique.

Les forces de l’ordre continuent à soutenir un système qui les dessert. Les « susucres » négociés par les syndicats masquent bien mal la précarité réelle de la profession. Le mal-être chez les bleus se traduit notamment par des suicides. Pourtant, ils tiennent encore leur rôle de garde rapprochée du pouvoir et font violemment le ménage dans la rue. Ils sont les derniers garants d’un système aux abois. Xavier Eman l’a très bien expliqué dans son dernier billet sur le site d’Éléments.

La politique gouvernementale actuelle répond à des impératifs économiques et semblent délaisser ses serviteurs. Afin de répondre aux différentes frondes, la répression des mouvements complète une politique habile de l’autruche. Ainsi, on se charge bien de diviser encore et toujours plus le peuple français.

Pour combien de temps encore ?

Jean Ernice