Requiem pour Angélique…

Requiem pour Angélique…

Paris Vox (Tribune) – Chaque semaine, en partenariat avec Radio Libertés, nous publions la retranscription écrite de la chronique d’actualité et d’analyse d’Arnaud De Robert. Aujourd’hui, il revient sur le martyr de la petite Angélique.


A force de ne penser qu’en termes géopolitiques, à force de s’enivrer de considérations métapolitiques sur l’avenir du pays, du continent, de l’Orient, à force de croire que tous ces rapports entre les Systèmes définissent le monde, on en oublie le réel. Oui ce réel sordide et proche, banal et effroyable qui surgit de l’ombre comme une bête sur nos consciences enfiévrées. Ainsi en est-il du calvaire abominable auquel a succombé la petite Angélique Six, 13 ans, de Wambrechies dans le Nord. Elle est morte mercredi dernier assassinée après avoir été violée par un certain David R., 45 ans, passé aux aveux depuis, un récidiviste déjà condamné en 1996 à 9 ans de prison – dont 4 seulement effectués – pour un « viol avec arme » commis en 1994 à La Madeleine, une autre commune proche de Lille. Sa victime de l’époque, une adolescente de 13 ans – du même âge qu’Angélique. David R. a alors 21 ans. Le même mois, outre ce viol, perpétré sous la menace d’un couteau, il avait commis plusieurs « attentats à la pudeur aggravés » (comprendre des agressions sexuelles) et un vol avec violence. Un « client » donc comme le disent les souvent les policiers. Seulement voilà, depuis 18 ans il n’avait plus fait parler de lui. Une vie rangée, deux enfants et une épouse qui semblait d’ailleurs au courant du passé de son mari, un boulot de chauffeur de bus pour la ville. Il habitait le même quartier qu’Angélique, il l’a vue grandir, ils se connaissaient. Un témoin rapporte d’ailleurs avoir vu la jeune fille partir le jour du drame avec un homme qu’elle semblait connaitre et avec qui elle discutait. La confiance, la proximité, ce doux cocon du pédophile. Alors, on va sûrement nous dire que c’est le destin, on va nous expliquer que l’on ne peut surveiller tout le monde, que la récidive dans les crimes sexuels est minoritaire. Et puis on va nous bombarder de statistiques pour nous dire que l’on arrive « récupérer » un maximum de déviants sexuels. Pour un expert criminologue ce crime pose même la question de « l’amélioration de l’accompagnement post-carcéral de ces sujets » au regard « des facteurs de risque propres au passage à l’acte », sic. Toujours ce langage propret, désincarné et vaguement sirupeux.

Pour un expert criminologue ce crime pose même la question de « l’amélioration de l’accompagnement post-carcéral de ces sujets » au regard « des facteurs de risque propres au passage à l’acte », sic. Toujours ce langage propret, désincarné et vaguement sirupeux.

On croirait entendre Macron à propos de Trump, lui qui outre l’avantage qu’il a à jouer les égaux des grands de ce monde, cherche à parler avec tout le monde, sous-entendu que l’on peut trouver le meilleur en chacun, que l’on peut les changer, que l’on peut en quelque sorte les réparer un tant soit peu. J’appelle cette stratégie l’étouffement empathique. Elle se fonde selon moi dans l’idée progressiste que l’humanisme positif triomphe du Mal. Un peu comme les fleurs posées par les étudiants de Berkeley dans les canons des hommes de la Garde Nationale dans les années 70, lors des manifestions pacifistes contre la guerre du Vietnam. C’est d’ailleurs là, dans cette gauche intellectuelle pédante et psychologisante qu’est née l’idée transgressive de la réparation. Et comme toujours avec cette gauche, l’idée est difficilement critiquable sur le fond. Elle vient en outre lutter contre l’abrutissement judiciaire et carcéral américain qui peut envoyer un gosse prendre perpet pour une voiture et deux pizzas volées. Oui mais, dans les lignée funeste des Cohn-Bendit, Patrick Font et autres satyres, cette notion de réhabilitation « humaniste » a dépassé le cadre des délits pour plonger sur celui bien plus sombre des crimes sexuels. Et cette envolée « humaniste » a permis à des générations de vampires psy de se délecter des monstruosités sans fond des pires prédateurs sexuels. On ne compte plus en effet les gentils violeurs d’enfants, gentiment remis dans la circulation et qui ont gentiment récidivé. Un an, dix ans, vingt ans, parfois trente ans après les premiers crimes. Ainsi vont les pulsions de ces malades, toujours plus fortes, toujours plus comprises et toujours aussi peu sanctionnées. Mercredi dernier Angélique a « bénéficié » de cet « humanisme » si particulier qui ruisselle littéralement depuis les sphères oligarchiques pour inonder la société et l’asphyxier de causalités atténuantes. Tout comme d’autres risquent bientôt de « bénéficier » de la déradicalisation réussie de bourreaux de Daesh. Ainsi va la culture de l’excuse, ainsi va l’Occident qui toujours plus embrasse la mort au lieu de chérir la vie. Mon avis, en tant que père de famille, français et européen, c’est qu’on ne récupère pas les violeurs, les pédophiles, les islamistes fous. On doit les traiter comme des menaces permanentes et prendre les mesures adéquates et vite Sinon bientôt en lieu et place de la justice, il ne restera que la vengeance. Bonne semaine.

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