Histoire de Paris : Les enceintes de Paris (2/5)

Histoire de Paris : Les enceintes de Paris (2/5)

Paris Vox – Depuis la Seine, enceinte naturelle du Paris des premiers temps, jusqu’au périphérique dont la boucle fut achevée en 1973, la ville de Paris s’est toujours définie à l’intérieur d’enceintes. Des vestiges des fortifications successives, trop petites pour la ville en perpétuelle croissance, sont encore visibles dans quelques lieux historiques de la capitale. Balade sur les tracés de ces cloisonnements qui ont fait Paris.


ENCEINTE SOUS PHILIPPE-AUGUSTE (1190 – 1355)

Cette entreprise coûta vingt ans de travaux continuels ; car non seulement on éleva une muraille du côté du nord, mais encore les maisons qui, au midi, étaient éparses autour du Petit-Châtelet, furent, pour la première fois, environnées d’une enceinte.

La nouvelle muraille, au nord, passait près du Louvre, le laissait en dehors, traversait les rues Saint-Honoré et des Deux-Écus, l’emplacement de l’hôtel de Soissons, les rues Coquillière, Montmartre, Montorgueil, le terrain où est à présent la halle aux cuirs, les rues Française, Saint-Denis, Bourg-l’Abbé, Saint-Martin ; continuait le long de la rue Grenier-Saint-Lazare, traversait la rue Beaubourg, la rue Saint-Avoie, et, passant sur le terrain des Blancs-Manteaux et ensuite entre les rues des Francs-Bourgeois et des Rosiers, allait aboutir au bord de la rivière à travers les bâtiments de la maison professe des Jésuites et le couvent de l’Ave-Maria, où l’on voyait encore, il n’y a pas longtemps, des restes de ces murailles.

Elle avait huit portes principales : la première près du Louvre, au bord de la rivière ; la seconde, à l’endroit où est maintenant l’Oratoire ; la troisième, vis-à-vis Saint-Eustache, entre la rue Plâtrière (depuis rue Jean-Jacques Rousseau) et la rue du Jour ; la quatrième, rue Saint-Denis, appelée la porte aux Peintres ; la cinquième, rue Saint-Martin, au coin de la rue Grenier-Saint-Lazare ; la sixième, appelée la porte Barbette, entre le couvent des Blancs-Manteaux et la rue des Francs-Bourgeois ; la septième, près de la maison professe des Jésuites, et la huitième au bord de la rivière, entre le port Saint-Paul et le Pont-Marie.

Du côté de la rivière, au midi, l’autre moitié de cette enceinte, qui commençait à la porte Saint-Bernard, est à peu près tracée par les rues des Fossés-Saint-Bernard , des Fossés-Saint-Victor, des Fossés-Saint-Michel ou rue Saint-Hyacinthe, des Fossés-Monsieur-le-Prince , des Fossés-Saint-Germain ou rue de l’Ancienne-Comédie, et des Fossés-de-Nesle, à présent rue Mazarine.

Il y avait sept portes dans ce circuit : la porte Saint-Bernard ou de la Tournelle ; les portes Saint-Victor, Saint-Marcel et Saint-Jacques ; la porte Gibard, d’Enfer ou de Saint-Michel, au haut de la rue de la Harpe ; la porte de Bussi, au haut de la rue Saint-André-des-Arcs, vis-à-vis de la rue Contrescarpe ; et la porte de Nesle, où est à présent le palais de l’Institut. Dans la rue des Cordeliers il y eut encore une porte appelée la porte Saint-Germain ; et, lorsque la rue Dauphine fut bâtie, on en fit une vis-à-vis de l’autre bout de la rue Contrescarpe, et qu’on appela porte Dauphine. Un devis extrait d’un registre de Philippe-Auguste nous apprend que la partie méridionale de l’enceinte avait 1,260 toises d’étendue, et qu’elle avait coûté 7,020 livres.

Théodore Muret