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La vie de Sainte Geneviève (1)

La vie de Sainte Geneviève (1)

Paris Vox – Paris Vox propose à ses lecteurs une série de biographies sur les saints personnages qui ont fait l’histoire et  la gloire de l’Eglise de Paris, l’une des plus anciennes de Gaulle, et qui font encore aujourd’hui le prestige de la Capitale.


  1. La jeunesse et la vocation de Geneviève

Sainte Geneviève, l’une des plus illustres héroïnes de la religion chrétienne dans les Gaules, l’instrument dont se servit le Seigneur pour contribuer à répandre la vraie foi parmi les Français, naquit en l’an 421 au bourg de Nanterre, à trois lieues de Paris. Son père se nommait Sévère et sa mère Géronce. L’enfance de celle que le ciel avait choisie pour être, pendant sa vie et plus encore après sa mort, la consolatrice et la bienfaitrice des habitants de la capitale d’un grand royaume, annonça déjà ce qu’elle serait un jour. Elle avait à peine sept ans qu’elle reçut déjà un glorieux témoignage de sa vertu et de sa piété précoce. Saint Germain, évêque d’Auxerre, et Saint Loup, évêque de Troyes, pendant le voyage qu’ils firent en Angleterre pour aller combattre l’hérésie de Pélage qui infestait ce pays-là, ayant passé par Paris, s’arrêtèrent pour coucher à Nanterre. Leur arrivée dans ce bourg fut bientôt connue, et les fidèles s’empressèrent de se rendre auprès d’eux, demandant leur bénédiction. Dans la foule se trouvait Géneviève avec ses parents. L’Esprit Saint la fit connaître à Saint Germain ; car ce prélat ne l’eut pas plus tôt aperçue, qu’il lui dit d’approcher. Il lui demanda son nom et celui de ses parents, et lui prédit sa future sainteté ainsi que les grâces que Dieu lui préparait ; puis s’adressant à ses parents, il leur annonça que cette enfant leur causerait bientôt une grande joie, qu’elle se consacrerait à Jésus-Christ, et embrasserait la vie des vierges chrétiennes.

Geneviève qui avait depuis longtemps songé à pratiquer ce que le prélat venait d’annoncer, lui dit que son plus ardent désir était de rester vierge et de devenir épouse du Christ : alors Saint Germain lui donna sa bénédiction et la conduisit à l’église avec lui ; il y fit chanter plusieurs psaumes, et récitât plusieurs prière pendant qu’il tenait la main droite étendue sur Geneviève, comme pour la consacrer à Dieu. À l’issue de l’office divin, le prélat emmena la sainte enfant avec lui, et la retint pendant le repas ; ensuite il la remit à son père, après avoir fait promettre à celui-ci de la lui ramener le lendemain avant son départ.

Les parents se rendirent chez Saint Germain, le lendemain à l’heure marquée, et le prélat demande à Geneviève si elle se souvenait encore de la promesse qu’elle avait faite à Dieu. Elle répondit qu’elle s’en souvenait fort bien et qu’elle espérait y être fidèle avec le secours du Seigneur. Germain, que cette réponse charma, exhorta l’enfant à persévérer dans sa pieuse résolution. Il lui donna de nouveau sa bénédiction et suspendit à son cou une médaille en cuivre, sur laquelle était gravée la croix, afin de lui rappeler qu’elle était consacrée à Jésus-Christ, et qu’elle ne devait aimer à l’avenir que ce Dieu-Sauveur. Il lui recommanda ensuite de fuir la vanité de ce monde, de ne point chercher les parures, de ne jamais porter ni bracelets, ni bijoux d’or et d’argent, ni collier de perles, mais de s’occuper à acquérir la beauté de l’âme, qui seule la rendrait agréable à l’Époux auquel elle appartenait.

Après cet entretien, qui eut lieu devant tout le peuple, le prélat dit adieu à Geneviève et à ses parents et continua sa route avec Saint Loup. Le souvenir de ce qui venait de passer de s’effaça jamais de la mémoire de Geneviève. Les exhortations du prélat firent une vive impression sur elle ; ses mœurs devinrent plus douces, son obéissance plus profonde et sa piété plus fervente : car Geneviève se regardait avec raison comme séparée du monde, et quoiqu’elle fût encore très jeune, elle menait une vie exemplaire. Elle n’était jamais plus heureuse que quand elle pouvait aller à l’église. On rapporte que sa mère, se rendant un jour au temple du Seigneur, ne voulut point y mener sa fille avec elle, malgré les insistances réitérées de celle-ci. Geneviève, vivement peinée de ce refus, se mit à pleurer ; alors sa mère, dans un excès d’emportement, la frappa, mais le Seigneur punit bientôt ce trait de vivacité en privant Géronce de l’usage de la vue. Cette femme, ainsi corrigée resta aveugle pendant plus de vingt mois, et ne recouvra la vue qu’en se frottant les yeux avec l’eau que Geneviève avait tirée au puits et sur laquelle elle avait fait le signe de la croix : telle parait être la dévotion que les fidèles ont au puits de Nanterre, dont l’eau fut bénite, selon la tradition du pays.

Théodore-François-Xavier Hunkler