Comment mange-t-on au pays de Gargantua en 2018 ?

Comment mange-t-on au pays de Gargantua en 2018 ?

Paris Vox (Tribune) – Jean Ernice qui se définit lui même comme gourmand, nous expose ses inquiétudes sur l’alimentation des français, habitants la patrie de Gargantua.


Au pays de Gargantua, il est de bon ton de railler les personnes qui mangent bio, sans gluten ou autre. Pourtant le « bien manger » est un élément constitutif d’une civilisation en bonne santé.

Dans « Physiologie du goût », Brillat Savarin déclarait : “La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent.” À voir la manière dont mange une (grande) partie du peuple hexagonal, la destinée française semble mal embarquée…

J’aime manger, c’est vrai pourtant, tout ne se vaut pas !

La France est un pays béni de Dieu

S’il est une nation riche gastronomiquement, c’est bien la France. Son repas est même inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

On trouve des produits d’une rare diversité en France, fruits et légumes, produits carnés, fromages, beurre, poissons, céréales… N’est pas le pays de Gargantua qui veut !

La France regorge de bons produits. Pourtant, l’américanisation et l’industrialisation de la société sonnent le glas de nombreuses bonnes pratiques alimentaires.

Manger sainement ne doit pas être l’apanage des Bobos

Malgré les faits énoncés ci-dessus, la France, est l’une des terres de prédilection du mal manger, fast-food en tête avec Mc Donald’s en vaisseau amiral. Il est commun de railler les personnes soucieuses de leur alimentation. Je ne suis pas végétarien, mais n’est il pas préférable de ne pas manger de la viande abondamment à chaque repas pour privilégier une meilleure qualité lorsqu’on en mange ? Manger bio n’est pas non plus absurde. Pourtant, il est commun de moquer les mangeurs de bio. Je ne vois pas la fierté qu’on trouve à dévorer des produits pleins de pesticides, élevés en batteries, dans des conditions des plus déplorables. Aussi, manger des produits d’une filière raisonnée et/ou biologique possède un véritable sens à la fois d’un point de vue sanitaire, savoureux et éthique ! 

Manger local

Acheter des produits bio qui viennent de l’autre bout du monde est par contre une vaste plaisanterie.  C’est d’ailleurs la grande limite de l’alimentation bio telle que présente dans la grande distibution et certains magasins spécialisés. Aller dans une supérette bio c’est l’assurance de payer chers des produits qui sont souvent produits à l’autre bout du monde avec toute les conséquences écologiques qui vont avec, sans parler du peu de « traçabilité » de leur caractère véritablement « bio ». Dans ce cas, il est évident que ce type de produits n’a que peu d’intérêt. Comment peut-on faire manger des fruits et légumes à parfaite maturité s’ils ont traversé les océans et les frontières pour arriver mûrs dans votre assiette ? Sans compter la pollution générée et subie par votre aliment pour voyager.

Face à cette situation, il convient de manger local et de saison. Ce n’est qu’un petit effort à faire… bénéfique pour votre corps comme pour l’économie de proximité.

Pas de solutions miracles mais quelques préceptes

La part consacrée à l’alimentation est passée de presque 35 % des revenus des français en 1960 à 20 % en 2014. De nombreux facteurs expliquent cette diminution. Mais il convient de se souvenir que s’alimenter correctement est bien plus important qu’acquérir le dernier jean à la mode ou le dernier smartphone. Si manger un Fast Food ne doit pas être interdit, cela doit relever de la consommation anecdotique. Il est préférable de consommer des produits de saisons et locaux et de les transformer soi-même. Si rien ne doit être interdit, rien ne doit être consommé dans l’excès. Comme souvent, inspirons nous de nos pères, le bon sens doit primer. C’est ce bon sens qui vous fera renoncer à l’achat du Kiwi originaire d’Argentine par exemple et qui vous rappellera combien il est facile de faire des carottes râpées !

Jean Ernice 
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Une fin du monde sans importance