Histoire de Paris : l’église de la Madeleine.

Histoire de Paris : l’église de la Madeleine.

Paris Vox- Redécouvrez les grands monuments de Paris, ses rues,  ainsi que l’Histoire, petite ou grande, de la capitale.


Le bourg de la Ville-l’Evêque pour origine.

Le boulevard de la Madeleine est l’un des quatre grands boulevards de Paris avec ceux des Italiens, de Montmartre et des Capucines. Le boulevard doit son nom à l’église de la Madeleine toute proche. Au 7e siècle, l’évêque de Paris possédait à l’ouest de Paris un fief qui donna naissance à un petit bourg nommé la Ville-l’Evêque. La concession datait du roi Dagobert Ier (602/605-638/639). Or, la chapelle de cette bourgade (située à l’emplacement du n°8 du boulevard Malesherbes) fut dédiée, au 13e siècle, à sainte Madeleine. Elle fut totalement reconstruite en 1429 mais, du fait de l’édification de nombreux hôtels et de nombreuses maisons particulières, l’église se trouva bientôt trop à l’étroit et l’on décida, en 1757, de la reconstruire à l’emplacement actuel de l’église de la Madeleine, jadis occupé par l’Hôtel de Chevilly.

Un Temple de la Gloire

La première pierre de l’actuelle église de la Madeleine fut posée le 3 avril 1764 et les travaux furent confiés à l’architecte du duc d’Orléans, Constant d’Ivry, qui les poursuivit jusqu’à sa mort, en 1777. Couture lui succéda, mais les travaux furent interrompus par la Révolution et ils restèrent en suspens sous le Consulat (1799-1804). L’herbe poussa dans l’édifice et les chèvres y broutèrent allègrement. On pensa la transformer en Bourse, y installer la Banque de France, en faire un théâtre, une bibliothèque, une salle d’honneur pour les fêtes officielles, mais le 2 décembre 1806, Napoléon Ier décida que l’église de la Madeleine deviendrait un Temple de la Gloire dédié à la Grande Armée, un temple tel qu’il y en a à Athènes et comme il n’y en a pas à Paris, précisa l’Empereur. Le projet de Constant d’Ivry, déjà remanié par Couture, le fut, dès lors, plus encore, par Vignon, le nouveau maître d’œuvre. A la chute de l’Empire, toutefois, les travaux n’étaient toujours pas terminés.

Un temple grec pour église  !

Louis XVIII confirma Pierre Vignon dans ses fonctions et accepta que l’on conservât l’aspect extérieur du bâtiment. Mais le temple n’en devait pas moins être reconverti en église. A la mort de Vignon, en 1828, l’ouvrage n’étant pas encore achevé, Huvé le remplaça pour réaliser les voûtes et les sculptures. Finalement terminée en 1842, l’église de la Madeleine fut consacrée le 9 octobre 1845, 81 ans après la pose de la première pierre. Et voilà comment Paris fut doté d’une église aux allures de temple païen de style hellénistique, par ailleurs nullement surmonté d’une croix, comme on peut encore le constater de nos jours !

Un anarchiste belge attaque l’église de la Madeleine  !

Nous sommes le 15 mars 1894. Un anarchiste belge du nom de Désiré Joseph Pauwels, vraisemblablement entré clandestinement en France, va tenter de commettre un attentat contre l’église de la Madeleine. Ses motivations sont floues. On pense qu’il a choisi cette église parce que l’on y célébrait alors les grands mariages bourgeois. Il se poserait, en outre, en vengeur de Vaillant, un anarchiste français qui avait commis un attentat contre la Chambre des députés, le 9 décembre 1893. Fait prisonnier, Vaillant fut guillotiné le 4 février 1894. Pauwels tente donc de pénétrer dans l’église mais il fait un faux mouvement et retourne sa marmite qui explose, faisant voler en éclats les vitres de l’église et éventrant celui qui la portait. Comme il ne sera pas possible d’en savoir plus, la police classera l’affaire, après avoir photographié le cadavre. On soupçonne cependant Pauwels d’être responsable des attentats du 20 février 1894, à la rue Saint-Jacques (n°69 – Hôtel Calabresi) et à la rue Faubourg Saint-Martin (n°47 – Hôtel Renaissance). Sans doute a-t-il, pour perpétrer ces attentats, utilisé des bombes restées dans l’appartement d’Etienne Henry, un autre anarchiste arrêté peu de temps auparavant. Les attentats visaient principalement les commissaires de police Dresh et Bélouino, qui s’étaient illustré dans la répression anti-anarchiste,

 

Eric TIMMERMANS.

 

Sources  : Connaissance du Vieux Paris – Rive Droite, J. Hillairet, Editions Princesse, 1976, p. 266, 268, 274 / Guide de Paris mystérieux, Les Guides Noirs – Editions Tchou Princesse, 1978, p. 460-462.

 

 

 

 

 

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