Principe de Peter…

Principe de Peter…

Paris Vox a le plaisir de proposer à ses lecteurs une sélection des retranscriptions écrites des chroniques d’Arnaud de Robert, diffusées quotidiennement dans la matinale de Radio Libertés.


J’ai horreur des pleureuses, surtout chez les patriotes. Et depuis deux jours j’en vois défiler un paquet sur les réseaux sociaux. J’ai horreur des pleureuses mais je comprends colères et critiques. Je vous l’ai dit hier matin, certains chiffres plutôt positifs en termes de vote sont à prendre en compte. Cela ne signifie pas, loin pour autant que ces résultats puissent absoudre de toute critique les acteurs de la campagne présidentielle du côté du Front National en particulier. Alors qu’il y avait un boulevard et que de nombreuses conditions étaient sociologiquement réunies pour une victoire, si ce n’est à la fonction suprême au moins dans les consciences, qu’un allié de circonstance était venu ajouter de l’épaisseur au camp national, que pesaient encore dans les esprits les vagues migratoires géantes, le terrorisme islamique, le mouvement de Marine Le Pen échoue clairement à convaincre. Il se paie même le funeste luxe de perdre des pourcentages de votes les derniers jours. On peut je crois attribuer cet échec de campagne à une seule et synthétique cause  : l’incompétence. Incompétence de Marine Le Pen d’abord, mal préparée, mal à l’aise dans ses dossiers. La présidente du Front National est plutôt convaincante dans le rôle d’opposante mais ne parvient pas à incarner la fonction présidentielle. C’est ce positionnement qui l’a broyée lors du débat de l’entre-deux tours. Elle a complètement laissé la position centrale à Macron. Incompétence ensuite des équipes de campagne du FN incapables de bâtir une stratégie cohérente, un agenda construit avant et pendant l’entre-deux tours. Ce flou artistique, cette navigation à vue, si elle a porté ses fruits à Whirlpool a aussi montré de lourdes limites dans les derniers jours de campagne. Cet amateurisme contraste avec l’hyper-professionnalisme et le sérieux des équipes Macron. Incompétence toujours des pseudos-doctrinaires du Front, Philippot en tête qui ont axé la campagne sur des slogans creux, un positionnement gauchisant inutile et bâtard, un manque flagrant de dynamisme, d’enthousiasme, de joie mais surtout un axe Frexit-Retour au Franc particulièrement anxiogène pour la frange bourgeoise de droite, principalement les petits patrons et rejeté par une grande majorité des français. Cette thématique agitée à l’excès, voire ad nauseam et sans étayage technique et économique a complètement ruiné les derniers jours avant le vote de dimanche.

Ce choix du populisme est un problème et une erreur stratégique parce que le populisme est une posture essentiellement défensive, sans autre projet que de protéger, défendre, réagir.

Ce choix du populisme est un problème et une erreur stratégique parce que le populisme est une posture essentiellement défensive, sans autre projet que de protéger, défendre, réagir. Aucune positivité là-dedans, aucun programme ambitieux et offensif. Au libéralisme globaliste de Macron on pouvait aisément opposer un patriotisme identitaire et européen, notamment en opposant Union Européenne et Europe-puissance, Merkel au groupe de Višegrad, Europe de la solidarité économique contre Union européenne de la froide austérité libérale. Je sais que des notes ont été poussées vers les conseils de Marine en ce sens. Je sais aussi qu’elles sont restées lettres mortes. Grosse faute. Je fais partie de ceux qui pensent que la dédiabolisation a marché, trop bien parfois même. Au point de faire apparaître le FN comme un parti banal, comme les autres. Mais ce qui n’a pas encore été mis en place c’est une verticalisation positive. Ce parti, pour être crédible doit fonder une image de professionnalisation irréprochable, un socle programmatique identifiable, serein, positif. Cela nécessite une discipline de fer, de la rigueur doctrinale, du pragmatisme révolutionnaire et une solide école de cadres. Cela nécessite aussi et surtout de réviser la notion de parti elle-même. Le FN est aujourd’hui géré comme une PME familiale, une agence de communication parisienne. Cela peut sûrement fonctionner un temps, mais cela ne permet absolument pas le dimensionnement nécessaire à la victoire finale. Car la question de la compétence est continuellement posée par le corps électoral. Comment comprendre la victoire de Macron sinon. Je ne dis pas qu’il est compétent, je souligne qu’il a tout fait pour apparaître comme le plus compétent. Et il y a réussi. Une leçon que le Front National devrait longuement méditer. Bonne journée  !

 

 

 

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