Le peuple ne doit pas capituler face à sa capitale qui l’a abandonné…

Le peuple ne doit pas capituler face à sa capitale qui l’a abandonné…

Paris Vox (Tribune) – Nombreux sont les observateurs qui se félicitent de voir le Front National sous la barre des 5 % à Paris. Notons que si de grands doutes pèsent sur Marine Le Pen, combien de certitudes pèsent sur Emmanuel Macron qui devraient être d’emblée éliminatoires …


Le résultat de dimanche pourtant est à bien des égards problématiques, et cela bien au delà de tout point de vue partisan.

On est en effet en droit de se demander si Paris ne serait pas devenu la capitale d’un pays qui ne lui ressemble plus… Divers auteurs mettent en évidence le fossé béant qui se creuse de mois en mois entre Paris et sa province (lire notamment les travaux de Christophe Guilluy ou Jean-Claude Michéa). Le fossé est aujourd’hui plus grand que jamais.

Paris est la vitrine de la mondialisation / globalisation.

Pour l’essentiel, les parisiens sont les enfants d’une mondialisation heureuse, celle des gens qui ont un fort pouvoir d’achat et qui se sentent autant parisiens que New-Yorkais ou Londoniens. Leur domicile ressemble plus à un hall d’aéroport aseptisé et partout identique qu’à un domicile ancré dans un lieu et une histoire, avec tout le poids du labeur que cela inspire.

Hors de Paris, le peuple français ne perçoit pas cette mondialisation de la même façon et la rejette massivement. Le vote inédit en faveur de Marine Le Pen, et dans une certaine mesure de Jean Luc Mélenchon, sont autant de signes que la machine de la « mondialisation libérale heureuse » ne fonctionne plus.

Les classes moyennes et populaires sont exclues de Paris, (le prix du mètre carré s’élève presque à 10 000 €). Le vote provincial est un vote de révolte et de remise en cause du système qui laisse bien trop de gens sur le bas côté.

Le vote parisien est un vote de personnes soucieuses de trouver un magasin ouvert le dimanche et des loisirs culturels « sympas et ouverts sur le monde ». Les préoccupations des habitants des seizième et onzième arrondissements sont sensiblement les mêmes, il y a un consensus dans un mode de vie de simple consommateur, d’hédoniste égoïste et individualiste. Bien qu’ils s’en défendent, ils pensent et vivent comme tous les privilégiés du monde, pour l’essentiel, seule une pincée de pensée morale les sépare, une pincée qui doit s’évanouir rapidement face à l’épouvantail bleu Marine…

Pour la bonne conscience, Paris maintient un semblant de mixité grâce à ses logements sociaux. C’est d’ailleurs dans des quartiers qui en détiennent le plus que Jean Luc Mélenchon réalise les meilleurs scores. L’absence du vote patriote dans ses arrondissements est bien souvent la résultante d’un rapport de force ethnique ou religieux défavorable au Front National. Ainsi, le vingtième arrondissement votait massivement Front National dans les années 80 mais les habitants poussés aux périphéries ne sont plus là pour exprimer ce vote. Ils ont été remplacés par des immigrés et fils d’immigrés…

Ainsi, le vote pour Emmanuel Macron et François Fillon pourrait être perçu comme un nouvel assassinat des communards, du peuple de Paris.

En 1871, la capitale de la France, sous l’impulsion du peuple, déclarait son autonomie pendant la Commune de Paris. Les parisiens reprochaient aux élites de l’avoir abandonné face à l’ennemi prussien et aux élites corrompues.

En 2017,  Paris renie cette mémoire, elle l’inverse même, en délaissant son peuple au profit d’une élite jouisseuse et oligarchique.

Les élites artistiques, médiatiques, politiques, financières et  même religieuses s’érigent en « sachants » face à un peuple au mieux ignare au pire raciste. Mépris de classe et solidarité de parvenus.

Pour ces élites, ce que vit le peuple n’est qu’une pure abstraction, leur rapport au réel est vicié car leur « sphère de réalité », leur environnement, est une bulle confortable et protégée, une sorte de monde parallèle en somme.

Par crainte d’être encore plus déconsidéré, le peuple suit encore plus ou moins sagement les consignes venus d’en haut, mais jusqu’à quand ?

Aujourd’hui, Paris semble faire sécession, se couper du reste de la France, de la France éternelle, la France charnelle. Paris est devenue un gigantesque ambassade du « monde d’après », celui d’élites oligarchiques régnant sur un peuple atomisé, déculturé, et peu à peu remplacé…

Et si le peuple redevenait le maître qu’il peut être et qu’il devrait incarner ? S’il cessait d’acquiescer aux injonctions venues d’une hyper-classe qui le méprise  ? C’est tout l’enjeu des quinze prochains jours, redevenir maître, au moins un temps de son destin, non pas dans un optimisme béat mais dans une dignité retrouvée, par volonté aussi de recadrer des élites dévoyées. L’adage populaire dit que les plats ne passent pas deux fois et qu’il faut battre le fer quand il est chaud, suivons cet instinct. Un chance historique est offerte dimanche prochain d’un véritable changement, d’un pied-de-nez au « système ». Le peuple vaut mieux qu’une résignation béate à « faire barrage », les français ne sont pas une lignée de castors !

Jean Ernice

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