Le cauchemar européen …

Le cauchemar européen …

Paris Vox a le plaisir de proposer à ses lecteurs une sélection des retranscriptions écrites des chroniques d’Arnaud de Robert, diffusées quotidiennement dans la matinale de Radio Libertés.


Il  ne faut jamais, jamais écouter une radio nationale publique le dimanche. J’ai eu le grand tort hier après-midi de me laisser aller à allumer ma chaine branchée sur la fréquence de France Culture. Oh n’y voyez aucun snobisme de ma part, je ne savais même pas que j’étais dessus, je voulais juste attraper un bulletin d’information. Au lieu de cela, je tombe sur une émission semble-t-il d’analyse politique, donc bien orientée gauche bobo comme il sied à une radio de propagande d’Etat. Et de quoi y parlait-on ? De la candidature officielle à la chancellerie allemande de Martin Schulz, validée par la SPD ce week-end. L’ancien président du parlement européen est en effet devenu ce dimanche le challenger officiel d’Angela Merkel en même temps que le patron du plus vieux parti politique d’Europe. Jusque-là, rien d’étonnant, le candidat Schulz est sur les rails depuis son retour en Allemagne en janvier dernier. Non ce qui m’a fait bondir était l’unanimisme de plateau des intervenants, français et allemands, qui rêvaient tout simplement d’un couple franco-allemand de haute volée Schulz-Macron pour relancer le projet européen. L’espace de quelques secondes, la vision de cauchemar m’a fait vaciller.

En clair, ils sont ouverts aux banquiers, au libéralisme et à l’immigration

Imaginez cinq minutes Papa Schulz l’ancien alcoolo, accusé de clientélisme et de fraudes diverses au parlement européen (dont une pour emploi d’assistants parlementaires à des fins privées dont on entend peu parler …), le grand artisan de l’accord parlementaire gauche-droite au parlement européen qui a tué toute forme de débat avec le jeune et sémillant Macron, le magicien de l’ère du vide. Un binôme de chambres à air en guise de tandem censé guider l’Europe. On comprend les sarcasmes des polonais ou des hongrois. Pourtant à France Culture l’idée à un effet euphorisant : ils sont le gage d’un nouvel avenir, plus ouvert, plus respectueux du projet de l’Union … En clair, ils sont ouverts aux banquiers, au libéralisme et à l’immigration. C’est beau ces trémolos dans la voix des intervenants de France-Culbute, on en oublierait presque que ce sont nos impôts qui les payent à faire leurs prédictions ces guignols.

Et pour justifier toute la bien-pensance de cette idée d’un nouveau couple franco-allemand mythique, le présentateur nous rassure tout de suite, il s’agit de lutter contre la fermeture des frontières, le repli sur soi, le populisme, le racisme. Tous ces alibis annonés par les médias aux ordres pour justifier le maintien du modèle politico-économique oligarchique obligatoire. Grace à Macron et Schulz on va gagner contre les méchants et instaurer à jamais le règne du marché mondial, du libre-échange. Ne cherchez pas le paradis, pour nos amis de France Inculture c’est ça. Vous allez me dire, cela ne marche plus, les mots sont usés jusqu’à la corde. Eh bien moi je dis que cela marche encore et les élections en Hollande le prouvent. Le relatif échec de Wilders est directement issu de la peur des masses populaires bataves de passer pour d’affreux nazis. Même Erdogan a dit qu’ils l’étaient les pauvres. Non, croyez-moi, le soleil radieux de l’espoir européen comme le martelait le présentateur de France Sépulture c’est le couple Macron-Schulz. Avec eux on sort définitivement de l’ornière ! En fait, ces non campagnes électorales (qui se termine en France et qui commence en Allemagne) peuvent se résumer à la récitation de Mantra simples : Macron président – Schulz premier ministre. Passablement fatigué par ce que j’écoutais, j’ai quand même persévéré quelques minutes histoire d’attraper le programme électoral dudit Schulz. Peine perdue car, comme Macron, il n’en a pas besoin. C’est vrai « qu’on s’en fout des programmes » comme dit Macron. De toute façon, leur programme on le connait. Cela fait trente ans qu’on le subit. Avec des dimanches comme ça, je sens que la semaine risque d’être longue. Allez, bonne journée !

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