Auberge espagnole…

Auberge espagnole…

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui, notre chroniqueur se penche sur le cas de cette « grande réussite de l’Union Européenne » que serait le programme « Erasmus »…


La phrase idiote du moment est à attribuer sans conteste à Sandro Gozi, golden Boy pressé, progressiste de synthèse et surtout secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Ce sémillant ersatz transalpin de Macron est en effet intervenu hier à Paris lors de la cérémonie marquant le trentième anniversaire du programme européen d’éducation, le fameux Erasmus. Il faut dire que le sieur Gozi est un des premiers bénéficiaires d’Erasmus, un pionnier du programme, ayant passé une année en Sorbonne en 1989. Il vient également cette année de commettre un ouvrage intitulé « Génération Erasmus » chez Plomb. Ce membre fondateur du Parti Démocrate italien, sorte de compromis de gauche molle du capital est un ardent défenseur de l’idée « démocratique » européenne sauce Barroso et Juncker, entendez par là une Europe technocratico-progressite. Tout ce que l’on aime … Et alors hier ? Qu’a-t-il dit au juste ? Rien qu’une énormité de plus, mais une belle comme seuls les tenants de l’oligarchie sont capables d’en pondre. Je cite : « Erasmus est le plus formidable antidote contre le populisme ». Ah ça c’est envoyé ! !

Une belle phrase, avec les trémolos de circonstance, déclamée avec emphase à l’Odéon dont le second nom est désormais « théâtre de l’Europe ».

Trop cher mais aussi très couteux pour les pays d’accueils et surtout peu qualifiant au final

On verse une petite larme d’émotion et surtout on se marre. Considéré, aux dires même des technocrates bruxellois comme l’une des trop rares grandes réussites de l’Union Européenne, le programme Erasmus a péniblement brassé deux millions d’étudiants européens en trente années d’existence. Moins de 3 % des étudiants français en ont bénéficié, trop cher et les aides ne couvrent que 40 % des dépenses. Même avec l’aide du Film « l’Auberge Espagnole » de 2002 mettant en scène Romain Durhis, étudiant français en Erasmus à Barcelone, le programme n’a jamais vraiment décollé. Trop cher mais aussi très couteux pour les pays d’accueils et surtout peu qualifiant au final. Hormis quelques pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie, la plupart des pays hôtes dispensent des cours en anglais. Objectif bien visé, formatage à l’Europe de Bruxelles. Cette usine à gaz qu’est Erasmus est finalement l’incarnation de cette  obsession de la mobilité qui habite les eurocrates. La mobilité contre le populisme, c’est ça le maitre-mot !

Intéressant de constater que l’ensemble de la machine oligarchique européenne mobilise la totalité de ses vecteurs contre le populisme

Intéressant de constater que l’ensemble de la machine oligarchique européenne mobilise la totalité de ses vecteurs contre le populisme. Un brin de fébrilité les gars ? Une pointe d’inquiétude Bruxelles ? Partout, on lève des remèdes contre le populisme. La culture, la musique, le syndicalisme, l’école, l’entreprise, la télé … tout et tous sont appelés à lutter contre le populisme. Plus de programme politique, pas d’idée et encore moins de projets pour le futur, seule compte la lutte contre le populisme. Voilà la meilleure manifestation d’un système qui perd progressivement pied. Et maintenant Erasmus ! Comme si une année de beuveries étudiantes allait modifier le vote de jeunes européens déjà très enclins selon les sondages à verser dans le populisme. Ce n’est pas parce que l’on passe un an à Dublin ou Stuttgart que l’on oublie la violence migratoire, l’insécurité, l’impéritie des dirigeants, l’omniprésence du chômage. Contrairement à ce que croient les eurocrates de Bruxelles, les jeunes européens ont déjà fait l’Europe. Oui mais dans les urnes et pas l’Europe de Bruxelles mais celle des Nations. Partout, la jeunesse embrasse les idées nationales et rêve d’une Europe forte. Alors que monsieur Gozi veuille bien garder son antidote Erasmus. Moi je préfère la devise que s’était choisi le grand Erasme « Nulli Concedo » : Sans concession. Bonne journée !