Paris dans la littérature

Paris dans la littérature

Paris Vox – En partenariat avec la revue littéraire non conforme Livr’arbitres, retrouvez désormais régulièrement sur Paris Vox une sélection d’extraits de textes littéraires évoquant Paris et l’Ile de France, leur histoire, leurs habitants, leurs rues et leurs monuments…. Aujourd’hui, Jean-Michel Adventus et Martin Page.


 

Jean-Michel Adventus, L.D.T. (leçons de ténèbres pour le repos des petites souris), 2001  : Ceux qui fréquentent ces communautés ont aussi l’occasion d’entendre Eddy Mitchell, le bi-natif de Nashville et de Belleville, chanter les couplets autobiographiques de « La Dernière Séance », une chanson d’autrefois  : « J’allais rue des Solitaires, A l’école de mon quartier / A cinq heure j’étais sorti, Mon père venait me chercher. » La rue des Solitaires, entre la rue de Belleville et la rue de Crimée, conduisait au parc des Buttes-Chaumont, à deux pas. En remontant, elle débouchait sur la place des Fêtes, qui était encore un village. Heureusement veillaient les agents d’une bienheureuse modernité, avec eau chaude, ascenseur, poubelle intérieure, bidet et cafards à tous les étages. Le village une fois entièrement abattu, les architectes du Pouvoir purent une fois de plus vérifier leur étonnante aptitude à bâtir des courants d’air entre des tours et des barres urbaines.

 

Martin Page, On s’habitue aux fins du monde, 2005  : Lors de sa première balade rue Montorgueil, Elias fut émerveillé  par ce Disneyland pour trentenaires blancs et riches  ; la voie piétonne, ses charcuteries et boulangeries de luxe, son ambiance de marché chic. Malgré la proximité du Forum des Halles, la rue était épargnée par l’insécurité. Pour bien observer les coutumes de son nouveau pays, Elias avait pris ses habitudes au Rocher de Cancale et à l’Escargot.

Selon la stratégie qu’il avait imaginée, la respectabilité et le calme du quartier devaient les convertir à une existence paisible. Les additions exorbitantes des restaurants leur achèteraient la sécurité. Comme s’il payait une milice, il versait son octroi en achetant ses croissants chez Sthorer.

L’appartement avait été un facteur de stabilité pour Clarisse. Il y avait quelque chose du blockhaus dans l’immeuble, et coffre-fort dans leur appartement  : murs épais, gardien, digicode, caméras, portes blindées… Il ne pouvait rien leur arriver dans un tel endroit.

 

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Une fin du monde sans importance