Paris dans la littérature

Paris dans la littérature

Paris Vox – En partenariat avec la revue littéraire non conforme Livr’arbitres, retrouvez désormais régulièrement sur Paris Vox une sélection d’extraits de textes littéraires évoquant Paris et l’Ile de France, leur histoire, leurs habitants, leurs rues et leurs monuments…. Aujourd’hui, Ernst Jünger  et Jean-Marie Rouart.


 

Ernst Jünger, Premier journal parisien, 1980  : Paris 2 août 1942

L’après-midi au Père-Lachaise. En pleine ville, et tout près des quartiers surpeuplés qui entourent la Bastille, on peut faire ici l’une des plus paisibles promenades qui soient. Suivant, entre les tombes, l’un des chemins envahis de mousse, je suis tombé, dans l’ombre des frênes et des acacias, sur un obélisque élevé à la mémoire du grand entomologiste Latreille. Au-dessus de l’inscription, un scarabée était gravé dans la pierre, et au-dessous, un ver à soie. Le scarabée élevait sa boule comme un disque solaire. J’ai déposé une fleur sur cette tombe, et comme je la cueillais, tomba de son calice dans ma main, pour ma récompense, un petit charançon qui manquait encore à ma collection.

Un vieux cimetière comme celui-ci ressemble à une carrière dont les richesses en variété de pierre et en blocs isolés sont l’apport d’un grand nombre de générations. A l’aspect de maintes espèces de granit et de porphyre, l’idée m’est venue que le polissage est au monde minéral ce qu’est aux plantes la floraison, ou aux animaux la parure nuptiale. Il indique le point  où la splendeur et l’ordre profondément cachés dans la matière deviennent visibles à nos yeux. Et à l’inverse, la forme cristallisée s’épanouit dans les fleurs.

 

Jean-Marie Rouart, Les Feux du pouvoir, 1977  : Quel pire piège qu’une ville bâtie avec des rêves et dont on attend tout  ? Paris offrait la séduction trompeuse de l’été indien. En ce début de septembre, il se dégageait une atmosphère d’insouciance orientale  ; des foules grouillantes remontaient les grands boulevards dans un air tiède qui sentait le ticket de métro  ; des marchands de cravate créaient en quelques minutes un barrage naturel dans le flot continu des trottoirs. Il faisait doux, les soirées étaient légèrement fraîches.

 

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