Tous candidats ! !

Tous candidats ! !

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui : autopsie de l’élection présidentielle et de sa pléthore de candidats. 


 

Taratataaaaa ! Ils sont donc 27. 27 candidats à la présidentielle. Enfin pour le moment car tout le monde ne s’est pas encore déclaré et le plus beau voire le pire reste encore à venir … Suivez mon regard qui vole vers l’Elysée où un petit bonhomme tout nul risque d’avoir la bonne idée de relancer les dés. 27 donc, à l’heure où je vous parle. 12 à droite et au Centre plus la candidate du FN et 14 à gauche et à l’extrême-gauche.

Pas sûr pourtant que le citoyen français gagne quoi que ce soit dans cette offre pléthorique. Certes, il y aura de l’essorage par les élections internes, les parrainages et les plafonds de verre financiers. Mais cette véritable ruée vers la fonction  « suprême » mérite tout de même quelques développements. D’abord, premier constat, pratiquement aucune nouvelle tête, les habitués de la course en sac vers l’Elysée sont là, certains depuis trop longtemps déjà. Enfin, pas de surprise, ils ont tous une ambition, un destin et y pensent certainement tous les jours en se rasant ou en se lavant les dents.

Faisant fi du réel, nos poulains sur le retour tentent leur habituel pari de l’amnésie collective et se présentent tels des nouveau-nés à la face des français. Enorme ! Tout simplement énorme. Pratiquement les 9/10e d’entre eux ont déjà occupé des fonctions ministérielles. Ce sont tous des élus à choix multiples dont la profession, la seule réellement pratiquée est l’art de ne pas disparaitre politiquement. Au prix de tous les renoncements, de tous les retournements d’ailleurs.

Ils nous font croire qu’ils ont changé, qu’on ne les reprendra plus, c’est sûr, que maintenant ils voient clair …

Ahhh ils ont fait retraite, c’est sûr ! Ils méditent, se mêlent aux français comme ose l’affirmer Montebourg, écrivent des livres-programmes qui se vendent à 20 exemplaires pour les plus chanceux. Ils nous font croire qu’ils ont changé, qu’on ne les reprendra plus, c’est sûr, que maintenant ils voient clair … Foutaise ! Avec un peu de hauteur, cette distance active dont je parlais hier, on a vite perçu les limites de ce jeu. Ecuries oligarchiques, concurrentes pour un pouvoir sans puissance. Petits destins mais grands égos.

A vrai dire tout cela devient lassant. La seule vraie question est : qui va payer au final et lequel de ces fondés de pouvoir du Capital va emporter le strapontin à velours rouge.  Il reste bien Mélenchon ou Marine Le Pen. Si le premier semble bien parti avec une campagne structurée et des lignes claires, ce n’est pas le cas pour la seconde dont les silences et la communication ad minima laisse un peu dubitatif. Mais je peux me tromper car bien malin qui à notre époque peut prédire l’avenir à plus de trois mois.

Bien malin qui à notre époque peut prédire l’avenir à plus de trois mois.

Enfin, ce dont on peut être sûr, c’est que cette élection ne va rien changer ou presque. Malgré d’ailleurs quelques bonnes propositions de certains qui comme toutes les bonnes propositions finissent à la poubelle. Rien, non, rien car l’essentiel n’est pas là. L’essentiel se joue à la City, à Pékin et Ryad, à Wall Street. La résident puissance et pouvoir autours desquels les autres tournent comme des satellites. Il n’y à qu’a voir la généralisation des primaires, mode de désignation directement importé des États-Unis. Il n’y à qu’à voir le quinquennat, copie des quatre années de mandat du président américain. Puissance moyenne, gouvernement moyen pour résultats plus que moyens, le tout sous la houlette de Bruxelles, Soros, Goldman-Sachs et Amazon ? Tout cela sent la platitude, le déjà-vu et l’ennui. C’est pour cela que ce matin j’ai eu une idée pas si saugrenue qu’elle puisse paraitre au premier chef. Il faudrait pour égayer un peu cette précampagne et la longue année électorale qui va suivre, il faudrait un gros coup. Et ce pourrait être le suivant : Mon idée étant que tous ces gens sont des incapables, ou finalement pas plus capables que beaucoup, il serait très intéressant que des milliers de gens, vous, moi, nos compatriotes se présentent à la présidentielle. J’y vois au moins trois effets bénéfiques. D’abord, au milieu de milliers voire de dizaines de milliers de candidatures nos chers politiques devraient trouver la ressource pour se distinguer et donc se mettre au travail. Ensuite, il est permis de penser que dans cette masse de candidature un certains nombres de profils nouveaux pourraient émerger et renouveler la classe politique sclérosée et endogamique et enfin et non des moindres, on pourrait effleurer avec délice l’idée qu’avec un tel nombre de candidats le système aboutirait à un gros bug institutionnel.

Je sais, je sais vous riez, l’affaire n’est pas sérieuse. Mais réfléchissez-y  cinq minutes et vous verrez qu’il y a là-dedans matière à bien secouer le cocotier du petit monde politique. Alors, levez-vous et en masse déclarez-vous ! Faites-le même pour plaisanter, au moins on rira un peu et c’est déjà ça. Allez bonne campagne !