Les joies de la Spartan Race

Les joies de la Spartan Race

Paris Vox (Tribune) – Quelle drôle d’idée que d’aller jouer dans la boue quand on est un adulte normalement constitué. C’est pourtant ce que nous avons décidé de faire avec quelques amis motivés par la question de savoir si oui ou non nous étions encore capables de produire quelques heures d’efforts physiques plus ou moins intenses.


C’est pour cette raison que nous nous sommes inscrits à la « Spartan Race » qui eut lieu les 4 et 5 juin à la base de Jablines-Annet sise en Seine-et-Marne. Cette course se décline en 3 formats différents. La « sprint » de plus de 5 kilomètres et plus de 15 obstacles, la « super » de plus de 13 kilomètres et plus de 20 obstacles et la « beast » de plus de 20 kilomètres et plus de 25 obstacles. Il s’agit donc de « courir », si tant est que cela soit possible, dans des côtes raides et boueuses et de passer des obstacles allant de la palissade par-dessus laquelle on doit se hisser jusqu’aux échelles horizontales en passant par le lancer de javelot dans un mannequin en paille. Chaque échec à un obstacle est sanctionné par l’obligation de faire 30 « burpees » qui consistent (pour nos lecteurs les moins au fait des dernières méthodes d’auto-tortures) dans le fait d’enchaîner sans arrêt une flexion des jambes ou squat, un passage en appuis manuels bras et jambes tendus, puis un regroupé du corps, jambes fléchies, et un saut vertical.

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Arrivés le matin sous la pluie, certains d’entre nous nourrissaient le vague espoir que les pluies diluviennes et les inondations quasi-bibliques de ces dernières semaines engendreraient l’annulation de la course à obstacles. Il n’en fut (mal)heureusement rien.
Regardant autour de nous, nous fûmes impressionnés par le nombre de participants, presque 8000, et par leur physique. La plupart des gens prêts à payer 80 euros pour s’inscrire à ce genre de de divertissement semblent prendre l’exercice tout à fait au sérieux. Nous fûmes toutefois rassérénés par la vue de quelques « gros » vraisemblablement trainés là contre leur gré par une équipe d’entreprise, jeune, enthousiaste et a priori facétieuse.
Toujours est-il que l’organisation est extrêmement professionnelle et qu’aucune fausse note ne fut à déplorer au cours des 3 heures qui nous furent nécessaires pour boucler le parcours de la « super ».

Accessoirement, la bière est vraiment meilleure quand on se convainc qu’on l’a méritée.

Si on ne peut que regretter l’abâtardissement de l’image des spartiates suite au calamiteux film « 300 » de Zack Snyder et autour de laquelle tout le marketing de l’évènement s’articule, et si toute l’affaire peut facilement prendre une dimension totalement narcissique, en particulier vu la formidable qualité des photos prises lors de la course qui sont ensuite vendues à prix d’or aux participants fourbus, l’ambiance y était particulièrement bonne. Les gens s’entraident pour passer les obstacles les plus difficiles, tout le monde souffre mais tout le monde s’amuse et on ne regrette pas son après-midi. Accessoirement, la bière est vraiment meilleure quand on se convainc qu’on l’a méritée.

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Après tout, il n’y a presque pas de mal à retomber en enfance quelques heures par an et à retrouver les joies que procure le fait de salir ses vêtements dans la boue tout en se faisant peur à peu de frais.
C’est pour cela, que nous nous réinscrirons l’année prochaine.

Kléber Chinaski

Plus d’infos : http://spartanrace.fr/

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