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Les « Coupes d’Afrique des Nations des quartiers » se multiplient

Les « Coupes d’Afrique des Nations des quartiers » se multiplient

Paris Vox – La prolifération des « Coupes d’Afrique des Nations » des quartiers pose question, repli identitaire ou activité sportive saine ?

Lorsque l’on pense football à Paris, on pense souvent au Paris Saint-Germain ou au Paris FC. D’autres pensent vivier de footballeurs, certains avançant en effet que l’Ile-de-France est dorénavant la région au monde qui produit le plus de footballeurs professionnels, en concurrence avec celle de São Paulo.

Pourtant, il n’est là ni question de footballeurs professionnels ni même de formation. Dans la région, la prolifération des « Coupes d’Afrique des Nations » de quartiers se multiplient. La coupe d’Afrique de la Goutte d’Or vient de se terminer. Cette dernière réunissait une vingtaine d’équipes dont une « équipe de France » invitée au tournoi.

Comme souvent avec ce type d’initiatives, les médias s’enthousiasment de façon unanime. C’est le cas par exemple de RFI qui présente la compétition.

Football: la CAN du XVIIIe arrondissement de Paris • RFI
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En même temps que se jouait l’Euro de football se disputait aussi la CAN. Pas la vraie Coupe d’Afrique des Nations évidemment, dont l’édition 2021 au Cameroun est reportée au début de l’année prochaine en raison de la pandémie, mais une autre, dans le quartier de la Goutte d’or à Paris.

La tenue de ce type d’évènements soulèvent pourtant plusieurs questions. Cet évènement présenté dans les médias comme un modèle de vivre-ensemble ressemble plutôt à un repli communautaire. Si certains tournois reçoivent en leur sein des équipes de France, d’autres n’en reçoivent aucune arguant que le pays le plus représenté est la France, car l’ensemble des participants aux équipes africaines ont la binationalité. Par ailleurs, l’affrontement inter-pays se transforme parfois en bataille rangée entre bandes rivales de quartiers. On a pu vu voir récemment à Tours des scènes de saccages et de violences à l’occasion de la finale Guinée – Afrique du Sud. Cette rixe aura causé plusieurs blessures d’importances entre les protagonistes et les dégâts sont estimés entre 20 et 30 000 euros.

La tenue de plus en plus fréquente de ce type d’évènements, en dehors de toutes structures officielle, démontre une communautarisation accrue du pays ainsi le rejet des associations sportives traditionnelles. Le développement du football de rue coïncide avec une chute historique du nombre de licenciés par la Fédération Français de Football.