Pandémie, crise économique : Paris se réinvente

Pandémie, crise économique : Paris se réinvente

Paris Vox – C’est un fait. L’impact de la crise sanitaire sur l’économie mondiale est désormais indéniable. Après deux périodes de confinement, la fermeture des frontières, des bars, cafés, restaurants et de tous les lieux de divertissement, les modes de consommation à travers le monde ont foncièrement évolué.

Dépouillée de ses attraits, la métropole parisienne doit aujourd’hui faire face à des transformations sans précédents. Avec une chute de presque 15 % du PIB national, le berceau de l’économie française, caractérisé par un secteur tertiaire en perpétuelle expansion, a dû, au cours de ces derniers mois, se réinventer chaque jour pour donner un semblant de vie à ses quartiers fantômes. Et si les domaines emblématiques du tourisme et de l’industrie du luxe en ont pris un coup, certains secteurs ont tout de même réussi, au fil des mois, à tirer leur épingle du jeu.

Les domaines de la santé et de l’industrie pharmaceutique 

Au vu de l’explosion des besoins en termes de matériel médical, c’est sans surprise que les principaux acteurs de la santé ont profité, à juste titre, de la pandémie. Sanofi, leader français de l’industrie pharmaceutique dont le siège social se situe rue de la Boétie dans le VIIème arrondissement de Paris, déjà classé au cinquième rang mondial des laboratoires, constate une hausse de près de 7 % de son chiffre d’affaire sur l’année. Et pour cause : avec ses entreprises situées à Lisieux dans le Calvados et à Compiègne dans l’Oise, il est le principal fabricant de Doliprane, l’antalgique le plus vendu à travers le monde. Fortement recommandé par les médecins pour lutter contre la fièvre engendrée par le coronavirus, ses ventes ont augmenté de près de 20 % cette année. Une croissance fulgurante, qui, de par le contexte actuel, devrait s’inscrire dans la durée. En parallèle, la télémédecine et les consultations à distance se sont fortement popularisées, profitant à la fois aux domaines de la santé et de la communication.

Le commerce en ligne et les services de livraison

Si le commerce en ligne avait déjà le vent en poupe, la pandémie de coronavirus aura été un véritable coup de fouet pour les ventes sur internet qui ont connu une hausse de 200 % cette année. Contraints de rester chez eux, les français ont davantage fait appel aux services de commande et de livraison à domicile, au profit, dans un premier temps, des grandes enseignes de l’industrie agro-alimentaire. Boostées par le drive et des volumes de courses plus importants, ces dernières bénéficient d’une croissance historique, en témoigne le patron du groupe Leclerc, dont les ventes ont bondi de plus de 50 %.

On constate également, à travers la France, une diversification massive des services de livraison, qui aura permis le maintien, tout au long de l’année, des réseaux de circuits courts et des dynamiques locales. Dans le but de venir en aide aux commerçants parisiens, une carte interactive a notamment été mise à disposition sur Internet afin de mettre en lumière les entreprises proposant un service de livraison en période de confinement. Une belle initiative pour inciter le plus grand nombre à soutenir les petits commerces de proximité.

Les nouvelles technologies et la communication

Le monde du travail a profondément été impacté par les restrictions liées à la crise sanitaire, et ce quel qu’en soit le domaine. Un sommet organisé par l’Organisation Internationale du Travail s’est notamment tenu cet été dans le but de mettre en lumière les différents impacts de la COVID-19 sur le monde du travail et les éventuelles perspectives d’avenir.

Pour l’heure, on parle d’une véritable ébullition du travail à distance et ce, probablement pour le long terme. Ainsi, les secteurs liés aux technologies de la communication ont fait un véritable bond cette année. Les entreprises, contraintes d’imposer à leurs salariés de rester à domicile ont, de fait, eu recours à de nombreuses applications et services de télétravail qui ont vu leur nombre d’usagers grimper en flèche. Avec un chiffre d’affaire trois fois supérieur à celui de l’année précédente, pour Sarbacane, l’entreprise française qui propose tout un éventail d’outils de communication à distance, les résultats sont sans appel. Sans parler de Zoom, son homologue américain, dont le chiffre d’affaire a connu une hausse vertigineuse de 367 % au cours des derniers mois.

De par ses nombreux sièges sociaux et une grande majorité de sociétés de services aux entreprises, l’activité locale au cœur de Paris a finalement pu être maintenu : un véritable atout pour la ville Lumière qui a su rester attractive dans un contexte mondial des plus mitigés.