Le naufrage du cinéma de propagande

Le naufrage du cinéma de propagande

Paris Vox (Tribune) – « On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments » disait André Gide. Cet adage peut tout autant s’appliquer au cinéma, où les dernières productions avalisées par la bien-pensance et le politiquement correct de l’époque sombrent lamentablement les unes après les autres.

Sale temps pour les tâcherons du cinéma grassement subventionné par les aides publiques et autres avances sur recettes du CNC. En effet, les films de propagande immigrationniste ou «  vivre-ensembliste  » ne font plus recette. Les fours s’accumulent et les pensums dégoulinant de «  tolérance  » et de célébration de «  l’Autre  » sont projetés devant des salles totalement vides, sans que le Covid 19 n’y soit pour quoi que soit ! Le ressort est cassé, la mystification ethno-masochiste ne semble plus fonctionner malgré la promotion intensive toujours fidèlement assurée par les gros médias…

De « Police  » à « Sous les étoiles de Paris  » , pour prendre deux exemples parmi tant d’autres, le spectateur n’est plus au rendez-vous, il déserte la convocation aux séances d’auto-dénigrement et de célébration multiculturelle. Il est littéralement gavé, écoeuré, son estomac ne peut plus supporter l’ingestion de cette épaisse guimauve, mélange de bons sentiments, d’inversion accusatoire et de falsification du réel.

Dans le premier opus cité, on voulait le faire pleurer sur le sort d’un migrant reconduit à la frontière et vanter la «  désobéissance positive  » au nom de l’amour universel, dans le second, il fallait s’esbaudir devant le «  conte de fée  » d’une clocharde parisienne retrouvant «  le goût de vivre  » au contact d’un enfant migrant abandonné…

Marre de la moraline qui colle aux doigts comme un vieux chewing-gum trop longtemps mâché par la bouche sénile d’un post-soixanthuitard…

Mais ça ne marche plus. La distorsion entre le réel quotidiennement vécu par le français lambda est trop grande, trop frappante, elle saute tellement aux yeux du pékin moyen, régulièrement agressé, insulté, brocardé, plongé dans un chaos permanent, tondu et invité à être content, que le scandale du parti-pris éclate également dans toute sa hideuse crudité. Marre d’une réalité non seulement niée mais inversée, où les voyous deviennent immanquablement des victimes et leurs victimes de sordides exploiteurs, où seuls les membres d’une quelconque minorité souffrent et où la vie des «  de souche  » apparaît toujours simple et aisée. Marre du prêchi-prêcha sur le nécessaire «  accueil  » à l’heure des décapitations en pleine rue, marre des sermons sur «  l’enrichissement culturel  » à l’heure où les établissements scolaires sont devenus des zones de guerre ou des points de deal, marre de la repentance et de la mauvaise conscience à l’heure où des milliards d’euros d’impôts sont dépensés pour ceux-là même qui ont transformé la vie quotidienne en un cauchemar permanent… Marre de la moraline qui colle aux doigts comme un vieux chewin-gum trop longtemps mâché par la bouche sénile d’un post-soixanthuitard…

Même la critique la plus pesamment conformiste, celle de Libération par exemple, commence à peiner à défendre ces pellicules lourdingues et convenues, ces tracts mal rédigés pour MJC gauchistes, ces «  oeuvres  » poussives et boiteuses devenues tellement caricaturales qu’elles sombrent dans le comique involontaire.

Le spectateur français ne veut plus payer dix euros pour se faire cracher à la gueule, il ne veut plus cautionner les exercices de psychothérapies de réalisateurs bobos xénophiles en mal de rédemption, il n’accepte plus que ses propres problèmes et difficultés ne soient jamais évoqués, son monde toujours dévalorisé et moqué, ses cris jamais entendus. Alors il se barre, il démissionne, il boycotte.

C’est tant mieux. Il était temps.

Xavier Eman