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Barbès – Stalingrad: un parcours sonore à 50 000 euros ?

Barbès – Stalingrad: un parcours sonore à 50 000 euros ?

Paris Vox – Jamais avare d’une fausse bonne idée, la Mairie de Paris envisage l’installation d’un « parcours sonore » entre Barbès et Stalingrad. Coût de la bagatelle: 50 000 euros !

C’est le conseiller d’arrondissement Bertil Fort qui alerte sur la volonté de la Mairie de créer un « parcours sonore » entre Barbès et Stalingrad. L’élu, ancienne tête de liste LR, s’interroge sur la pertinence de cette dépense et préférerait affecter cette somme à la sécurité du quartier.

Notre équipe s’est procurée le document soumis aux élus pour délibération. Le document présente un projet qui est proprement « lunaire » et semble éclipser totalement la réalité de cette zone criminogène.

Jugez plutôt:

« Les Fables du Calao » est porté par le collectif MU et accompagné par l’Institut des cultures d’islam (ICI). Il s’agit d’une proposition de parcours entre Barbès et l’ICI, le long de la promenade urbaine et dans le quartier de la Goutte d’or. Le dispositif artistique est une œuvre multidimensionnelle, poétique et grand public qui sera conçue par les artistes du Cercle Kapsiki, basé au Cameroun. Invités par l’ICI, les artistes seront accueillis en résidence à la Cité Internationale des Arts et au sein d’un atelier de la Villa Belleville. Il s’agit d’un parcours sonore disponible par application mobile (tel que le collectif MU en développe depuis une quinzaine d’années, notamment à la Goutte d’or) mais aussi par audioguide dans le cadre de visites guidées organisées par l’ICI. Il sera marqué dans l’espace public
par la représentation de calao, oiseau emblématique de l’Afrique de l’Ouest, en fibre de verre, peint de couleurs vives. Les dispositifs seront conçus (en hauteur) de manière à être préservés dans cet espace public très dense. De nombreux acteurs culturels, associations et commerçants locaux seront associés au projet afin de l’accompagner et participer à sa diffusion auprès des habitants tout au long de son installation et durant 2 ans dans l’espace public.
Le projet s’inscrit par ailleurs dans la saison Africa 2020 organisée par l’Institut Français et donc l’ICI est, avec le Théâtre de la Ville, l’un des deux « quartiers généraux » parisiens.

On remarquera avec ironie que la Mairie souhaite se prémunir d’éventuelles dégradations en plaçant en hauteur les œuvres et en accusant la densité de ce lieu d’être la cause de ce « risque »…