Davantage de morts d’ennui que du Covid-19 chez nos aînés ?

Davantage de morts d’ennui que du Covid-19 chez nos aînés ?

Paris Vox – (Tribune) Les plus âgés de nos concitoyens ont ils plus de chance de mourir d’ennui que du Covid 19 ? Quelles sont les limites au principe de précaution ?

Il ne fait pas bon avoir les cheveux gris actuellement. Le confinement a souvent rimé avec isolement pour nos aînés. Dans les EPHAD, les visites étaient bien souvent interdites. Le simple fait de saluer par la fenêtre un proche pouvait vous valoir une contravention

Certains établissements étaient ainsi devenus de sinistres mouroirs. Les corps sans vie attendaient d’être pris en charge par des services débordés. Si la télévision française s’est bien gardé d’en parler, leurs homologues belges ont été moins pudiques en réalisant des reportages montrant des situations révoltantes.

Lorsque le déconfinement a été annoncé, ce fut un soulagement pour tous. On allait enfin reprendre un train de vie assez classique, du moins c’est ce que l’on a cru… Pour nos anciens, cela était toutefois moins vrai. Ceux vivant en maison de retraite ont continué à avoir de nombreuses restrictions dans les visites.

On a posé une cloche sur les aînés face au Covid 19

Il faut également penser à l’ensemble de ces personnes qui n’ont aujourd’hui plus d’activités. Combien d’associations ont cessé leurs activités ou ne les ont pas encore repris ?

On peut penser aux associations de danse, de jeux de cartes ou de plateaux ou aux chorales. Nombreuses sont celles à ne pas encore avoir repris leurs activités au nom du fameux « principe de précaution.

Ce principe est louable mais l’isolement de nos aînés est de ce fait de plus en plus grand. Quel sens peut-on donner à une vie où les interactions sociales sont limitées au minimum, parfois réduites au seul moment où l’on fait ses courses ?

Les recommandations sanitaires incitant les enfants à ne plus embrasser leurs grands-parents sont psychologiquement désastreux. Les liens se distendent, quand ils existent encore, certains préférant au nom de la précaution ne plus faire rencontrer du tout bambins et vieillards.

A l’instar du port du masque, le « précautionnisme » qui règne aujourd’hui pose de vraies questions. Que vaut la vie sans ce qui en fait le sel et l’intérêt, sans le rapport aux autres ? Doit-on à tout prix rallonger la vie quitte à mourir d’ennui ?

Jean Ernice