Wakaze, le saké plus ou moins parisien…

Wakaze, le saké plus ou moins parisien…

Paris Vox – Dans une autre vie, j’ai goûté un saké qui est resté gravé dans ma mémoire comme étant le meilleur alcool que j’ai eu l’occasion de boire. C’était un soir tard à la Nouvelle-Orléans. Le précieux liquide avait fait le voyage dans un carton de lait et m’avait été offert par un japonais qui se présentait comme le petit fils d’un homme travaillant dans la plus vieille brasserie de saké du Japon. C’était aussi éloigné de la saleté offerte en fin de repas dans un faux jap’ que le vin blanc de table « La Villageoise » peut l’être d’un Corton-Charlemagne.

Allez savoir ce qui est la vérité et ce que mon cerveau a reconstitué après toute ces années… Toujours est-il que depuis, je teste régulièrement des sakés à la recherche de cette puissance florale si caractéristique et que je suis presque systématiquement déçu.

Donc quand j’ai vu sur Facebook une publicité pour un saké fabriqué en île de France par Wakaze (la brise du Japon en français) j’ai naturellement été curieux et j’ai commandé leur coffret découverte de trois bouteilles après quelques recherches pour vérifier que ce n’était pas une arnaque totale bien entendu. Et il semblerait que le saké de Wakaze soit réellement brassé en région parisienne avec du riz camarguais et de l’eau locale.

Après moult péripéties dues à l’impéritie totale et aberrante des employés de TNT/Fedex, une personne de chez Wakaze est venue en personne me remettre ma commande. [Précisons que quelques semaines plus tard, la commande originale est enfin arrivée, une des 3 bouteilles totalement explosée. J’ai proposé à Wakaze de la leur renvoyer, ce qu’ils ont refusé avec une grande générosité. Donc déjà, merci à eux pour ce grand professionnalisme.]

Parlons maintenant de la dégustation à proprement parler.

Le premier saké que j’ai goûté s’intitule «  la nuit porte conseil  », et sa capsule rouge semble destinée sans doute à rappeler le fait que ce saké est vieilli en fûts de chêne, utilisés auparavant pour du Bourgogne premier cru. A l’ouverture, on se demande s’il ne serait pas un peu bouchonné… On lui laisse donc le temps de respirer et on se rend compte que les tanins sont vraiment très puissants, et que le mélange avec le côté floral du saké donne ce nez un peu déplaisant. Après un peu d’attente, on en boit quelques gorgées, et, c’est officiel  : il n’est pas bouchonné. C’est une boisson très surprenante, à la jolie robe dorée et très douce. On sent que c’est un produit expérimental. C’est intéressant, c’est différent, ça change et c’est impossible à comparer à autre chose, mais on ne va pas se relever la nuit pour descendre la bouteille tout seul en loucedé. 14/20. 25,70 euros pour 75cl.

La deuxième bouteille, à la capsule verte, se nomme «  qui rit guérit  ». Celui-là est infusé aux citrons de Menton et à la verveine de Provence. On le sent tout de suite. Il est aussi d’une grande douceur, mais les agrumes prennent le pas sur les notes florales. Pour faire simple, c’est un genre de très bon limoncello en moins agressif. Et ça se boit très facilement. Le genre de truc où on arrive au troisième verre sans s’en rendre compte. Bref, ce n’est pas ce que je cherchais, mais c’était quand même une excellente surprise. 16/20. 22,30 euros pour 75cl.

Le troisième et dernier saké, à la capsule noire, a été baptisé «  c’est la vie  ». Et là on est vraiment dans du saké. Du très très bon saké. Il est totalement floral, pas trop sucré, avec une palette de goût pouvant rappeler le Lillet sans la sucrosité. Ce n’est pas le saké de ma jeunesse mais on s’en rapproche… Et là, le pari de Wakaze de créer un saké pouvant trouver sa place à la fois comme accompagnement d’un repas mais aussi comme apéro avec pourquoi pas un ou deux glaçons est totalement réussi. 18/20. 18,90 euros pour 75cl.

Alors oui, c’est assez cher, mais la qualité se paye et la fabrication française aussi. Il faut aussi noter que pour du saké, ce n’est justement pas si onéreux que ça. Bref, une très jolie découverte.