Michel Pastoureau en faveur de la déconsécration de Notre Dame

Michel Pastoureau en faveur de la déconsécration de Notre Dame

Paris Vox – Il y a un an, la France pleurait l’incendie tragique d’un de ces monuments les plus emblématiques : la cathédrale Notre Dame de Paris. Quelques jours après l’émotion légitime, la question des modalités de reconstruction se posait déjà : comment reconstruire ce joyau de l’architecture et de la spiritualité en France ? Fallait-il reproduire la cathédrale à l’identique ? Profiter de l’incendie pour moderniser l’édifice ? N’était-ce d’ailleurs pas le moment de redéfinir l’utilité de l’édifice ?

Depuis ce jour fatidique, des personnalités diverses et variées ont exprimé leur avis. Certains, comme Philippe Villeneuve, l’architecte en chef des monuments historiques, plaident pour une reconstruction à l’identique (il avait d’ailleurs été sèchement – et vulgairement –  recadré pour ses propos par le Générale Georgelin, nommé par Emmanuel Macron à la tête de l’organisme en charge de la rénovation de Notre Dame). D’autres, à l’instar de Michel Pastoureau, un des plus grands historiens médiévistes français, proposent de transformer radicalement la cathédrale au cœur de Paris. 

Ce dernier a signé une tribune en début de semaine dans La Croix dans laquelle il expose son avis sur la question. Il part du constat qu’avant l’incendie il était devenu difficile de concilier l’afflux de touristes et la présence des fidèles, pour qui Notre Dame de Paris est avant tout une église. Deux solutions alors : mettre fin au flux de touristes ou alors faire en sorte que les fidèles ne puissent plus se rendre à Notre Dame pour des questions spirituelles.

L’auteur du livre « L’Ours, histoire d’un roi déchu » affirme sa préférence pour la deuxième option : il propose de déconsacrer la cathédrale de l’île de la Cité et de la transformer en musée ! En effet, il estime qu’au vu des intérêts de l’Etat, de la Ville de Paris et de l’immense majorité des gens qui passait les portes de Notre Dame c’est la solution du « moindre mal », l’écrivain avouant être lui-même catholique et historien. Permettre à tout ceux qui venaient pour admirer l’architecture et y sentir le poids de l’histoire de le faire sans interférer avec un service ou les prières des fidèles voilà donc ce que propose l’historien. En prenant cette décision l’Etat sortirait de l’hypocrisie actuelle dans laquelle elle se place en favorisant quasi-exclusivement la manne touristique liée à Notre Dame de Paris.

Une décision symbolique qui, si elle était prise par les autorités compétentes, marquerait un nouveau pas dans l’arrachement de la France à son identité chrétienne. Et pourrait ainsi libérer la voie aux « gestes architecturaux » proposés par de nombreux architectes voulant imposer leur patte sur la cathédrale. On pourrait donc peut-être voir un jour le toit de Notre Dame transformé en terrasse pour que les touristes puisse flâner … au milieu des boutiques.