Coronavirus, urgence économique et sociale, que fait la région ?

Coronavirus, urgence économique et sociale, que fait la région ?

Paris Vox – La pandémie actuelle oblige les collectivités à repenser leurs politiques. Aussi, on peut légitimement s’interroger sur ce que fait la Région Île-de-France. Éléments de réponses.

Le coronavirus plonge le pays dans une crise sans précédent. Les conséquences seront au moins équivalentes à celles de la crise boursière de 1929 selon Alain de Benoist qui accordait un entretien à nos confrères de Breizh-Info le 2 avril.

Les conséquences sont d’abord économiques. Ce sont les Conseils régionaux qui ont la compétence de l’action économique. L’État les a rapidement sollicités pour porter main forte au budget alloué à la crise… ce qui a permis au Premier ministre et au ministre de l’économie de gagner 250 millions. L’enveloppe de L’État, arrêtée à 1 milliard, est devenue 750 millions abondés de 250 millions de budgets régionaux. Elle est aujourd’hui de 1,2 milliards. La région Île-de-France y participe à hauteur de 76 millions.

Les présidents de Conseils régionaux ont largement communiqués sur les efforts consentis, à grand coup de chiffres. Mais quelle en réellement la teneur  ? Quelles sont les mesures propres à ces collectivités en dehors du fond de solidarité mis en place par L’État ? Car derrière l’urgence économique se profile une catastrophe sociale grave.

Dès le 11 mars, Valérie Pécresse donnait les premières lignes de son plan d’urgence économique. La cible privilégiée  : les TPE. Outre les mesures mises en place par l’ensemble des collectivités vis-à-vis des entreprises (0 pénalité dans les retards d’exécution des marchés avec la région, accélération du paiement des fournisseurs, plateforme régionale d’appels…) ce sont celles permettant de combler le besoin en trésorerie qui sont annoncées. C’est la première demande des entreprises pour leur permettre d’honorer leurs charges, payer leurs salaires, en l’absence de recettes et d’activité. 

Et c’est sur ce plan peut être que le bât blesse. Les entreprises sont renvoyées vers la BPI (banque publique d’investissement) pour bénéficier de prêts. La région intervient elle de manière indirecte, en donnant sa garantie à un prêt mais ne verse pas d’aide en direct. Ces opérations prennent du temps et les entrepreneurs déjà empêtrés dans les demandes vers l’URSSAF, la DIRRECTE, ne parvenant pas à se sortir des formalités pour le chômage technique, ne sont pas aidés.

Seules les entreprises participant à des projets permettant de créer ou renforcer les capacités de production de biens ou services importants ou à des projets d’adaptation ou de reconversion de leur chaîne de production en vue de fabriquer du gel hydro-alcoolique , masques, visières ou encore respirateurs pourront bénéficier d’aides directes.

Pensons également à toutes ces catégories d’entrepreneurs oubliées  ; le fonds D’État pose des conditions et beaucoup de très petites entreprises ou encore celles qui ont débuté leur activité depuis peu seront mises de côté. C’est là que le rôle de la région peut être fondamental voire vital pour beaucoup d’entrepreneurs.

Derrière ces chiffres et ces coups d’annonces, se profilent déjà les futures élections régionales…voire présidentielles. Valérie Pécresse a cet objectif en tête, sa démission des Républicains n’est pas neutre. L’heure n’est pas à la polémique, il y a un statut quo dans les collectivités, l’urgence est de faire front commun, toutes sensibilités politiques confondues pour sortir de cette situation. Cependant, impossible pour un patron de région de jouer les petits bras dans cette période. Laurent Wauquiez tente déjà de s’imposer comme celui qui a mis au point le plan le plus performant.

La crise n’est pas finie, les projections financières sont faîtes jusque fin avril. Parions que d’autres mesures viendront compléter les dispositifs.