Boulevard Voltaire : « combler un manque créé par ceux qui nous reprochent d’exister »

Boulevard Voltaire : « combler un manque créé par ceux qui nous reprochent d’exister »

Paris Vox – Rencontre avec Marc Eynaud, journaliste pour Boulevard Voltaire.

Comment continuez-vous à faire vivre l’information malgré le confinement ?

Nous avons les mêmes problématiques qu’une TPE. Si un seul d’entre-nous est hors de combat, c’est un pourcentage non négligeable de l’équipe qui s’en va. Aussi, nous avons décidé pour le moment de suspendre nos reportages sur le terrain. Néanmoins, l’actualité est toujours traitée via les tribunes de nos contributeurs et une pléthore d’interviews écrites ou radiophoniques. 

Les Décodeurs sont ils définitivement disqualifié selon vous suite à leur jugement comme Fake News des travaux du Professeur Raoult ?

L’affirmation de fake-news concernant les travaux du Professeur Raoult trouve une magnifique caisse de résonance en la personne de Patrick Cohen. Sur le plateau de C à Vous, on l’a vu tenter de donner un cours de médecine au Professeur Raoult qui demeure l’un des plus grands spécialistes en infectiologie de ce pays. C’est là le cœur du problème. L’information est remise en question par des journalistes représentant des médias qui sont incapables de la moindre autocritique.

Les Décodeurs, Libé Desintox et autres fact-checkeurs souffrent à la base d’un problème de légitimité. Donner à certains journalistes un blanc-seing pour contrôler le travail de leurs propres collègues ne fait qu’approfondir la défiance entre la population et la presse mainstream. Un journaliste n’est ni juge ni policier, et nos confrères du Monde confondent souvent mensonge et subjectivité, parti pris et désinformation. 

Je ne jette toutefois pas la pierre à nos confrères, aucun journaliste n’est à l’abri d’une erreur et ce n’est ni Le Monde, ni Le Parisien, ni l’AFP qui pourra le nier. Je constate toutefois avec amusement qu’aucun d’entre eux n’a été attrapé par la patrouille. Un «  oubli  » qui en dit long.

Boulevard Voltaire a lancé une pétition il y a quelques semaines pour riposter à la loi Avia pourriez-vous nous en dire plus ?

Evidemment qu’il est très louable de vouloir lutter contre la haine en ligne. Le cyber-harcèlement est un véritable fléau particulièrement auprès de la jeune génération. Vouloir exclure la haine est un joli programme mais toute la problématique est là justement.

C’est quoi la haine  ? Une insulte  ? Une critique  ? Une opinion  ? C’est quoi un contenu «  manifestement illicite  ? Un montage douteux  ? Un film piraté  ? Une opposition à tel ou tel droit revendiqué par telle ou telle communauté  ?

Personne n’est dupe. Sous couvert de lutte contre la haine, contre les fake-news ou que sais-je, on assiste à une tentative de reprise en main de l’opinion publique par les élites. La fracture entre le pays réel et le pays légal a été grandement accélérée par le développement des réseaux sociaux et de la presse alternative. Cette dernière est d’ailleurs la principale cible de toutes ces dispositions  : d’un côté on l’assèche par l’action des Sleeping Giants et autres militants antifas, de l’autre on la serre au collet avec des Loi Avia et anti fake-news. Le tout chapeauté par des médias qui ne représentent que leurs intérêts et des réseaux sociaux qui s’arrogent un pouvoir régalien par délégation de l’État. Pour trouver une métaphore  : un média comme Boulevard Voltaire fonctionne comme un avion en approche furtive, il doit voler au-dessus de la cime des arbres et sous le seuil radar. Or avec ces nouveaux arsenaux judiciaires, nous voyons les arbres pousser et le seuil radar s’abaisser. C’est pourquoi il est urgent d’agir et de mobiliser l’opinion sur ces projets de loi qui ne protègeront ni Mila ni Charlie Hebdo mais qui au contraire les enfonceront davantage. 

En conclusion, Boulevard Voltaire ne se pose pas en adversaire du Monde, de Libération ou de qui vous voulez. BV est née d’un constat très simple  : le sentiment d’une immense partie de la population de ne pas se sentir représentée ou écoutée par les médias classiques. Nous sommes ici pour combler un manque créé par ceux qui nous reprochent d’exister. BV compte dans ses rangs plusieurs journalistes professionnels titulaires de la carte de presse et nos informations sont toujours vérifiées et recoupées. Nous ne forçons personne à être d’accord avec notre ligne éditoriale et nous n’avons besoin de l’autorisation de personne pour écrire ou penser quoique ce soit. Sur Boulevard Voltaire, vous pouvez retrouver des interviews de politiques venant de toutes les sensibilités  : RN, LR, PS, UDI, Modem, LREM, LFI… Nous avons un seul principe  : tout sauf l’autocensure.