Musique enracinée : à la découverte de Christoff BZH

Musique enracinée : à la découverte de Christoff BZH

Paris Vox  : Un chanteur talentueux qui ne verse pas dans la pensée unique et les  faux « combats » sans risques, c’est assez rare pour être signalé  ! C’est pourquoi nous sommes allés à la rencontre de Christoff BZH pour évoquer son travail de musicien ainsi que sa vision du monde… et de Paris !

Pour les béotiens qui ne te connaîtraient pas, peux-tu brièvement te présenter ?

Alors, lors pour faire simple et concis, je dirai que je suis un auteur/compositeur/interprète breton, guitariste, qui a choisi de jouer et chanter (pour) les siens.

Rock identitaire, rock alternatif, chanson engagée, folk enracinée… Comment définirais-tu ton style et ton « positionnement » musical ?

Je chante en français, je suis engagé (par personne… ), alors on va dire « chanson française engagée ». Il y a également une touche pop/rock/folk. Ceci étant dit, mon style n’est pas figé et je ne m’interdis aucune évolution artistique. Dans mon premier album « l’armée du silence » sorti en 2017, j’avais mis l’accent sur la tonalité acide de mes paroles, désireux de me présenter par la plume, sans qu’il y ait une once d’ambiguïté quant à mon positionnement personnel.

En t’écoutant et en voyant certains de tes clips, on peut parfois penser à Damien Saez. Fait-il partie de tes influences ?

Oui bien sûr je vois ce que tu veux dire. Ecoute, pour être tout à fait honnête, je ne connaissais Damien Saez que par son tube datant des années fin 90 début 2000 « jeune et con ». A cette époque, j’écoutais et jouais principalement du métal (death/trash/black/heavy…) et ne prêtais guère attention aux productions mainstream diffusées par les mass medias. J’ai commencé la guitare à l’âge de 16 ans et c’est seulement vers 20 ans (à peu près) que j’ai voulu me mettre au chant. En 2003, j’enregistre avec les moyens du bord (dans ma chambre) une petite démo qui s’intitulait « Rêves amers ». Je fais écouter le titre éponyme à un ami qui me dit « ah c’est pas mal, ça me fait penser à Saez (qu’il avait prononcé « 16 »). Je lui en demande plus et il me répond : « tu connais forcément « jeune et con » .Ce à quoi je réponds par l’affirmatif. Ma curiosité m’a naturellement poussé à me renseigner sur cet artiste avec lequel je partagerais visiblement quelques sensibilités musicales. Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a eu aucun désir de mimétisme de ma part ; ma voix, mon style ont éclos sans le prisme du sieur Saez. J’ai donc écouté les chansons de l’artiste pré-cité et au début, j’ai eu du mal avec sa voix, que je trouvais geignarde voir irritante. Bref, j’ai insisté un peu et j’ai découvert un artiste qui savait chanter l’amour et ses arcanes, avec son lot de frissons que seul le « grand Jacques » avait su me procurer. Damien saez est un artiste au-dessus du lot en France, je dirai même que c’est sans doute le meilleur dès lors qu’il s’agit de parler des rapports complexes hommes/femmes, et un sombre connard gauchiste (pardon pour le  pléonasme) pour ce qui concerne la politique, au sens étymologique du terme. Pour finir là-dessus, c’est effectivement un artiste que j’ai écouté, mais je ne peux pas dire qu’il m’ait influencé plus que ça, même si l’on est forcément influencé par ce que l’on écoute …

Après l’opus « L’armée du silence », tu prépares un nouvel album. Peux-tu un peu nous parler de celui-ci, notamment des thèmes de ses différents titres ?

Oui, tout à fait, je travaille actuellement sur mon deuxième album « au crépuscule des braves ». Ca restera du Christoff dans le sens où j’aime à croire que j’ai ma patte, le truc qui fait que l’on identifie un  artiste, ce détail qui en est tout sauf un … Cette base étant posée, il est évident que je ne compte pas livrer au public « l’armée du silence 2 le retour » ce serait trop facile et malhonnête pour l’homme d’honneur que je suis …. Je ne vais pas détailler ici la teneur exacte de l’album à venir, mais ce qui est sûr, c’est que ceux qui ont aimé le premier, ne devraient pas être déçus. Ce nouvel opus réservera son lot de surprises avec notamment quelques collaborations bien senties, des arrangements plus matures et autres orchestrations…

Pour cet album, je compte travailler en étroite collaboration avec mon ingé son (qui est également un ami). J’ai enregistré le premier album chez lui également, mais à l’époque, j’étais arrivé avec les titres déjà arrangés, j’avais quasi tout maquetté sur mon pc via le logiciel Cubase. Cette fois-ci ce sera différent, je souhaite un apport extérieur, au niveau des arrangements surtout, et comme j’enregistre chez un musicien professionnel, pourquoi me priver de cette valeur ajoutée  !

Pour réaliser ce nouvel album, tu as mis en place une formule de « financement participatif ». C’est fini  le temps des « labels » (même « underground »), le temps est aujourd’hui à l’autoproduction ?

 Tu mets le doigt sur une chose fondamentale et comme le chantait un Breton enraciné « les sous, c’est le nerf de la guerre ». Pour le premier album, la donne était différente puisqu’il a été produit (et donc financé) par le rappeur identitaire Kroc-blanc. Cette fois-ci, je me débrouille, et j’imagine que tu n’es pas sans savoir que faire de la musique aux accents patriotiques et enracinés n’est pas source de revenus, loin s’en faut. Je ne voulais pas, et ne pouvais pas, faire un album qui me coûte de l’argent. Qu’on se comprenne bien, et au risque de me répéter, je ne fais pas de la musique pour l’argent, mais « j’exige » ce que je pense être le minimum, à savoir, un défraiement…Même si dans l’absolu, et dans un monde normal, je devrais pouvoir vivre de ma musique, mais les règles sont ainsi faites…La campagne participative me semble être un bon moyen de financer un album, c’est une sorte de précommande en fait, les contributeurs ne prennent pas de risques.

Tu fais partie des rares exceptions à une certaine « atonie » de la scène musicale alternative patriote francophone, comment expliques-tu cette situation, le peu de groupes et de projets qui existent et produisent aujourd’hui ?

Je t’avoue que je suis moi-même assez surpris par cette quasi absence de confrères officiant dans un style et un ton similaire au mien. Bon après je ne suis pas non plus tout seul hein, et je profite de cette tribune que tu m’offres pour parler de Romain Guérin, artiste poly-talentueux qui a notamment écrit le sublime roman « Le journal d »Anne France » ainsi que le recueil de poésie « la chorale des cadavres ». Au printemps dernier, il s’est également illustré dans la musique avec un excellent album qui devrait faire date, « fugues », un album aux embruns poétiques, livré dans un écrin rock, non sans rappeler le style grunge d’un Nirvana. D’ailleurs, il me semble important de préciser que je figure sur cet album, le temps d’un titre punchy et revanchard.

Tu revendiques et célèbres ton attachement et enracinement breton.  Es-tu indépendantiste ? Autonomiste ? Quel est ta vision de la « France ? Et pour toi que représente « Paris » ?

Non je ne suis pas indépendantiste parce que j’estime qu’il y a d’autres priorités et combats à mener avant celui-ci…et c’est un euphémisme. Attention, je ne suis pas en train de « cracher » sur les  indépendantistes, j’en compte d’ailleurs beaucoup parmi mes amis et ce qui est marrant, c’est que pour eux, je suis indépendantiste, même si je leur dis que non. Dans les faits, il est vrai que mon attachement aux terres Bigoudens est très prégnant et je me fais violence dès lors que je dois m’en éloigner, ne serait-ce que ponctuellement. D’un côté c’est sûr, je me sens sans doute plus Breton que français, c’est aussi pour ça que cette image d’indépendantiste me colle un peu à la peau, mais j’aime la France des petits villages. J’ai des amis un peu partout en France, et ne serait-ce que pour ça, je ne ressens pas le besoin de m’afficher en tant que Breton uniquement.

Paris ? Je ne connais pas. Pour être plus sérieux, les rares fois où je suis amené à me rendre à la capitale, je suis sidéré par l’état de déliquescence de cette ville, pourtant (jadis) magnifique…ça me déchire le coeur quelque part même si je me doute que certains quartiers parisiens ont su garder ce cachet  « Paris-pavés » à la « Amélie Poulain ».  J’ai des amis parisiens, je ne saurais en aucun cas leur manquer de respect en méprisant leur ville, car tout le monde a le droit (le devoir) d’être enraciné et ce n’est bien sûr pas le seul lot des Bretons.

Sinon, pour nos lecteurs forcément intéressés,  où et comment se procurer tes albums ? Est-il également possible de te voir en concert ?

Actuellement, mon premier album est en vente (en téléchargement) sur le site UNISSON géré par l’ami kroc-blanc. Il va falloir que je crée un site afin de diffuser mes albums et j’y travaille. Pour ce qui est des concerts, ça viendra sans doute avec la sortie de mon album (si tant est que j’arrive à réunir les fonds nécessaires) car un album, ça se défend surtout sur scène. Ma dernière prestation live date de quelques semaines, c’était sur l’invitation du PDF Bretagne. En 2017 je me suis également produit  lors du rassemblement de « Synthèse nationale ». Je ne peux malheureusement jouer que sur invitation, je ne suis pas né à la bonne époque…en parlant de ça, ça me fait penser à ce que m’a dit mon ami Adrien Abauzit il y a peu au téléphone, à savoir que pour lui, dans les années 80, j’aurais été disque d’or.

Un dernier mot pour nos lecteurs  ?

Un dernier mot ? Hmm…et bien, intéressez-vous à mon travail, soutenez-moi en contribuant à mon financement participatif, partagez mes clips, parlez de moi à vos amis…ce n’est pas BFM qui le fera  !

Pour que la culture reste nôtre ! ! ! Force et honneur ! ! !

Le site de financement participatif  : https://fr.ulule.com/au-crepuscule-des-braves/

La plateforme de téléchargement  : https://unisson-france.fr

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