La boue et le héros

La boue et le héros

Paris Vox (Tribune) – Chaque semaine, en partenariat avec Radio Libertés, nous publions la retranscription écrite de la chronique d’actualité et d’analyse d’Arnaud De Robert. Aujourd’hui, il revient sur l’attentat terroriste de l’Aude et la mort héroïque du gendarme Beltrame.


Si j’ai pris un peu de temps pour écrire et vous présentez cette chronique c’est que, et vous le savez tout aussi bien que moi chers auditeurs, l’émotion est en ces moments très mauvaise conseillère. Bien sûr comme beaucoup de français, principalement de souche il faut le souligner, j’ai moi aussi été submergé par une immense colère après avoir pris connaissance des évènements effroyables du 23 mars à Trèbes dans l’Aude. Et cette colère, qui ne m’a pas lâché depuis, alors qu’elle est parfaitement stérile, n’a fait que redoubler et redoubler encore à la lecture des réseaux sociaux, à l’écoute des médias et des interventions de nos chers politiques. Une vraie, une sainte, une puissante colère contre ce pays qui s’enfonce de plus en plus dans le sensationnalisme, le mensonge, le délire public, la bêtise la plus crasse. Colère contre cette classe politique et ses supplétifs gauchistes qui depuis quarante ans alimentent des flux migratoires chargés de haine du blanc, de revanche anticoloniale fantasmée, de volonté de pillage et de massacre. Colère également contre ces journalistes idéologues bien-pensants qui arrivent à transformer un attentat terroriste islamiste en « drame de l’Aude » et un égorgement en coups de poignards. Colère contre ces imbéciles des réseaux sociaux de chez nous qui encensent un gendarme puis le vomissent en découvrant son appartenance à la franc-maçonnerie. Colère contre ces petits idiots hystériques de l’extrême-gauche qui dansent sur le cadavre encore chaud de cet officier de gendarmerie. Colère contre les institutions qui arrêtent des histrions gauchistes pour apologie du terrorisme là où il n’y a qu’une immense bêtise. Colère contre ces mêmes autorités qui musèlent un guignol des soumis de la République mais n’osent pas entrer dans les cités allogènes qui célèbrent Redouane Lakdim à grand renfort de « Allah Hakbar ». Colère toujours contre ceux de tous bords, relativistes de canapé avachis dans le confort occidental et terminal qui nous racontent qu’il n’y a rien de plus normal pour un gendarme de mourir en service. Colère enfin contre cette confusion qui s’empare désormais de tous les milieux, de tous les bords politiques et qui fait dire à beaucoup un nombre incroyable de crétinités.

Colère contre ces mêmes autorités qui musèlent un guignol des soumis de la République mais n’osent pas entrer dans les cités allogènes qui célèbrent Redouane Lakdim à grand renfort de « Allah Hakbar ».

C’est pour cela qu’il faut revenir avec un peu de distance sur ce que nous apprend ce funeste évènement. Et ce qu’il nous apprend d’abord, c’est que des français comme vous et moi sont morts un matin pour satisfaire les caprices de rédemption d’un jeune immigré maghrébin de 25 ans. Un vrai français de papier, méprisant et délinquant, vrai petit pervers narcissique dorloté par la République et qui assouvie dans un bain de sang son fantasme de pseudo-soldat de Daesh. Ce que nous dit aussi cet attentat c’est que le lieutenant-colonel Beltrame a fait don de sa vie noblement, humblement dans un geste qui répond à sa droiture existentielle, un geste remarquable parce que d’une grande rareté dans cette plate époque hédonisto-individualiste. Mais ce que nous apprend également cet attentat c’est que le sacrifice du lieutenant-colonel Beltrame, s’il répond par l’abnégation au tragique du moment, ne peut pas et ne doit pas devenir un geste exemplaire. Parce que cela signifierait alors qu’en Europe, qu’en France la figure du héros s’efface au profit de celle de martyr, dans une compétition mortifère avec les fous d’Allah. Cela ne retire rien à l’humilité et au respect que je porte à cet officier français. Comme le disait René Quinton dans ses maximes sur la guerre, je cite  : « L’amour de soi dirige les hommes, mais l’amour d’autrui dirige les héros. » Mais Quinton disait également et avec raison : « Le héros n’entreprend qu’à coup sûr. Son orgueil est de penser juste. La blessure et la mort sont la monnaie dont il paie ses erreurs. » Et je crois que nous avons aussi ardemment, terriblement, douloureusement besoin de héros vivants et triomphants, d’incarnation de la victoire de notre race car personne ne triomphe dans la mort.  Alors ce matin, devant tant de vociférations inutiles, de gesticulations hystériques, hypocrites ou hautaines, de soldats sacrifiés, ma colère à fait place à une immense peine, mon pays me fait de plus en plus mal, il se traine dans la boue des petites phrases et ne mérite pas ses héros. Bonne semaine.

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