Soupçons de corruption autour du marché des eaux usées en région parisienne

Soupçons de corruption autour du marché des eaux usées en région parisienne

Paris Vox– A 15 jours de l’entrée en vigueur du contrat du marché des eaux usées en région parisienne pour les douze prochaines années, les procédures judiciaires se multiplient et l’affaire prend des allures de roman policier.


Les contrats passés par le SIAAP (syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne), qui épure les eaux usées de plus de 8 millions d’habitants en Ile-de-France, avec plusieurs entreprises dont Veolia, leader mondial de la gestion de l’eau, intéressent de plus en plus les enquêteurs.

La dernière procédure en date est l’ouverture par le parquet national financier d’une enquête préliminaire, début mars, à la suite d’une plainte contre X d’un entrepreneur milanais, Marco Schiavio de la société Passavant, qui met en cause deux cadres d’OTV, une filiale de Veolia, qui l’aurait incité à perdre volontairement un marché.

Le marché francilien des eaux usées est déjà au cœur d’une information judiciaire depuis 2013 à la suite d’un courrier anonyme de 2011 qui évoquait d’éventuelles malversations. L’auteur du courrier donnait, quelques mois à l’avance, les noms des entreprises attributaires du marché de réfection de Seine-Aval, deuxième plus grande station d’épuration d’Europe à Achères (Yvelines).

Les annonces s’étaient vérifiées début 2012 quand un consortium d’industriels, Biosav, avait remporté le marché pour un montant de 776,7 millions d’euros.

En mai 2017, six cadres ou ex-cadres du Siaap ont été placés en garde à vue, mais aucun n’a été mis en examen, d’après une source proche du dossier. A ce jour, seul le responsable d’un bureau d’études, soupçonné d’avoir trop facturé des prestations, est poursuivi, a-t-elle ajouté. Le Siaap et la Mairie de Paris, dont plusieurs élus siègent au syndicat, se sont portés parties civiles.

Six lettres anonymes ont été à ce jour envoyées aux juges d’instruction, d’après la source.

Et une nouvelle plainte de deux associations, datée du 1er mars, concernant cette-fois l’attribution par le Siaap d’un contrat de 397 millions d’euros à Veolia pour gérer l’usine de traitement de Valenton (Val-de-Marne) pourrait à terme être versée à cette enquête. Ce marché a été suspendu mardi par la cour administrative d’appel de Paris au motif que l’appel d’offres du Siaap contenait une « clause Molière » qui a pu conduire à exclure des candidats étrangers.

Pendant ce temps, pour les Parisiens la facture de l’eau a augmenté de 19 % entre 2010 et 2018, tandis que sur cette période la part acquittée pour l’assainissement a grimpé de 57 %, d’après l’opérateur Eau de Paris.

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