Kingfisher : Là où il y a de la gène, il n’y a pas de plaisir…

Kingfisher : Là où il y a de la gène, il n’y a pas de plaisir…

Paris Vox  (Tribunes) – La récente, et incroyable, annonce faite par le groupe Kingfisher demandant à ses futurs salariés licenciés de former leurs successeurs polonais fait réagir Jean Ernice. 


On pourrait inventer une rubrique : « le néo-libéralisme est vraiment formidable ».  Sur ce thème, une récente lecture m’a fait particulièrement réagir. En effet, au détour de l’Internet je me suis délecté, à presque en vomir, de l’invraisemblable culot des dirigeants du groupe Kingfisher. Lisez plutôt :

Le groupe Kingfisher a annoncé, mercredi, que les salariés de ses enseignes Castorama et Brico Dépôt, qui vont être licenciés, devaient former les employés polonais qui prendront la suite.”

Derrière le premier haut-le-coeur, j’ai ensuite rapidement saisi la formidable opportunité offerte aux salariés licenciés. Rien à voir avec la scène du mafieux qui fait creuser un trou à un pauvre hère qui n’a pas encore compris qu’il prépare sa propre tombe. Dans ce cas c’est propre, c’est dit, c’est affiché. On ne peut accuser quiconque de mesquineries. 

Non, dans le cas précis, on offre la possibilité à un salarié de devenir formateur. On lui élargit son champ de compétences avant de lui permettre de mettre en oeuvre ce précieux savoir au service d’un autre hypothétique employeur… Ce n’est donc pas du cynisme utilitariste le plus abject mais en fait un encouragement à la flexibilité et à la mobilité, moteurs indispensables d’une carrière réussie et épanouie…  N’allons pas plus loin, même le second degré a ses limites face à l’écoeurement….

Les robots stade terminal du remplacement salarial ?

Afin de baisser en charges de personnel, le capital use régulièrement d’une main d’oeuvre étrangère bon marché. Soit en délocalisant l’activité, soit en important le salarié. C’est ainsi qu’aujourd’hui le remplacement des salariés dévolus aux tâches administratives bénéficie à des pays moins disant d’un point de vue salarial. On exporte en Europe de l’est ou encore dans le Maghreb pour économiser quelques roupies.

Mais demain, votre successeur – ou plutôt votre remplaçant – ne sera même plus humain. Un robot doté d’intelligence artificielle saura occuper ce poste.

L’avantage d’être remplacé par un robot, c’est que demain celui-ci apprendra en nous observant, une entreprise pourra même introduire des mouchards en amont du remplacement des hommes par les machines. On n’aura ainsi pas besoin de demander aux salariés de former leur robot, celui-ci le faisant lui-même. Ensuite quelques esprits éclairés se chargeront du paramétrage. On n’oubliera éidemment pas de retirer aux robots toute forme d’idée de pause ou de vacances, concepts rétrogrades qui occupaient trop l’esprit de leurs prédécesseurs de chair et d’os. Jusqu’au jour, peut-être, où les robots développeront suffisamment leur intelligence artificielle pour intégrer le concept de syndicat et de bien-être au travail…

En attendant pour les dirigeants de Castorama : « Là où il y a de la gène, il n’y a pas de plaisir. » 

Jean Ernice

Fermer le menu