Des semblables à vous faire préférer les animaux…

Des semblables à vous faire préférer les animaux…

Paris Vox  (Tribunes) – C’est devenu un rendez-vous incontournable. Comme chaque année les parisiens se pressent pour visiter le salon de l’agriculture. Et en bon parisien, j’ai décidé d’y aller également, histoire, surtout, de voir les animaux…


Avant d’affronter le bétail, on doit déjà se coltiner la foule. Jugez plutôt : 30 minutes d’attente parmi les moutons, les français. Heureusement pour patienter l’UPR tracte. Ça donne de quoi lire, à défaut de pouvoir avancer.

Prenons un instant pour aborder la fouille pour accéder au site : un vacataire d’origine africaine, sans doute payé au SMIC, fait du zèle. Et pour rentrer je dois lui montrer mes clés et vider le contenu d’une autre poche, à n’en pas douter si cela n’avance pas dans la file, la raison est désormais trouvée. Néanmoins, on lui sera gré car ainsi l’illusion de sécurité est donnée ! Grâce soit donc faite à ce préposé à la fouille.

On rentre, direction les animaux. Bon, on a bien fait de venir en ouverture de salon, l’odeur est respirable. Les animaux n’ont pas encore souillés chaque recoin du parc des expositions et les visiteurs semblent avoir mis du déodorant !

Pour les animaux, c’est d’ailleurs l’heure de la toilette, on les prépare, tondeuses et ciseaux sont de sorties. 

Arrivé au stand porcin, un important dispositif policier est déployé. Des poulets encerclent les cochons. Mais s’ils sont là, c’est pour protéger Emmanuel 1er. 

Ce dernier s’est fait rabrouer par une partie de la foule, ce qu’il n’a guère apprécié. Du coup, on déploie des policiers… A observer attentivement les animaux parqués, on se dit qu’il y a plus d’humanité sur la paille que dans les travées.

Attendre le monarque républicain étant du temps perdu, je bifurque vers les stands des régions. Et là, la déception est grande, il est encore tôt et l’apéro n’est pas au programme visiblement. Pourtant certains arborent des maillots digne d’enterrement de vie de garçon.

Heureusement les territoires et départements d’outre-mer sont plus festifs. Le rhum arrangé permet de vérifier que je suis équipé d’une langue et d’un œsophage… Si ma bile est bien en place, elle aussi,  c’est pour mieux la déverser ici.

On m’apprend que des militants Vegans viennent de se faire sortir « manu militari » du salon. Certains ont donc trouvé de quoi s’amuser et personne ne m’a prévenu !. C’en est trop et je décide de quitter la ferme.

Les allées du salon sont peuplées d’enfants criards. Ils sont moins agaçants là bas pourtant que dans le métro du retour. Entassés dans le wagon, au milieu des ballons de baudruche, les cris des parents et les pleurs des enfants me font regretter les vaches…

Jean Ernice