Cinéma : une jeunesse en quête de sens

Cinéma : une jeunesse en quête de sens

Paris Vox – Près de 500 spectateurs se sont rassemblés hier, mercredi 31 janvier, à Ecole Militaire pour assister à la projection en avant-première du nouveau film de la prolifique cinéaste indépendante Cheyenne-Marie Carron, « Jeunesse aux cœurs ardents ». Une projection qui finira sous les  applaudissements d’un public conquis.


Parcours initiatique d’un jeune homme aisé, bien intégré socialement, réussissant ses études mais qui s’ennuie dans un existence morne, sans passion ni exaltation, le nouveau film de Cheyenne-Marie Carron est une passionnante réflexion sur l’impasse des sociétés consuméristes et matérialistes qui plongent leur jeunesse, jadis rebelle et aventureuse, dans l’aboulie et la dépression.

Face à cette situation, la cinéaste propose une issue possible, une échappée envisageable qui sera, pour son héros, la rencontre avec un ancien combattant et la découverte de la geste militaire et des valeurs qui lui sont liées.

L’une des grandes qualités du film, outre l’excellence des comédiens et notamment de ceux incarnant les parents du héros, est de ne jamais tomber dans une hagiographie simpliste de l’armée mais d’aborder son sujet avec nuance et justesse, n’hésitant pas à poser les «  questions qui fâchent » sur le sens de l’engagement, l’intérêt des missions de nos soldats, la soumission à un ordre politique potentiellement défaillant…etc.

A la fois fable moderne (on peinera – hélas – à trouver aujourd’hui dans nos rues des bandes de jeunes gens de bonne famille se payant le frisson de la délinquance pour « prendre aux riches et donner aux pauvres »), conte moral et récit d’apprentissage, le film se révèle d’un foisonnante richesse qui justifie amplement sa durée (2h20) même si l’on peut penser qu’il n’aurait rien perdu à être allégé d’un petit quart d’heure de scènes peut-être moins indispensables.

Au final une réalisation ambitieuse mais maîtrisée, évoquant avec retenue et profondeur des sujets lourds et graves (la guerre d’Algérie, la colonisation, la relation au père… ) sans jamais tomber dans le pathos ni le démonstratif, le tout saupoudré qui plus est de quelques touches d’humour, scènes drôlatiques d’une relative nouveauté dans l’oeuvre de la cinéaste.

Un bel exemple de réussite d’un cinéma véritablement indépendant, un film à la fois grave et optimiste que l’on aimerait voir projeter dans les établissements scolaires de France et de Navarre en lieu et place des habituels navets culpabilisants et conformistes qu’on impose aux jeunes générations.

Comment réanimer le cœur ardent de la jeunesse  ? Le film de Cheyenne-Marie Carron n’y suffira sans doute pas, mais nul doute qu’il puisse y contribuer.

Pour acheter le DVD du film (pré-commmande)  : http://www.cheyennecarron.com/dvds.php

Bande-annonce du film

 

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