Retour aux sources …

Retour aux sources …

Paris Vox – Chaque semaine, en partenariat avec Radio Libertés, nous publions la retranscription écrite de la chronique d’actualité et d’analyse d’Arnaud De Robert. Aujourd’hui, il revient sur sa vision des fêtes de Noël.


Je ne sais pas vous, mais moi cette année pour Noël, et encore plus que l’an dernier, cela a été frugal, très frugal, tant côté victuailles que cadeaux. Certains pourraient penser que ma motivation première est financière et elle pourrait l’être vu l’effritement inexorable de nos gains et niveaux de vie depuis quelques années.  Mais je dois avouer que la vraie raison de cette frugalité volontaire c’est – et je pense partager ce sentiment avec nombre d’entre vous chers auditeurs – un écœurement monumental face à l’orgie consumériste que représente Noël aujourd’hui. Oh, je sais bien qu’il n’y a rien de révolutionnaire dans cette remarque. Mais je constate pourtant qu’un grand nombre de ceux qui s’y associent, un grand nombre de prétendants à la tradition, au conservatisme de combat ou encore à l’avant-garde militante nationale et/ou révolutionnaire de ce pays contribuent néanmoins à la reproduction annuelle de la grande bacchanale du mois de décembre. Il est ainsi très paradoxal de voir fleurir sur les réseaux sociaux radicaux des messages et photos montrant des sapins dégorgeant les cadeaux et des tables de réveillon stéréotypées d’une effroyable banalité.

J’entends déjà d’ici mes détracteurs  : « Ah le pisse-froid », « grincheux, va », « et les enfants, alors  ? », « on a bien le droit à une pause, non  ? », « Noël, c’est avant tout une fête de famille  ! » Désolé mes lapins, mais tout cela sonne faux et ne trouve ni dans l’Histoire, ni dans nos gênes aucune justification qui tienne un tant soit peu la route. Et cette cécité temporaire complice, même si accompagnée d’un certain malaise pour beaucoup, et même « justifiée » par l’argument traditionnel du plaisir des retrouvailles familiales et par le fait que stopper cette débauche serait mal compris par ses proches ne fait que perdurer une immense opération de consommation planétaire, un immense hold-up sur le sacré, une totale emprise sur les consciences et les porte-monnaie.

Car depuis maintenant près de quatre-vingt ans, l’O.P.A sur Noël est d’abord la victoire du marketing, de la communication, de la publicité et de l’ingénierie sociale.

Car depuis maintenant près de quatre-vingt ans, l’O.P.A sur Noël est d’abord la victoire du marketing, de la communication, de la publicité et de l’ingénierie sociale. Et s’il se trouve sur cette terre des gens vraiment heureux et joyeux à cette période ce sont les inventeurs du père noël, ces oligarchies libérales qui amassent des sommes folles en cette fin d’année. Bien sûr il existe des pôles de résistances acharnées. Du Sol Invictus à la naissance de l’enfant-Dieu, des milliers de nos compatriotes perpétuent l’idée du sens primordial de ces célébrations. Mais ne nous leurrons pas, l’argent est là, l’argent est roi. Imaginez seulement que pour noël 2016 les français ont dépensé 67 milliards d’euros  ! 67 milliards d’euros, presque 600 euros par français, dont en moyenne 300 euros pour les cadeaux. Des sommes effarantes, ahurissantes dépensées dans quel but  ? Voilà un conformisme, une pesanteur faussement conventionnelle qui coûte très, très cher, aux antipodes de la tradition. Alors oui le caractère hyper consumériste de cette « fête » est savamment entretenu par les empires du Capital. Et oui ces gens-là s’appuient finement et vicieusement sur l’infantilisation de chacun et surtout sur les enfants pour maintenir la pression à la vente, l’envie et la luxure. Hé bien c’est d’abord auprès d’eux, auprès des enfants qu’il faut engager un retour aux sources. Un retour aux sources de l’esprit de Noël, loin de cette idée de jackpot annuel qu’il est devenu pour eux. Et au lieu des consoles de jeux offrons-leur le retour du sens, du vrai, du beau, du sacré, de la lumière, de la joie. C’est possible, et c’est un père de cinq enfants qui vous le dit. Mais … cela demande que nous nous fassions d’abord à nous même le plus beau des cadeaux  : la volonté. Joyeux Noël et bonne semaine.

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Une fin du monde sans importance