Harcèlement, agressions sexuelles : l’hystérie féministe couvre-t-elle la voix des vraies victimes ?

Harcèlement, agressions sexuelles : l’hystérie féministe couvre-t-elle la voix des vraies victimes ?

Paris Vox (Tribunes) – Avec la rentrée, c’est le retour de la retranscription écrite des chroniques d’Arnaud de Robert sur Radio Libertés, désormais hebdomadaires. Aujourd’hui, Arnaud de Robert s’inquiète de la récupération du légitime combat contre le harcèlement et les agressions sexuelles par quelques féministes hystériques en guerre contre « le mâle blanc ».


Hier se sont déroulées dans plus d’une dizaine de villes de France des manifestations composées majoritairement de femmes qui venaient poursuivre dans la rue le mouvement de dénonciation des viols, violences et actes de harcèlement entamé sur les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines. Hier, je me suis donc rendu à l’une d’entre elles et j’ai écouté. J’ai entendu ces témoignages glaçants d’agressions sauvages restées impunies, par des proches, des membres de la famille, des collègues de travail, des voisins, des amis. J’ai ressenti, quoi de plus normal, une profonde empathie pour ces femmes ainsi que le désir ardent de mettre fin à ces crimes et discriminations. Et je me suis dit qu’après tout, voilà bien des manifestations qui pourraient avoir une utilité.

Jusqu’au moment où – immanquablement et comme je le craignais, ou plutôt comme je le prévoyais – sont arrivées au micro les hystériques de service. Une bande disparate de féministes de tous âges, hélas reconnaissables à leurs accoutrements militants. Et elles se sont emparées du micro pour de très longues, de trop longues minutes d’un discours nerveux, haineux, acerbe. À ces femmes qui venaient d’exprimer – souvent avec pudeur – une douleur, une blessure, une déchirure, les passionarias échevelées offraient de la haine pure, brute, brutale. Mixant les Lumières et Marx, Kate Millet et Christine Delphy, elles ont tout brouillé, tout trituré pour finir par accuser le mâle dans sa représentation blanche, patriarcale et virile.

Blanche exclusivement bien sûr parce que les barbares violeurs issus de l’immigration ont eux l’excuse absolue d’avoir aussi subi le patriarcat colonial européen. Donc oui, l’homme européen, cet archaïsme effroyable, cet ennemi principal, ce faiseur de haine, de guerre, de violence, voilà la cible, voilà le responsable de toutes les souffrances, de tous les maux de ce monde. J’ai vu dans la foule des femmes présentes des visages gênés voire agacés par ces discours. J’y ai vu hélas aussi des regards furieux à mon endroit. Et c’est bien là le problème.

Que la parole se libère tant mieux. Mais si c’est pour terminer noyée sous les flots hystériques d’une minorité révolutionnaire haineuse, à quoi bon ?

Que la parole se libère tant mieux. Mais si c’est pour terminer noyée sous les flots hystériques d’une minorité révolutionnaire haineuse, à quoi bon ? A quoi bon aussi faire de l’homme blanc cette catégorie absolument malfaisante ? Nombre des femmes qui ont témoigné hier avaient un mari, un concubin et plusieurs d’entre elles les ont cités comme ceux qui leur avaient permis de survivre à l’horreur qu’elles avaient vécue.  Il faudrait que ces femmes puissent comprendre que leurs meilleurs alliés dans cette lutte sont précisément les hommes et qui plus est les hommes virils. Un peu de sociologie des organisations suffit pour comprendre que l’exercice du pouvoir totalitaire, absolu et répressif est toujours le fait d’une autorité faible. Plus il y a de contrainte, de violence, moins il y a d’autorité. Il en va de même pour les hommes. Tous ceux qui harcèlent, agressent, violent sont en réalité des hommes totalement dépourvus des vertus gréco-romaines et chevaleresques, totalement dépourvus de tempérance, de distance, de respect, de courtoisie, de courage, de maîtrise, de principes. Et pourtant, dans la phraséologie venimeuse des sans-culottes féministes c’est bien l’homme vertueux qui est dénoncé comme le gardien du temple de la domination.

Alors ce matin je terminerai mon propos par une adresse aux femmes légitimement en colère contre le harcèlement et les crimes sexuels impunis. Et je leur dirais ceci : « Mesdames, mes amies, mes sœurs, ne vous trompez pas de cible. Ne laisser pas la colère de quelques folles salir votre combat. Ne laissez pas non plus l’hystérie tuer le droit et la loi. Comprenez que ce monde nous le faisons et ferons ensemble dans l’équilibre et la complémentarité, pas dans la castration généralisée et la gynécocratie. Comprenez aussi que ces discours haineux et volontairement confus, hybrides ont d’abord pour cibles les derniers carrés de virilité persistants dans nos sociétés de plus en plus asexuées. Et comprenez enfin que pour s’opposer aux barbares qu’ils soient en col blanc dans l’entreprise ou barbus sous la bannière d’Allah, il faudra bien plus que des minets « sans haine ». Il faudra de la force et du courage, de la brutalité et de l’intransigeance. Souffrez que cet instinct millénaire de protection, que l’on se plait aujourd’hui à railler comme anachronique et que nous sommes tout de même, dieu merci, quelques-uns à porter, s’exprime encore une fois au moment où la substance même de notre civilisation est en péril. Et comprenez qu’il se cache dans vos rangs des hystériques que la destruction du monde intéresse plus que la justice. Comprenez-le, il en va de notre salut à tous, hommes et femmes ».

Bonne semaine.

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