Histoire de Paris : La rue Croix-des-Petits-Champs

Histoire de Paris : La rue Croix-des-Petits-Champs

Paris Vox – Redécouvrez les grands monuments de Paris, ses rues,  ainsi que l’Histoire, petite ou grande, de la capitale.


La rue Croix-des-Petits-Champs.

Cette artère du 1er arrondissement porte son nom actuel depuis le 14e siècle. Elle le doit à une croix qui était plantée à l’angle de la rue du Bouloi et à des champs situés hors des murs de l’enceinte de Philippe-Auguste. Lorsqu’elle s’est prolongée jusqu’à la place des Victoires, lors de la création de cette dernière sous l’impulsion, dit-on, du maréchal d’Aubusson de la Feuillade (1673-1725).

La Banque de France au n°39.

C’est au numéro 39 de la rue Croix-des-Petits-Champs que l’on situe l’adresse de la Banque de France et ce même si le bâtiment qui abrite ladite banque s’étend entre les rues de Valois, de la Vrillière, du colonel Driant et Croix-des-Petits-Champs. L’édifice en forme de trapèze résulte des plans de Mansart et des aménagements effectués par l’architecte Robert de Cotte, pour le comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XV et de Madame de Montespan. Il prend alors le nom d’hôtel de Toulouse. En mars 1793, l’hôtel est confisqué et dépouillé de ses richesses artistiques. Il abrita un temps l’imprimerie nationale, la Galerie dorée servant alors de magasin de papier. En janvier 1800, un consortium de banques fonde la Banque de France. Elle eut d’abord son siège rue d’Aboukir, puis à la place des Victoires (hôtel Massiac). En 1810-1811, elle s’installe dans l’hôtel de Toulouse qui constitue depuis le siège de la Banque de France. On décida très rapidement d’abattre les maisons adjacentes et tout particulièrement un atelier de serrurerie dont la forge, constamment allumée, présentait d’importants risques d’incendie. L’ancien hôtel de la Vrillière ne compte plus beaucoup de parties anciennes, à l’exception de la porte d’entrée et de l’angle de la rue Radziwill. Quant à la Galerie dorée, elle fut restaurée par Questel, architecte en chef du palais de Versailles afin de servir de salle de réception.

Les souterrains de la rue Croix-des-Petits-Champs : réalité ou légende  ?

Selon une certaine tradition, de nombreux souterrains passeraient sous les bâtiments des la Banque de France pour aboutir dans les caves…de certains débits de boissons du quartier. Et il est dit que d’étranges va-et-vient y auraient lieu la nuit… Ces derniers semblent toutefois bien peu compatibles avec une autre affirmation selon laquelle les réserves de l’Etat seraient conservées dans des caves d’une profondeur de 27 mètres, bien évidemment défendues par de solides murs et des portes blindées  !

François de Malherbe à la rue Croix-des-Petits-Champs.

Le poète François de Malherbe (1555-1628) habita au n°13, de 1606 à 1627. Homme de lettres, Malherbe fut également homme d’épée  : attaché à la personne d’Henri d’Angoulême, fils naturel d’Henri II et grand prieur de France, il combattit dans les rangs de la Ligue. En 1585, il fut appelé pour ses affaires à Paris où il reçut des pensions d’Henri IV et de Marie de Médicis. Mais à la mort de son protecteur, il regagna la Normandie, dont il était originaire, puis la Provence. Il tentera bien de plaire à nouveau à la Cour, en dédiant deux poèmes au roi, Les larmes de Saint-Pierre et Ode de bienvenue à Marie de Médicis, mais sans succès. Malherbe considérait la poésie comme son métier. Epurer et discipliner la langue française a été l’œuvre de sa vie. Être « rustre et incivil », selon les mots de Tallemant des Réaux, Malherbe nourrissait une obsession maniaque pour la pureté de la langue. Du fait de son caractère tyrannique, rares sont ceux qui se risquaient à oser lui soumettre une de leurs œuvres. Et il est dit qu’« une heure qu’avant que de mourir, il se réveilla comme en sursaut d’un grand assoupissement, pour reprendre son hôtesse, qui lui servait de garde, d’un mot qui n’était pas bien français à son gré  ; et comme son confesseur lui en voulut faire réprimande, il lui dit qu’il n’avait pu s’en empêcher, et qu’il avait voulu jusqu’à la mort maintenir la pureté de la langue française. »  

Eric TIMMERMANS.

Sources  : Connaissance du Vieux Paris, J. Hillairet, Editions Princesse, 1951-1953-1954, p. 106 / Guide de Paris mystérieux, Les guides noirs, Editions Tchou Princesse, 1979, p. 278-279.

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