Clips de rap : encore un tournage illégal qui dégénère…

Clips de rap : encore un tournage illégal qui dégénère…

Paris Vox – A Velizy, dans la nuit de lundi à mardi, un tournage sans autorisation (un de plus..) d’un clip de pap a tourné à l’affrontement avec la Police. Quelle est la réalité du tournage de ces clips qui débouchent de plus en plus sur des incidents  ?


Le clip du rappeur Fianso, tourné en partie sur l’autoroute A3 il y a quelques semaines, avait attiré l’attention de l’opinion sur le rappeur. Suite à ce clip, ce dernier est poursuivi pour « entrave à la circulation avec mise en danger de la vie d’autrui » ainsi que de « manifestation illégale »,

Le tournage de cette vidéo aura permis de faire prendre conscience du côté provocateur et illégal de ces « oeuvres ». Les clips sont régulièrement tournés de façon sauvage avec la participation de jeunes des cités voisines en tant que figurants.

Dans la nuit de lundi à mardi, un autre clip à été tourné à Velizy dans le quartier du Mail. Après s’être regroupé sur le toit d’un immeuble à une cinquantaine pour le tournage illégal, le quartier s’est véritablement « soulevé » contre les forces de l’ordre et de nombreux projectiles ont été lancés vers les policiers venus interpeller les rappeurs amateurs. De nombreux incendies de poubelles et des dégradations de mobiliser urbain ont été constatées. Bilan  : 4 personnes interpellées d’une vingtaine d’années, habitant Vélizy-Villacoublay.

Un peu plus d’une semaine plus tôt, c’est à Aulnay-sous-Bois qu’un tournage avait été interrompu suite au caillassage d’une équipe de la Brigade anti-criminalité qui avait répondu par des grenades lacrymogènes. Ce tournage regroupait les rappeurs Lacrim et Booba (qui avait pour l’occasion quitté Miami où il réside habituellement).

Au début du mois de mai c’était dans les Yvelines, a Guyancourt que la réalisation d’une vidéo de rappeurs avait effrayé la population locale, parmi la vingtaine de jeunes réunis pour le tournage. Certains étaient en effet équipés de sabres et d’un pistolet, la police avait essuyé des jets de projectiles lors de son intervention.

Sans vouloir dresser un inventaire de l’ensemble des clips qui ont dégénérés ces derniers mois, on peut toutefois constater une véritable inflation du nombre de ceux-ci.

Plusieurs raisons expliquent cette tendance… De nombreux rappeurs amateurs s’inspirent notamment des ténors de ce milieu qui ayant percé et sont soucieux de garder une « street-credibility » (comprendre par là qu’ils sont toujours des « mecs » issus des cités et n’ayant pas oublié leurs racines). Ils se plaisent à surjouer le côté « voyou » de leurs débuts.

Le développement des smartphones et la baisse du coût de l’équipement audiovisuel permettent également à quiconque de s’improviser cinéaste. Ainsi produire son clip dans une cité entouré de figurants bénévoles est très bon marché et ne nécessite pas de se creuser les méninges pour le scénario. Au contraire le scénario est souvent(toujours ?)  le même  : des rappeurs qui chantent sous les cris de joies des figurants/supporteurs.

Les labels musicaux restent silencieux face à ce phénomène, pourtant de nombreux rappeurs sont produits dans de grandes majors comme Universal Music à travers de plus petits labels « associés » comme Capitol pour le rappeur Fianso ou Def Jam pour Lacrim.

Les habitants de leurs côtés ferment les fenêtres et attendent un retour hypothétique au calme espérant que le mobilier urbain et les voitures survivront aux tournages…

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