Conférence d’Arnaud de Robert : « Quelle société après la fin du travail ? »

Conférence d’Arnaud de Robert : « Quelle société après la fin du travail ? »

Paris Vox – Arnaud de Robert, dont nous relayons les chroniques radiophoniques diffusées sur Radio Libertés, était l’invité de l’Action Française Lycéenne Paris Ile-de-France pour une conférence intitulée : « Quelle société après la fin du travail ? ». Voici un résumé de celle-ci.


Arnaud de Robert est le fondateur du Mouvement d’Action Sociale (MAS) et se définit comme appartenant à un courant  révolutionnaire-conservateur et nationaliste.

Notre conférencier commence par rappeler que le social est le cœur de ses préoccupations : « Social d’abord! » et « Comment se dire nationaliste sans se soucier du social ?».

 

La fin du travail ?

Depuis les révolutions industrielles et plus de 150 ans, on est déterminé par son travail, les chômeurs eux sentent qu’ils ne sont rien dans notre société capitaliste. Le travail fonde nos existences. Quand on n’a pas de  travail, on est même pas considéré comme pleinement adulte…

Ainsi, sans travail, pas de société.

Pourtant plusieurs penseurs tel Rifkin qui écrivait en 1995 dans Vers la fin du travail qu’en 2035 : 50 à 60 % des emplois que nous connaissons auront disparu et n’auront pas été remplacés.

André Gorz, précurseur de l’écologie décroissante, inventeur du terme de la « décroissance » analysait pour sa part la volonté de « passer à un capitalisme qui se passe de production humaine pour des gains de productivité ».

Des travaux puissants sur la robotisation existent depuis 1994/95. L’arrivée d’internet nous permet de découvrir alors une énorme base de données, infinie. Elle donnera lieu à ce qu’on appellera la mondialisation (globalisation en anglais).

Dans le même temps, les ultra-libéraux veulent plus d’argent, plus d’échanges… En moins de 3 ans internet s’impose dans les échanges internationaux.

Le nouveau défi aujourd’hui est celui de la robotisation, bien que l’on prenne conscience tardivement du phénomène:entre les robots ménagers japonais et autres, on assiste a la psychologisation des robots…

Nous sommes arrivés au stade de la 4eme révolution de l’histoire de l’humanité.

  • 1re révolution : l’agriculture, sédentarisation: fin du nomadisme. On arrête donc de se déplacer : on se nourrit avecc ce qu’on trouve sur place, la cueillette et la culture commence à prendre forme. Au lieu d’avoir des générations qui meurent le long d’une route, ici, on a 3 générations sur place : l’histoire peut donc naître.

Les 1ers villages naissent, les 1ères villes ensuite, puis les 1ères routes. On commence à   comprendre qu’une communauté, c’est plus fort qu’un petit groupe.

  • 2e révolution : l’écriture. En Mésopotamie, la pensée peut désormais se transporter. On peut se copier. On compte, on classe les productions… L’écriture est un outil. On peut déplacer la parole et installer des normes : si sur 800 km, des personnes différentes peuvent lire la même chose, on étend cette norme.

Accélérée par la 2e révolution bis : l’imprimerie. À l’origine d’ailleurs de la Réforme : on           peut interpréter la Bible.

  • 3e révolution : 1ère révolution industrielle : en 40 ans, change la totalité de l’espace européen. On était avant dans la reproduction de mode de vie de manière satisfaisante. On reproduisait la hache, dans une société à 85 % agricole. Les terres se couvrent alors d’usines, de trains, de télégraphes, de machines (avec les moteurs, puis moteurs à explosion en 50 ans d’écart). Pendant plus de 30 000 ans, l’homme se déplace à cheval, en 50 ans, on peut se déplacer à plus de 100 km/h. Alors qu’avant on travaillait jusqu’à 30 km aux alentours, on peut dorénavant avoir des usines de 10 000 hectares ! De la même façon les villages qui étaient de 300 personnes laissent place a des villes avec des gens de toute la France, avec des langues différentes… On a donc autour d’une même usine, des gens de tous horizons qui sont réunis dans un objectif commun. On créé une Nouvelle humanité. Autour de ces villes, naissent les banlieues. Encore une stratification.

En 100 ans, celui qui est né en 1880, naquit dans un monde agricole. Il est passé des  balbutiements du bateau à vapeur à la navette spatiale !

 

Entre la 1re et la seconde Guerre mondiale on pense être au stade suprême de développement: on pense même ne plus avoir besoin de Dieu même. Mais on découvre que la modernité peut nous tuer :l’industrie et les sciences enfantes successivement des armes jusqu’à l’arme atomique. La généralisation de la fée électricité permet au progrès de continuer : 1er ordinateurs aux Etats-Unis dans les années 30. Puis dans les années 50, 1er ordinateurs plus complexe (découverte d’Enigma par exemple)

Arrivent Steve Jobs et Bill Gates au début des années 70 et avec eux l’intelligence artificielle (IA) : 2 ordinateurs ont parlés entre eux ds un langage à eux. Et une 3ème machine a compris qu’ils avaient eu une conversation privée !

Comme ces nouveautés sont discrètes et séparées on ne remarque pas que ce sont les prémices d’une nouvelle révolution. Ainsi, Internet s’est inscrit dans notre quotidien, et on l’a considéré comme naturel. Arnaud de Robert insistant :  « Ce qui est de naturel, c’est la nature. Le reste, ce sont des idées qui s’imposent, se combattent… »

Ce sont ces idées qui font qu’il devient quasi-impossible de vivre sans internet ni portable alors que seul 1 texto sur 1 000 000 a une importance vitale !

En fait, on vit dans « l’illusion du flux, une illusion de l’être. On vit dans une illusion qui nous liquéfie. »

Jusqu’à ce que qu’on nous parle enfin de la révolution robotique. Rifkin s’en réjouit : selon lui, on va pouvoir se libérer du travail pour faire de nombreuses choses intelligentes et enrichissantes.

Le changement qui arrive va être très puissant :

La robotisation va détruire le travail (sens : un individu qui met au service de sa production sa capacité manuelle ou intellectuelle et ce contre rémunération.) Pourtant dans les faits, le numérique s’il a détruit plein de jobs, en a recréé d’autres (webmaster…).

On pense donc que ça répond à la logique : destruction puis construction. La robotisation doit être comprise comme une automatisation des tâches : grâce aux travaux des 20, 30 dernières années, on va pouvoir se passer de l’humain pour plein de choses. Inutile de s’en plaindre, la chose est en marche.

Alors nous faisons face à 2 choix :

– on ne  le voit pas, on le nie.

– on s’organise pour garder une capacité pour utiliser la machine sans y être asservi.

Aux Etats Unis on a un test de robot bank. Bank of America l’a fait, des agences sans personnel  ouvertes 24h/24, 7j/7 ainsi plus de maladies, de grèves ou même de pauses seulement de la maintenance. Ce test a terme à vocation à être étendu, en France, 500 000 employés travaillent dans ce domaine. Donc 500 000 personnes au chômage en suspens. Certes, certains emplois seront maintenus, mais la robotisation va s’étendre à tout type de corps de métiers (santé, accueils …),

La masse salariale est ce qui est le plus coûteux pour une entreprise. Des pans entiers de ce qu’on appelle le travail va disparaître. Selon Daniel Cohen : 50 % pour Rifkin on sera près de 70 % à l’horizon 2035 ou 2050.

Rifkin parle de croissance sans travail : plus de profit pour l’entreprise si personne ne travail. D’où l’idée du revenu universel : serait-ce d’ailleurs une imbécillité ? Sur une génération de 650 000 personnes seules 30 % travailleront.

Quelles conséquences pour cette croissance sans travail ?

  • le revenu universel. Entre 800 et 2000 euros / mois. En repensant le monde avec le revenu universel : plus de couverture sociale ou autres tout est compris dedans. Une réponse est donc formulée de manière économique néanmoins l’économie ne fait pas l’homme !

Rappelons que la totalité de notre civilisation est fondée sur l’idée du travail et plus de la moitié de notre génération ne travaillera pas. Par exemple, les enseignants : on pourra faire les cours en direct avec seulement du matériel, les professeurs vont devenir inutiles.

Le système capitaliste a trouvé la parade : ainsi le monde n’est plus régi par des sphères nationales ou régionales, mais par des métropoles, mégalopoles… Ainsi vivre à Tokyo est bien plus intéressant que vivre dans la périphérie du Japon. (se reporter à La France périphérique ou on y apprendra que l’on à 7 fois plus de chance de décéder d’un infarctus à Clermont qu’à Paris).

 

38 % seulement de la population mondiale est touchée par la mondialisation et dans des zones particulières.

Aussi pourquoi continuer l’immigration alors qu’on sait très bien que la main d’oeuvre ne sera bientôt plus utile? Merkel  a trahit son peuple en permettant le travail à 1 euro de l’heure pour les “migrants” alors que le smic allemand est à 8 euros de l’heure. On remplace les allemands par des “travailleurs” à 1 euro de l’heure, puis ensuite on arrive à l’automatisation.

Quelles sont nos options ?

Réaliser qu’une nation ce n’est pas que le centre et que la périphérie, on la laisse de côté : il faut donc réinvestir le champ politique dans les communes et provoquer des révolutions communales qui sont le premier lieu à reprendre. (faire revivre, faire retrouver des sens de vie, défendre des principes, des valeurs.) Pour les plus courageux d’entre nous : faire porter l’alternative dans les grands centres urbains.

Dans les grands espaces, la conquête sera complexe. Le vrai terrorisme s’attaque à ce qui bloque une ville.

La conférence s’est terminée par cette phrase : « Le capitalisme a déjà organisé le monde de demain. À nous de chevaucher le tigre. »

 

L’assemblée a alors échangé avec Arnaud de Robert que vous pouvez retrouver sur notre site, sur les ondes de Radio Libertés et celles de Méridien Zéro.