Des hauts et des bas…

Des hauts et des bas…

Paris Vox a le plaisir de proposer à ses lecteurs une sélection des retranscriptions écrites des chroniques d’Arnaud de Robert, diffusées quotidiennement dans la matinale de Radio Libertés.


Pfff  ! J’aurais voulu vous dire  : «enfin  ! » J’aurais aimé vous le dire, mais hélas le premier débat de ces présidentielles n’a été qu’un long moment, un très long moment sans relief. A mes yeux fatigués, il n’est que la prolongation de la platitude des débats des primaires. Je crois que ce format, en fait un formatage, est mortifère pour la chose politique. Il ne s’y dit que des petites phrases, les sujets sont trop nombreux et les journalistes trop dirigistes. Bref, je sens que certains comme moi peuvent se lasser de ces sempiternels commentaires affligés sur ces débats, j’ai donc décidé – à défaut de fond – d’attraper quelques bons mots ici ou là et de vous donner quelques impressions sur chacun ou presque. D’abord, on a très peu parlé des affaires. Je ne pense pas qu’il y ait eu accord sur ce point puisque Mélenchon a quand même balancé un petit missile sur ce point à un moment, mais cela n’a duré que quelques minutes. Ensuite, et je vous assure n’avoir rien bu hier soir, mais je n’ai à peu près rien compris à ce qu’a dit Macron. C’est bien simple, ce type parle comme un PowerPoint  ! Je n’ai a priori pas été le seul, d’autres candidats ont souligné les passages parfois très creux du sémillant banquier. De longs moments ridicules, vides et inutiles mais qui semblaient pousser à la torpeur adversaires et journalistes.

Là réside le vrai pouvoir de Macron, ce gars endormirait une pierre.

Là réside le vrai pouvoir de Macron, ce gars endormirait une pierre. On imagine ses conversations avec Bayrou … A eux deux ils peuvent monter un séminaire pour insomniaques. Un bon moment de n’importe quoi aussi quand Macron dit vouloir assurer l’indépendance de la France. Et bin qu’il nous rende Alstom déjà et on sera content  ! Bref, Merci à Benoit Hamon d’avoir tout de même posé la question du financement de la campagne de Macron. Il serait d’ailleurs temps de se mettre à enquêter là-dessus. Mais avec des médias « En Marche » et une justice immobile dès que le fils prodigue de Rothschild est dans le collimateur, pas facile. J’ai remercié Benoit Hamon, mais c’était là sa seule parole sensée, parce que sinon, Benoit a bien déjanté. La meilleur je crois que je laisse à votre méditation matinale  : « Le nombre d’étrangers en France est stable depuis 1930 » … Je préfère en rire même si Hamon me rappelle parfois ce professeur d’arts plastiques sans autorité que nous avons tous connu  : Inexistant et un peu frapadingue. Passé les deux, trois sourires des bonnes formules dont certaines nous touchent, Mélenchon termine égal à lui-même, moitié risible, moitié irritant. Là où j’ai un gros souci, c’est avec François Fillon. Je ne sais pas s’ils l’ont mis sous Lexomil trop tard, mais alors, la première heure nobody … Absent, totalement absent le père Fillon. Et ensuite, on l’a vu progressivement reprendre de la vie mais toujours avec l’air de s’excuser. Et cette phrase sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes …

Et les Français de souche François, ce n’est pas un peuple  ? Quand à Marine Le Pen, dans un débat qui avait tout de la comédie récitée, elle pouvait aisément dominer la mêlée mais n’a pas toujours trouvé sa place sauf quand elle a interpellé Macron sur le vide de ses phrases et demandé de quoi l’Union Européenne pouvait bien nous protéger. Mais pas assez incisive sur l’immigration à mon goût, rien sur le groupe de Visegrad, mais une éternelle charge frontale stérile sur l’Europe confondue avec l’Union Européenne. Au final, peu de différences entre candidats, donc pas de vainqueur, même si BFMTV place évidemment le messie Macron en vainqueur de la soirée. Encore un débat pour rien pourrait-on dire. C’est vrai qu’à cinq, le temps de parole est faible au final.

Mais ce qui m’inquiète le plus c’est de penser qu’il faille aux français regarder cette gentille farce télévisuelle pour qu’ils fassent le choix d’élire leur représentant à la magistrature suprême. Enfin, c’est le rêve des médias en roue libre. Parce qu’en fait, la réalité du quotidien social, économique, démographique, sécuritaire et culturel suffit déjà à cohérer le choix de beaucoup. Je termine tout de même par une autre phrase de Benoit Hamon que j’avais oublié de mentionner et qui résume bien je crois la problématique à laquelle la France est confrontée : « Quel peuple voulons-nous être ? » Voilà la seule question brûlante à l’heure où Erdogan, en échappement thérapeutique, appelle ses frères et sœurs turcs vivant en Europe à croître et multiplier pour nous submerger. Mais ça, ça ne fera sûrement pas un sujet de débat ni un thème de campagne. Ça va être long je vous le dis. Bonne journée  !

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