Les défenseurs des Serres d’Auteuil continuent à se mobiliser

Les défenseurs des Serres d’Auteuil continuent à se mobiliser

Paris Vox – Malgré les décisions de justice favorables à la Fédération de Tennis et donc à l’agrandissement du complexe sportif de Roland Garros, les défenseurs du patrimoine des Serres historiques d’Auteuil ne baissent pas les bras et continuent à se battre pour tenter d’éviter leur complète destruction.


Après une première pétition en ligne qui a recueilli près de 90 000 signatures, les défenseurs des Serres d’Auteuil ont décidé d’interpeller les différents candidats à l’élection présidentielle afin d’attirer leur attention sur ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave au patrimoine parisien et français.

 

«  Messieurs les candidats, 

Vous dont les programmes témoignent du désir d’améliorer la vie des citoyens, il est temps de vous pencher sur le dossier de l’un des plus des plus beaux lieux parisiens, le merveilleux Jardin botanique des Serres d’Auteuil, dont les grandes serres sont uniques en Europe.

Vous ne pouvez pas tenir, comme tant d’autres, un double discours écologique : Paris étant la ville dont le ratio espace vert par habitant est le plus bas des capitales européennes (même en incluant les bois de Vincennes et de Boulogne), il faut maintenir ce « poumon vert » intact et empêcher son amputation et bétonisation par la fédération française de tennis au nom du sport business.

Sachez que ce dossier présente bien des analogies avec celui de Notre-Dame-des-Landes : il s’agit d’un projet inutile, inadapté, ayant provoqué la mobilisation d’un grand nombre d’associations locales, nationales, et internationales, dont l’Icomos, la plus importante organisation mondiale de conservation des monuments et des sites, conseil de l’Unesco. Et dans les deux cas, depuis des années, les tribunaux demeurent sourds aux arguments des citoyens.

Sachez que la pétition Sauvons les Serres d’Auteuil a recueilli quelque 82800 signatures de toute la France et de l’étranger. Depuis plus de six ans, ces pétitionnaires sont révoltés à l’idée que l’Etat se désintéresse de ce site exceptionnel triplement protégé, inscrit monument historique, classé monument naturel au titre des sites, et labellisé Jardin botanique de la Ville de Paris.

Sachez que les défenseurs des Serres d’Auteuil s’indignent de voir la mairie de Paris offrir ce trésor botanique de valeur mondiale à la fédération de tennis pour y construire un stade de 5 000 places qui servira deux semaines par an. Sachez aussi que les dernières dispositions du PLU de Paris indiquent que la totalité du jardin botanique est désormais incluse dans la zone dite Roland-Garros. Comment peut-on privatiser ainsi un bien public ?

Sachez encore qu’il existe des solutions alternatives mieux adaptées et porteuses d’une plus grande extension. Par exemple, une extension sur l’Autoroute A13 proposée depuis 2013 par les associations, solution préconisée par la fédération de tennis elle-même lors de la candidature de Paris aux JO 2012.

N’écoutez pas les mensonges des responsables affirmant que les projets alternatifs fragiliseraient la candidature de Paris aux JO 2024. Bien au contraire, cette candidature anti écologique sera mal perçue, sachant que la fédération de tennis, après avoir abattu une centaine de végétaux et détruit des serres chaudes abritant une collection de quelque 10 000 plantes tropicales, ne manquera pas de s’étendre sur l’ensemble du site.

Etant donné l’avancement des travaux, vous pouvez encore sauver l’un des plus beaux jardins parisiens, chef d’œuvre architectural et paysager, lieu historique imaginé à la fin du XIXème siècle par le grand architecte Formigé, égal de Baltard et Eiffel. Rappelez-vous le « trou des Halles », massacre architectural historique des années 1970, et veillez à préserver ce trésor patrimonial pour les générations futures. » 

 

Comité de soutien des Serres d’Auteuil

Présidente d’honneur Françoise Hardy

Porte-parole fondatrice Lise Bloch-Morhange

Le 27 février 2017″

 

L’appel au référendum sur l’organisation des JO 2024 : ICI