Aulnay : Affaire « Théo », le point sur les faits

Aulnay : Affaire « Théo », le point sur les faits

Paris Vox – Contôle d’identité, interpellation musclée, violence délibérée  ? Samedi, vers 17heures,  cité des 3000 (ou La Rose des Vents) à Aulnay-sous-Bois, un contrôle d’identité ne se passe pas comme prévu. Les 4 policiers en route pour interpeller une des personnes contrôlées se font barrer le passage par « Théo » qui lui aussi a été contrôlé.


C’est à partir de ce moment que les versions divergent.  Pour la police, le jeune homme se rebelle et ne veut pas se laisser « embarquer » tandis que, pour « Théo », les policiers l’ont lynché et l’ont matraqué gratuitement.

Les blessures sont claires et ne sont pas à minorer, les circonstances restent à déterminer, alors que l’homme blessé parle de violences volontaires et d’agression sexuelle auxquelles il ajoute une dimension raciale (il accuse les policiers de l’avoir traité de « bamboula »). Les policiers plaident pour leur part pour un accident mais ne nient pas le coup de matraque porté en direction de l’anus.

Le jeune homme affirme en outre avoir été également molesté par les forces de l’ordre sur le chemin du commissariat, ce qui est nié par les policiers.

Le médecin ayant traité « Théo » indique un « une plaie longitudinale du canal anal » sur près de 10 cm et une « section du muscle sphinctérien » et a donné 60 jours d’ITT au jeune homme.

Le parquet de Bobigny a annoncé la mise en examen des quatre policiers, un pour viol, et les trois autres pour violences volontaires alors que tout laissait penser que la justice allait qualifier les faits de viol en réunion.

Manifestation à Aulnay, Ménilmontant, Nantes, Rennes…

Des manifestations de soutien à « Théo » ont été organisées assez rapidement. Un premier rassemblement a eu lieu à Aulnay-sous-Bois, d’autres rassemblements un peu partout en France afin de soutenir le jeune face aux violences policières. Toutes ne terminent pas dans le calme et plusieurs nuits de violences et d’émeutes gagnent les cités  : véhicules brûlés, cocktail molotov jetés, policiers provoqués …

Suite à ces nuits d’émeutes et l’interpellation de 17 personnes, trois ont été condamnées à six mois de prison avec sursis. Deux ont été condamné ce mercredi 8 février, à six mois de prison ferme. La justice sait parfois aller vite  !

Visite de François Hollande et invitation de l’Inter Milan

Le président de la république a de son côté décidé de se rendre au chevet du jeune homme blessé. «Théo a réagi avec dignité et responsabilité» selon François Hollande. Parle-t-il la du moment de l’interpellation ou de sa réaction depuis qu’il est hospitalisé  ?

Cette visite présidentielle est assez inédite et d’aucuns ne manquent pas de souligner que rares ont été les visites présidentielles auprès de victimes de la violence des « bandes » ou de membres des forces de l’ordre blessés, parfois grièvement, dans l’exercice de leurs fonctions.

Lors de cette visite, le jeune homme arborait un maillot de football de l’Inter Milan. L’Inter Milan, saisissant la balle au bond et alors qu’aucune enquête n’a encore abouti,  a convié le jeune homme à assister à un match et une séance d’entraînement de l’équipe milanaise.

Des soutiens de stars du Showbizz et des officines d’extrême gauche…

Le jeune « Théo » a reçu le soutien de plusieurs « vedettes », certaines se déplaçant à son chevet tel le rappeur Youssoufa, d’autres (Vincent Cassel, Flora Coquerel, Booba, Stéphane Guillon, Kaaris, Valérie Damidot …) utilisant les réseaux sociaux afin de réclamer « justice pour Théo »…  alors que, rappelons-le à ce jour, aucune décision de justice n’a été prise dans un sens ou dans l’autre. De nombreux footballeurs ont également affirmé leur soutien au jeune homme.

D’autres associations ou partis politiques ont également clairement soutenu Théo  : Ligue des droits de l’homme, PCF, Front de Gauche, Parti ouvrier indépendant …

Pour l’heure seule Marine Le Pen a au contraire pris position en faveur des policiers…

L’IGPN conforterait les policiers

Les derniers éléments semblent indiquer que l’inspection générale des services confirme la gravité des faits mais précise qu’ils ne sont pas pour autant constitutif de viol car il n’y aurait pas eu intention. Le tribunal tranchera…

L’emballement médiatique autour de cette affaire relègue les faits au second rang, chacun prenant position avant même que la lumière soit faite sur les circonstances de cet incident certes graves mais qu’il convient de replacer dans un contexte général de violence et d’agressions répétées contre les forces de l’ordre. Dans une société de plus en plus ensauvagée et sous tension, les dérapages tragiques risquent de se multiplier. Ils doivent bien évidemment être sanctionnés à la hauteur de leur gravité, une fois les faits établis, sans pour autant tourner au lynchage médiatique et à l’instrumentalisation politique. Une sagesse et une prise de distance que nombre de nos collègues, pourtant grands donneurs de leçons de « déontologie », semblent avoir largement oubliées…

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