Docteur Rotschild et Mister Macron

Docteur Rotschild et Mister Macron

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui, notre chroniqueur se penche sur le cas du nouveau chouchou des médias, Emmanuel Macron…


Emmanuel Macron a donc effectué un séjour réussi dans le Nord de la France le week-end dernier. Si l’on excepte un toujours possible scénario à la Mélenchon – salles combles mais résultats dans les urnes très limités – force est de constater que le meeting lillois est un succès. Zénith plein à craquer, on refuse même du monde. C’est tout un pan du socialisme du Nord qui se jette dans les bras du jeune et sémillant progressiste. Désarrois ou pas, Macron et son mouvement en marche, ça marche  ! Enfin, jusqu’au moment de la saillie du soir digne de l’énarque qu’il est, lorsqu’il parle de l’alcoolisme et du tabagisme qui se sont installés sur fond de fermeture des bassins miniers et de chômage endémique. Le propos passe mal sur une terre martyrisée économiquement. On aura beau m’expliquer qu’il ne s’agissait là que d’une maladresse de langage et qu’au fond, Macron souhaite ardemment s’occuper de ces gens et leur offrir un avenir meilleur, je dis que ce genre de propos n’est pas une nouveauté chez lui, il n’est que de se rappeler l’illettrisme des ouvriers ou le fait que les pauvres ne pouvant se payer le train prendront le bus. Et c’est en fait ce genre de propos qui nous rappelle qui est vraiment Emmanuel Macron.

Puis c’est le banquier à la fulgurante carrière chez Rothschild, banque à raison surnommée dans hautes sphères, la banque au Pouvoir.

Car Macron c’est d’abord l’énarque satiné qui passe plusieurs années à l’inspection des finances y gagnant au passage les bonnes grâces de Jacques Attali. Puis c’est le banquier à la fulgurante carrière chez Rothschild, banque à raison surnommée dans hautes sphères, la banque au Pouvoir. Emmanuel Macron va y exceller et y gagner d’ailleurs le surnom de « Mozart de la finance ». Catapulté en deux ans associé-gérant, il est le conseillé incontournable de grandes entreprises dans leurs opérations de fusion-acquisition, les fameuse « fusacq », la crème de la crème des activités bancaires. Son but est de faire gagner toujours plus aux entreprises, au besoin en licenciant (on appelle cela dans la banque, nettoyer les doublons). Macron y bataille ferme jusqu’à son gros coup, le rachat pour Nestlé et contre Danone des laits infantiles Pfizer. Montant de la transaction, 9 milliards d’euros. Je vous laisse imaginer la commission, Macron à fortune faite. Et c’est ce Macron là qui se tourne vers la politique pour embrasser directement la carrière de ministre de l’économie et des finances.

Alors, quand il se penche avec cette candeur condescendante sur les maux des sans-dents, on a comme une impression de malaise.

Alors, quand il se penche avec cette candeur condescendante sur les maux des sans-dents, on a comme une impression de malaise. On a l’impression de voir un Kouchner avec ses sacs de riz version corons et binouzes. Car chez ces gens-là, on a l’art de transformer la misère en show-biz et le bon mot en mépris de classe. Macron a beau nous présenter son visage de gendre idéal, au discours lisse et polissé comme son menton rasé de frais, son angélisme de façade n’efface pas sa trajectoire de servant zélé de la machine capitalo-libérale, celle-là même qui produit de la misère, du chômage, deale de l’alcool et taxe le tabac. Issu d’un monde qui tue économiquement chaque jour, issu d’un parti qui a ruiné le pays, issu d’un système qui a organisé la délocalisation industrielle, Macron nous fait le coup du « j’ai rien vu, rien entendu et rien compris ». A d’autres  ! Mais le plus inquiétant est peut-être que le phénomène Macron, déjà survendu médiatiquement est un produit qui a l’air de prendre. Et ce jeu entre Docteur Rothschild et Mister Macron lui est utile. A condition toutefois de ne pas perdre le nord dans tous les sens du terme, comme lors de son meeting. Le fait-il exprès  ? Est-il sciemment si méprisant  ? Je n’en suis même pas sûr, mais ce qui est certain c’est que cela plait à la gauche bobo, comme en témoigne l’article de Monde du lendemain qui titre « Alcoolisme et tabagisme  : Macron dit plutôt vrai ». On mesure tout de même à quel point la gauche du Capital s’est éloignée de ce peuple si beauf, lui préférant de loin et depuis bien longtemps l’exotisme et le romantisme de la cause immigrée. Gageons que ces excès symptomatiques d’une oligarchie trop sûre d’elle-même sauront déciller les électeurs. J’ai comme un doute. L’horrible doute que nous avons, pardon, que le Système a trouvé là le ressort lui permettant de repartir pour des années. A suivre. Bonne journée  !

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Une fin du monde sans importance