La rose et le banquier …

La rose et le banquier …

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui, notre chroniqueur revient sur l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron et le lancement de la campagne de Marine Le Pen.


 

 

Hier, 16 Brumaire de l’An XVI, nous avons eu droit à l’annonce de candidature à présidence de la République du mini Bonaparte de synthèse, Emmanuel Macron. Il était temps  ! Encore un peu et ce suspens haletant, palpitant aurait pu me tuer. Notre jeune et sémillant banquier se lance donc dans la bataille, on s’en serait douté tout de même. Lieu symbolique – un centre de formation pour apprentis du secteur automobile en Seine Saint-Denis – fond bleu, drapeaux tricolores et européens, formaient le cadre parfait, ultra classique mais déjà présidentiel pour un discours très solennel, principalement axé sur l’économie. Il n’y a pas à dire, l’équipe de communication a bien bossé. Et voilà notre jeune premier qui se lance dans un discours aux accents par moments gaulliens, invoquant l’espérance et nous faisant le coup de l’homme libre, libre des partis, de la gauche comme de la droite, libre des primaires. Il se bâtit une stature de rassembleur progressiste, d’humaniste patriote, tentant à l’évidence après Jeanne d’Arc et le Puy du Fou de se placer sous le haut patronage de l’Empereur.

Et voilà notre jeune premier qui se lance dans un discours aux accents par moments gaulliens, invoquant l’espérance et nous faisant le coup de l’homme libre, libre des partis, de la gauche comme de la droite, libre des primaires.

On serait tenté d’en rire, ou tout au moins d’en sourire si cela n’était pas diablement efficace au point se séduire de plus en plus de gens. Ne nous y trompons pas chers auditeurs, tout cela est finement calculé, paramétré par ses équipes à haute valeur ajoutée composés de jeunes têtes bien faites aux poches bien pleines. La machine Macron sait innover en faisant du réchauffé par un positionnement hors système pour celui qui demeure un pur produit oligarchique. Il fallait oser. J’avais déjà exprimé à ce micro ma crainte de voir incuber chez Macron et son mouvement une nouvelle espèce politique, dénuée de programme mais avec une stratégie de conquête digne des grandes multinationales. Le fait que cette nouvelle espèce s’attaque directement à la présidentielle est le symbole de la puissance créatrice,  fédératrice et prédatrice qu’elle pense incarner et dégager. Tant d’assurance ne se résume pas à de la vanité. Macron est très dangereux. Et je crois que tous les autres prétendants ont perçu ce danger malgré leurs dénégations et moqueries. Affaire à suivre donc avec le plus grand soin.

Changement de décor si j’ose dire avec la rubrique florale de ma chronique. Hier, marine Le Pen a en effet présenté son QG de campagne rue du faubourg saint-Honoré ainsi que ses équipes. Mais elle a surtout dévoilé son logo de campagne, une rose bleue dépourvue d’épines, délicatement allongée au milieux des mots « Marine Présidente ».

Après la France apaisée, voilà la rose bleue version parfum WC.

Plus de flamme stylisée ou pas, pas de nom FN, l’affiche de campagne est totalement délepénisée si vous me passez l’expression. Sur le logo, comment vous dire, si vous aimez les feux de l’amour, les pompes funèbres Roc-Eclair ou le dentifrice ultra-bright, alors ça va vous plaire. Sinon, pour ceux comme moi que l’ambiance Interflora laisse un peu froid, ce logo est simplement la énième bourde d’une campagne décidément ratée. Après la France apaisée, voilà la rose bleue version parfum WC. On se demande si madame Le Pen, dont on dit qu’elle a choisi ce logo toute seule comme une grande, et bien on se demande si elle a jeté ne serait-ce qu’un œil sur la campagne américaine de Trump. On se demande également si elle sait que ce pays est au bord de l’explosion sociale, ethnique et économique. Une rose bleue  ! On se croirait avec les crayons de Charlie  ! En ces temps où les français cherchent celui ou celle en capacité de les mobiliser, de leur donner du sens par un discours clivant, agressif et positif  ; à l’heure où les idées patriotes ont un boulevard devant elles, on nous livre des fleurs bleues. Là, franchement, je commence à avoir un gros doute sur ce parti et je ne dois pas être le seul.

Cette journée du 16 novembre aura donc vu germer une fleur dépourvue d’épines et fait éclore un nouveau bourgeon politique, le populisme libéral. Sachant qu’il reste encore des mois avant le premier tour en mai prochain, on peut dire que nous ne sommes pas au bout de nos surprises … Bonne journée  !

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Une fin du monde sans importance