Barroso, l’employé afféré…

Barroso, l’employé afféré…

Paris Vox – Dorénavant, Paris Vox publiera régulièrement la retranscription écrite de la chronique de commentaire d’actualité d’Arnaud de Robert diffusée dans la Matinale de Radio Libertés. Aujourd’hui, notre chroniqueur se penche sur la personnalité de Manuel Barroso et de ses employeurs.


 

Pour une fois la presse a fait son travail. Et la palme revient cette fois-ci au journal portugais Publico. Dans son édition du 24 septembre dernier le quotidien révèle en effet que José Manuel Barroso, ancien premier ministre portugais et surtout président de la commission européenne de 2004 à 2014 avant de rentrer il y a quelques mois chez Goldman-Sachs, a entretenu avant son embauche par la banque des relations étroites avec ses dirigeants, alors même qu’il était encore en fonction à l’Union européenne. Extraits de lettres et mails à l’appui, le journal rapporte que les dirigeants de Goldman-Sachs faisaient parvenir à Barroso de manière confidentielle des propositions sur des changements à apporter aux politiques de l’Union européenne.

les dirigeants de Goldman-Sachs faisaient parvenir à Barroso de manière confidentielle des propositions sur des changements à apporter aux politiques de l’Union européenne

Rien que ça. Pour rappel Goldman-Sachs ce n’est pas n’importe qui. Souvent surnommée « The Firm », cette banque, l’une des plus puissantes au monde est notamment accusée d’avoir en grande partie provoqué la crise des subprimes dont nous payons les conséquences encore aujourd’hui. Elle fournit aussi aux gouvernements du monde entier des bataillons de ministres et rien que dans l’UE, les exécutifs des pays membres comprennent au moins 16 anciens de G.S. Voir donc le président d’une des plus grandes banques du monde (il s’appelle Lloyd Blankfein) adresser des mémos au président de la commission européenne et apprécier son travail au point de l’embaucher à la fin de son mandat au poste de vice-président non exécutif en dit très, très long sur l’inféodation de l’oligarchie européenne au grand capital. Le plus drôle là-dedans, c’est que le nouveau vice-président de la « Firm » touche en même temps sa douillette retraite de l’U.E. Soit 7000 euros par mois. Quand on connaît les salaires de ces sociétés (Macron faisait plus d’un million par an chez Rothschild) on imagine que cette retraite doit constituer son argent de poche. Passé le moment de pur écœurement bien légitime, on se dit que le Manuel Barroso est emblématique de cette gauche du Capital finalement moins complexée que la droite. Pensez donc  : A vingt ans Barroso était dirigeant maoïste. A trente, il ministre social-démocrate. A quarante-six,  ans il est un premier ministre du Portugal, pro-américain, proche des britanniques et se déclare comme étant de centre-droit. Trois ans après, il est élu président de la commission européenne de Bruxelles. Il fréquente régulièrement les conférences du Bildelberg et ne cache pas ses penchants libéraux et dérégulateurs.

Il fréquente régulièrement les conférences du Bildelberg et ne cache pas ses penchants libéraux et dérégulateurs.

C’est donc finalement assez naturel qu’il finisse dans les bras d’un des grands prédateurs financiers de la planète. Barroso est pratiquement un cas d’école pour expliquer comment l’oligarchie retourne, recrute, forme et adoube ses servants. Barroso est également un cas d’école qui démontre la continuité libertaro-libérale de l’extrême-gauche à la droite des affaires. Barroso est aussi la représentation parfaite de l’annexe du capitalisme financier qu’est devenue l’Union Européenne. Barroso enfin est le symbole de cette époque  : profit, cynisme, trahison, opportunisme. Et dire qu’Emmanuel Macron plait aux français, c’est pas gagné. Bonne journée  !

 

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