Le pôle universitaire du plateau de Saclay confronté à l’esprit gaulois

Le pôle universitaire du plateau de Saclay confronté à l’esprit gaulois

Paris Vox – Voilà une grande lubie de la classe politique française depuis déjà de nombreuses années. Créer un grand pôle universitaire regroupant grandes écoles d’ingénieurs et de commerce, universités réputées et centre de recherches de niveau mondial.


 

Le plateau de Saclay, à quelques encablures de Paris, avait été choisi et de nombreux fleurons de l’enseignement supérieur français y avaient déménagé pour, à terme fonder, ce pôle universitaire  : Polytechnique, l’Ecole Normale Supérieure, l’université Paris Sud, HEC ou encore le Centre Nationale de Recherche Scientifique. L’objectif affiché  : créer un pôle d’enseignement et de recherche, à même de rivaliser avec les plus grandes universités mondiales et grapiller des places au tout puissant classement de Shanghai  !

Il y a 9 mois, l’ensemble des institutions concernées signait un accord, promettant ainsi de créer une université intégrée, une fusion des établissements en quelque sorte, et non pas un simple regroupement d’écoles et d’universités.

Depuis, le vent a bien tourné. Polytechnique a décidé de modérer son enthousiasme dans l’aboutissement du projet. L’université Paris Sud menace quant à elle de se mettre en retrait. Le sénateur PS de l’Essonne, Michel Berson, annonce « Nous avons atteint une situation de blocage où chaque établissement défend son identité. Il n’y a plus aucun projet collectif. ».  Le ministre de l’Education Nationale Thierry Mandon a dû lancer une nouvelle phase de négociation pour tenter de sauver le « soldat Saclay ».

Seulement, les politiciens ne sont pas – une nouvelle fois – complètement innocents dans ce revirement récent. Les ministres de l’Education et ceux de la défense, qui chapeautent à eux deux les établissements concernés, ont appelé récemment à faire émerger un pôle d’excellence ne regroupant que les écolse d’ingénieurs. Incohérent avec l’idée d’une collaboration entre toutes ces institutions. Dans le même temps, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et donc ministre de tutelle de Polytechnique, promettait 60 millions d’euros à cette dernière pour que celle ci puisse développer une stratégie de marque propre. Beaucoup d’incohérences dans tout cela.

Depuis de nombreux autres clivages sont apparus, notamment sur la répartition des tâches entre chaque établissement.

Le blocage de ce projet symbolique est symptomatique d’un système qui cherche à plaquer sur la France des grands modèles inspirés de l’étranger en faisant fi des particularités régionales et nationales, des histoires et des identités présentes et aussi malheureusement, des égos des uns des autres…

 

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