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Vaccination : écouter l’autre et respecter son choix

Vaccination : écouter l’autre et respecter son choix

Paris Vox – (Tribunes) Le débat sur la vaccination fait rage actuellement. Paris Vox bien que contre le Pass Sanitaire ne s’est jamais positionné sur cette question scientifique. Pierre Pillerault, un de nos contributeurs régulier s’affirme pour la vaccination. Fidèle à nos convictions de débats et de libre expression nous publions cette tribune.

Je suis vacciné contre la Covid 19 et j’invite tout le monde à se faire vacciner. J’ai du mal à comprendre les raisons qui peut pousser quelqu’un à ne pas le faire. Je passerai très vite sur les gens qui remettent en cause les vaccins en général, il ne faut vraiment avoir aucune idée des ravages que la variole ou le tétanos causaient dans la population pour nier leur intérêt.

Rappelons que la variole a été éradiquée grâce aux vaccins. « Il y a des vaccinés qui tombent malades donc ça ne sert à rien » ; bien sûr que ça sert, il n’a jamais été question d’une protection totale, mais entre 90 et 95 % selon les produits, le vaccin contre la grippe, par exemple, a une protection bien moindre.

Si l’on ne devait appliquer que des thérapies soignant à 100%, il n’y aurait plus beaucoup de médicaments disponibles et plus aucune intervention chirurgicale ne serait pratiquée. De plus, le vaccin sert surtout à limiter les formes graves et c’est déjà pas mal… « Ce n’est pas un vaccin, c’est de la thérapie génique » ; et alors ? Vous croyez que cette thérapie tombe du ciel à l’occasion de cette pandémie ? On travaille sur ce sujet depuis des décennies et c’est très prometteur. « Le vaccin change notre ADN ». Et à votre avis, un virus ça fait quoi ? « On ne connaît par leurs effets à long terme ».

Ça fait trente-cinq ans que je me bats contre le principe de précaution qui sclérose la recherche scientifique et inhibe l’élan vers l’innovation d’une population (le professeur Raoult l’explique très bien dans son livre « arrêtons d’avoir peur ! » écrit bien avant la pandémie).

Pour une fois que l’on ose tenter quelque chose contre ce sacro-saint principe, je ne vais pas m’en plaindre. Et entre nous, êtes-vous sûrs de connaître les effets à long terme sur votre organisme des boissons sucrées, des plats préparés ou des psychotropes ? Pensez-vous vraiment que les effets à long terme de l’alcool ou du tabac (que l’on connaît très bien pour le coup) soient moins délétères ? « Il y a eu des cas de thromboses ». Oui, statistiquement autant que dans la totalité de la population. « Le virus mute ». Et alors ? Les chiffres des hospitalisations en Grande-Bretagne, pays fortement vacciné, dues au variant delta sont proportionnellement nettement moins élevées par rapport au nombre de contaminations que celles des autres variants ayant touché le pays précédemment (je vous accorde que l’on n’est pas encore tout à fait sûr que ce ne soit pas dû à la moindre gravité de ce variant).

Ceci étant dit, cela ne m’empêche pas d’être vigoureusement opposé au pass sanitaire et mon comportement avec quelqu’un de non vacciné sera exactement le même que celui que j’avais avec lui avant cette campagne de vaccination. Déjà parce que je persiste à penser que l’ampleur de cette maladie (dont le taux de létalité, rappelons-le, n’est que de 5 pour mille, le SARS COV 2 tue nettement moins que le cancer ou les maladies cardiovasculaires) est très loin de justifier la paralysie de la planète et que les mesures de gestes barrières, de distanciation sociale ou de confinement ont été bien plus mortifères que la maladie elle-même. « La vaccination est le seul moyen de retrouver une vie normale ». C’est faux, il ne dispense pas des gestes barrières et des différentes mesures prises. Il est de fait logique de remettre en cause l’intérêt de se faire vacciner pour qu’il n’y ait pas de changement à son mode de vie. « Le non-vacciné met en péril les autres ». Peut-être, des non-vaccinés, donc l’argument n’est pas recevable. « Se faire vacciner est sans aucun danger ». Quasiment, mais ça reste un geste médical avec les potentiels effets secondaires inhérents à tout acte thérapeutique.

« C’est une mesure de santé publique, il faut obliger les gens à se faire vacciner surtout s’ils sont à risque ». La bonne blague, si vous voulez supprimer toutes les menaces à la santé publique, il va vous falloir bien du courage … Doit-on obliger les gens à surpoids à une cure diététique, les buveurs et fumeurs à un sevrage ? Très honnêtement, je pense prendre moins de risque à faire la bise à une personne atteinte par ce virus qu’à manger à côté de quelqu’un qui va fumer durant tout le repas. « Notre époque favorise les théories les plus complotistes, personne ne remettait en cause ce que faisait Pasteur ». C’est complètement faux, il y a eu de nombreuses remises en cause de ce que faisait Louis Pasteur à l’époque et en premier lieu au sein du corps médical qui lui reprochait de n’être pas médecin.

Le manque de confiance envers un gouvernement qui n’a pas cessé de changer sa communication sur le sujet est très compréhensible (un président qui conseille d’aller au théâtre et qui annonce un confinement la semaine suivante, un ministre de la santé qui explique que le masque ne sert à rien avant de les rendre obligatoire quelques semaines plus tard, une porte-parole du gouvernement qui nous déclare sans sourciller qu’elle assume très bien de mentir pour protéger son mentor…), envers la majorité qui s’exonère de pass sanitaire au au parlement, envers des laboratoires pharmaceutiques responsables de la crise des opiacés aux États-Unis, des médias qui n’invitent que des experts allant dans leur sens en ostracisant les autres et qui qualifient unilatéralement des thèses de complotistes pour les reprendre quelques mois plus tard. Un médecin a pour objectif le bien-être de son patient, qu’il incite son patient à se faire vacciner, c’est son rôle, qu’il veuille lui imposer, c’est l’acceptation d’une discrimination, la remise en cause du serment d’Hippocrate en ne respectant pas le libre-arbitre de celui-ci et une vision comptable de la médecine. Un médecin qui ne réfléchit qu’en terme de statistique sanitaire et pas de bien-être ne mérite pas l’appellation de médecin. Alors, par pitié, prenez conscience de ce qu’il se passe et ne vous trompez pas d’ennemi. Non, tous les gens qui se font vacciner ne sont pas des moutons, non, tous les gens qui sont contre le pass sanitaire ne sont pas des antivax.

La caste gouvernementale cherche à nous monter les uns contre les autres. Acceptez que l’on ne soit pas du même avis que vous et ne diabolisiez pas ceux qui ne le sont pas. Le professeur Joyeux a été présenté comme un antivaccin alors qu’il ne remettait en cause que l’hexavalence chez les enfants, le pr. Peronne a perdu sa chefferie de service pour avoir remis en cause la doxa gouvernementale, le pr. Raoult voit sans cesse son intégrité remise en cause pour mettre en avant des alternatives au tout vaccinal (doit-on rappeler l’absence de vaccins contre l’herpès ou le HIV ?) alors que c’est une référence mondiale depuis des années, même le pr. Montanier s’est fait qualifier de sénile pour avoir évoqué la possibilité de l’origine humaine de ce virus (hypothèse redevenue recevable depuis…), Alexandra Henrion-Caude est censurée par les réseaux sociaux. On peut remettre en cause ce qu’ils disent mais les seuls arguments que j’entends sont : c’est un complotiste, il est antivax, c’est un homophobe, elle est catholique intégriste, c’est un facho ; soyez un peu plus construits dans votre argumentation si vous voulez que l’on vous prenne au sérieux. Un autre révélateur de la méthode de nos chers gouvernants est constitué par cette offuscation systématique dès que l’on parle de dérive autoritaire de la gouvernance française. Il est d’une grande malhonnêteté intellectuelle de fustiger toute personne évoquant la dictature sous prétexte que nous serions dans un pays bien plus libre que les éternels exemples que l’on nous ressort et dont je vous fais grâce comme s’il n’y avait pas d’intermédiaires entre l’agora athénienne et l’univers concentrationnaire primaire. Imposer des discriminations (en n’osant pas imposer l’obligation vaccinale aux policiers ou aux routiers par exemple …), concentrer les organes de presse, embastiller des opposants, réduire l’expression de l’opposition à la portion congrue, que vous le vouliez ou non, c’est une dérive autoritaire.

Ne vous laissez pas aveugler, respectez ce que pense l’autre et comme le dit si bien Michel Maffesoli : « la peur du virus ne vous empêchera pas de mourir mais elle peut vous empêcher de vivre ».

Pierre Pillerault